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DVDEF

Sweet Sixteen

Critique
Synopsis/présentation
Sweet Sixteen est le dernier long-métrage de Ken Loach, grand spécialiste britannique du cinéma social. Il s'agit là encore d'un drame réaliste, se déroulant dans un environnement social laissant bien peu d'espoir à ses protagonistes, bien loin de l'optimisme forcené de certains films hollywoodiens.

L'action prend place dans une petite ville d'Écosse, dans la proche banlieue de Glasgow, un milieu où les jeunes ont bien de la difficulté à imaginer un avenir radieux. Liam (Martin Compston), attend avec impatience la libération de sa mère, Jean (Michelle Coulter), qui doit avoir lieu peu de temps avant son seizième anniversaire. Jean est en prison à cause d'un crime commis par son compagnon, Stan (Gary McCormack), un vendeur de drogue plutôt violent, associé au grand-père de Liam. Pour le retour de sa mère dans la société, et pour ses seize ans, Liam rêve que tout soit parfait. Il veut tirer sa mère des griffes de Stan et de son grand-père, et pour cela il doit trouver un endroit où ils pourront vivre heureux avec sa soeur et le fils de celle-ci. Il trouve un endroit rêvé, une caravane au bord de l'eau. Mais pour l'avoir il a besoin d'argent, et ce n'est pas avec le trafic de cigarettes, qu'il pratique depuis l'âge de sept ans, qu'il va réunir la somme nécessaire. Profitant d'une occasion d'arnaquer Stan et son grand-père, Liam se lance avec son ami Pinball dans un commerce nettement plus lucratif, qui va les entraîner dans une spirale infernale.

Le scénario présente un paradoxe évident. En voulant tirer sa mère de l'influence criminelle de son compagnon, il ne fait que se mettre dans une situation semblable. Alors qu'il devrait s'arrêter, et essayer comme sa soeur de survivre dans la légalité, il s'avère incapable de laisser tomber son rêve et commence à ressembler à celui qu'il déteste tant. Ce scénario quelque peu déprimant est servi par une interprétation impeccable, les acteurs, pour la plupart inconnus, étant tous extrêmement crédibles. Martin Compston, dont c'est là le permier rôle au cinéma, est particulièrement impressionnant dans le rôle de Liam.

Si l'histoire qui nous est racontée là est assez sombre et pessimiste, l'espoir n'en est pas totalement absent. La bonne volonté de certains personnages (et même du héros, qui malgré ses choix absurdes est animé des bonnes intentions dont l'enfer est pavé) fait que ce film tristement réaliste n'est heureusement pas complètement déprimant. La très belle photographie nous laisse aussi découvrir de temps à autres quelques très beaux paysages baignés d'e la lumière bien particulière qui règne en Écosse.

Le film a été très bien reçu par les critiques et a gagné quelques prix, dont celui du meilleur film indépendant britannique aux British Independent Film Awards. La prestation de Martin Compston lui a valu de nombreux prix et nominations en tant que meilleur espoir.


Image
L'image est proposée au format presque respecté de 1.77:1 (alors que le film est en 1.85:1) d'après un transfert 16:9.

L'interpositif utilisé pour le transfert était manifestement impeccable, ce qui nous donne une image très propre, dépourvue de parasites. La définition est très bonne, offrant des détails assez fins et des textures subtiles. Les couleurs généralement ternes (mais réalistes et subtiles) du matériel source sont scrupuleusement respectées, et ne souffrent d'aucun débordement. Le contraste et la brillance (niveau des noirs) sont eux aussi parfaitement ajustés et constants. Les noirs sont profonds, et les parties sombres de l'images offrent des dégradés fluides et des détails subtils.

La partie strictement numérique du transfert est elle aussi d'un très bon niveau. Quelques traces de compression sont visibles ça et là, mais ils sont dans l'ensemble bien rares et ne gênent absolument pas le visionnement. Une sur-accentuation des contours est présente, mais quasiment invisible. Ce transfert rend justice à un travail de photographie certes classique mais impeccable et qui correspond tout à fait et participe même à l'ambiance tristement réaliste du film, tout en mettant en valeur quelques superbes décors naturels d'Écosse.


Son
L'unique bande-son proposée en dehors de la piste de commentaire audio est en Anglais (avec un fort accent Écossais qui rappellera de bons souvenirs aux fans de Trainspotting) au format Dolby Digital 5.1.

Si la présence de cette bande-son est assez réaliste, servie en cela par une dynamique adéquate, sa spatialité est limitée, le champ sonore se déployant presque exclusivement sur les enceintes avant. On aurait apprécié un peu plus d'effets d'ambiance sur les canaux d'ambiophonie, car même pour des films réalistes éloignés du grand spectacle il est agréable de profiter d'une bande sonore immersive.
Les dialogues, sont parfaitement bien intégrés et toujours intelligibles (pour ceux qui arrivent à décoder le fort accent Écossais des protagonistes). La trame sonore est elle aussi fort bien intégrée, comme d'ailleurs tous le reste des éléments composant cette bande-son. Les effets de basses fréquences sont quand à eux quasiment absents, l'utilisation du canal .1 (LFE) est donc très parcimonieuse.

Des sous-titres Anglais et Espagnols sont proposés.


Suppléments/menus
Les suppléments proposés par cette édition sont assez peu nombreux.

Une piste de commentaire audio de Ken Loach est disponible. Le qualificatif qui s'impose concernant ce commentaire est : sporadique. En effet, le réalisateur n'intervient que de temps à autre, la bande-son du film en stéréo prenant le relais lorsqu'il se tait. Ses interventions sont généralement intéressantes, mais leur rareté fait que ce commentaire est assez difficile à suivre, car on attend le plus souvent des informations qui ne viennent pas.

Des scènes coupées sont proposées, six en tout, rassemblées dans un segment (chapitré, d'une durée totale de 13:40) les unes à la suite des autres. Chacune d'entre elles est juste précédée d'un titre, sans autre information. C'est avec ce minimum d'informations que le spectateur est chargé de deviner où chaque scène était supposé se trouver dans le film...

Le moins que l'on puisse dire à prpops de ces suppléments, c'est que l'information est donnée au compte-gouttes. L'ensemble n'est pas inintéressant, juste un peu aride et a une fâcheuse tendance à nous laisser sur notre faim.



Conclusion
Si le film est intéressant, le moins qu'on puisse dire est qu'il n'est pas franchement joyeux, même si l'espoir n'en est pas totalement absent. Il est cependant réconfortant de voir que le cinéma peut servir à autre chose qu'à faire du grand spectacle ou à abrutir le spectateur en le laissant croire que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. L'édition est quand à elle, techniquement, d'un niveau tout à fait correct, mis à part les suppléments qui laissent une impression de bâclé et de trop peu.


Qualité vidéo:
3,9/5

Qualité audio:
2,8/5

Suppléments:
2,0/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2003-11-03

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Panasonic CT-36D11E / Moniteur ViewSonic P95f, PC avec GeForce3 et Sonic CinePlayer, Récepteur Denon AVR-1602, Enceintes Wharfedale Cinestar 30 (5 Vivendi Modus Cube + 1 PC-8).

Le film

Titre original:
Sweet Sixteen

Année de sortie:
2002

Pays:

Genre:

Durée:
106 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Lion's Gate (Canada)

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-5 (simple face, simple couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Commentaire audio, scènes coupées, bande-annonce.

Date de parution:
2003-10-07

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