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DVDEF

Silent Running

Critique
Synopsis/présentation
Douglas Trumbull est un artisan du cinéma dont la passion est plus qu'évidente. Ses qualités en tant que technicien en font un des meilleurs, sinon le meilleur, de sa catégorie.
Songez un peu que cet homme a signé les effets spéciaux de 2001 A Space Odyssey, Close Encounters of the Third Kind et de Blade Runner, qui ne sont ni plus ni moins (si l'on excepte Star Wars) les trois films qui ont révolutionné le monde des effets spéciaux au cinéma (on apprend avec cette édition que son père a travaillé dans le même domaine sur The Wizard of Oz, et qu'après avoir aidé son fils à boucler les effets de Silent Running, il est parti aider G. Lucas à réaliser ceux de Star Wars).
Sa carrière de superviseur des effets spéciaux ne s'est jamais tarie alors que sa réussite en tant que réalisateur est moins évidente. Il n'a en effet pu tourner que deux films : Silent Running (1971), Brainstorm (1983), où il anticipe de 12 ans le scénario de Strange Days (K. Bigelow).
Tous deux sont intéressants mais une certaine naïveté dans leurs scénarios et leurs propos viennent contrebalancer une mise en scène appliquée et des qualités techniques énormes.
On peut alors s'interroger sur la différence entre un vrai réalisateur qui s'appuie sur d'excellents techniciens pour arriver à sa vision des choses, et un technicien hyper doué qui tente de donner un sens à ses prouesses techniques mais pêche par excès de bonnes intentions.
Silent Running conte l'histoire d'un homme (Lowell Freeman / Bruce Dern au nom très symbolique) chargé de s'occuper des derniers vestiges botaniques terriens cultivés dans des serres, convoyées par d'immenses vaisseaux spatiaux. Quand est donné l'ordre de détruire les serres, Lowell perd pied et décide de supprimer ses collègues pour s'enfuir avec les serres, accompagné seulement de deux 'drones' (amusants et touchants robots d'entretien).
Les idées généreuses du scénario sont amoindries par une mise en situation qui perturbe l'identification aux personnages. Malgré de très bonnes intentions, le film tombe un peu à plat et la simplicité du propos est relayé par une musique ambitieuse mais totalement décalée et les chansons 'baba cool' de Joan Baez.
La fin du film révèle pourtant de très beaux moments de cinéma, et renforce malheureusement l'impression que D. Trumbull est passé à côté de son sujet en se concentrant trop sur les (magnifiques et totalement réalistes) effets spéciaux, et pas assez sur les implications de son scénario.
Cependant, Silent Running fait partie de ces films que l'on revoie toujours avec plaisir malgré ses défauts, ne serait-ce que pour le dépaysement qu'il propose et paradoxalement, sa naïveté qui fait chaud au coeur en ces temps de cynisme permanent.


Image
Le nouveau transfert anamorphique marque vraiment une nette amélioration par rapport à l'ancienne (et mauvaise) copie en 4:3.
L'interpositif est plutôt propre (juste deux ou trois points et rayures), et le niveau de détails très correct et même suffisant (car un niveau supérieur aurait sans doute nuit au réalisme des effets spéciaux). Le rendu des couleurs est excellent (malgré quelques excès de saturation) et met en valeur la magnifique photographie du film.
Le rendu des noirs est acceptable même si un peu plus de profondeur aurait été la bienvenue.
Le niveau de contraste est acceptable et la brillance constante.
La numérisation du transfert a été effectuée avec soin et aucun défaut notable n'est à relever.



Son
Les trois bandes sons sont proposées respectivement en anglais (DD 2.0 mono), français (DD 2.0 mono) et espagnol (DD 2.0 mono).
La dynamique est conforme à ce que l'on est en droit d'attendre d'une production à petit budget du debut des années soixante-dix (Star Wars n'était pas encore passé par là).
Par conséquent, les effets sont réalistes et les voix bien rendues (ce qui est l'essentiel sur un film plutôt intimiste). Aucun défaut majeur n'est à souligner et l'on peut même remarquer un rendu correct de l'ambitieuse musique et de la voix de Joan Baez.
Les sous-titres sont proposés uniquement en anglais.



Suppléments/menus
Pour une fois, nous sommes réellement servis en informations captivantes sur un film par tous les segments des nombreux suppléments.
Les plus récents sont vraiment de qualité, ayant été conçus par le maître en la matière, à savoir Laurent Bouzereau.
Le commentaire audio de Douglas Trumbull et Bruce Dern fait ressortir sans l'exagérer l'estime que se portent les deux hommes, les efforts et l'investissement qu'ils ont fournis lors du tournage du film. Leurs interventions se complètent et nous fournissent nombre de détails passionnants (anecdotes et explications techniques).
Le documentaire sur la réalisation est un produit d'époque monté comme un petit film, qui malgré une qualité technique limite, se révèle intéressant et denué de l'auto promotion qui encombre si souvent les documentaires actuels (50 mins).
Est ensuite proposé une excellente intiative, qui est de refaire un petit segment portant sur la réalisation (30 mins) commenté par Douglas Trumbull lui même. Ce segment reprend des informations déja données dans celui d'époque mais en y apporte un éclairage nouveau grâce à la distance procurée par les trente ans qui les séparent.
L'entrevue de Bruce Dern (père de l'actrice Laura Dern) fait découvrir un acteur réellement fier d'avoir tourné ce film et qui revient avec nostalgie sur certaines souvenirs (11 mins).
Dans son entrevue, Douglas Trumbull explique les raisons qui l'ont poussé à réaliser ce film à l'époque (5 mins). Suivent une bande annonce de qualité moyenne, des notes de production, et les filmographies des artisans du film.
Le terme édition spéciale n'est présent nulle part sur le DVD et pourtant il le mériterait largement. Preuve est donc faite qu'avec de la passion pour le cinéma, on peut réaliser (sans moyens énormes) des suppléments vraiment intéressants.




Conclusion
Ce titre qui surprend par des suppléments de qualité, épaulés par une copie techniquement bonne, nous donne une édition hautement recommandée. Le film peut surprendre par son rythme, mais ses qualités visuelles et les valeurs qu'il défend en font un classique à voir.



Qualité vidéo:
3,3/5

Qualité audio:
2,8/5

Suppléments:
3,4/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,3/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2002-05-30

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Silent Running

Année de sortie:
1971

Pays:

Genre:

Durée:
90 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono
Française Dolby mono
Espagnole Dolby mono

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Documentaire portant sur la réalisation, piste de commentaires audio, filmographies, notes de production et bande-annonce

Date de parution:
2002-05-21

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