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DVDEF

Revenge of Frankenstein, The

Critique
Synopsis/présentation
Terence Fisher est en passe d'être reconnu du grand public et ce ne sera que justice. Il aura oeuvré tout au long de sa carrière dans le fantastique, qui est le genre le plus injustement méprisé et décrié du cinéma. Grâce à lui et à la firme Hammer (à laquelle il restera toujours fidèle), le fantastique reviendra à la mode dans les années soixantes par l'action conjuguée de l'apport de la couleur et du talent de T. Fisher (cf The Hound of the Baskervilles).
The Revenge of Frankenstein (1958) est la suite directe de The Curse of Frankenstein (1956) et sera suivi par 4 autres oeuvres (produites par la Hammer), centrées sur le personnage du Baron Frankenstein. Celui-ci (Peter Cushing absolument parfait et honteusement absent du panthéon des plus grands acteurs) échappe à la guillotine (qui l'attendait à la fin du premier épisode) grâce à l'aide de son assitant bossu Karl (Oscar Quitack, émouvant et juste), et s'installe à Salsbruck sous le pseudonyme de Dr Stein alors même que sa légende se propage à travers toute l'Europe. Il exerce tellement bien son métier de médecin qu'il a subtilisé les meilleurs patients de la ville à ses confrères. Il s'occupe parallèlement d'un hôpital pour nécessiteux où il trouve la "matière" pour pouvoir continuer ses expériences. Il est reconnu par le docteur Kleve (Francis Matthews, très bien en jeune médecin avide de savoir et un peu naïf) qui devient son assistant. Karl est volontaire pour que le Baron lui offre un nouveau corps sans déformations, grâce à la transplantation de son cerveau dans la nouvelle créature qu'il a assemblée (Michael Gwynn, expressif et touchant aux antipodes de la créature quasiment sans conscience campée précédemment par Christopher Lee).
Bien évidemment, l'expérience ne se déroulera pas comme prévu mais il vous reste à voir cet excellent film pour découvrir la suite des évènements inventés par Jimmy Sangster et magnifiés par Terence Fisher. Il s'agit d'une des meilleures suites que nous ayons jamais vue, centrant l'action sur le personnage de Frankenstein en le dissociant de sa créature et s'intéressant à ce qu'auraient pu être les motivations d'un esprit éclairé à cette époque. Le premier épisode posait les bases du système Hammer (et faisait son succès par la même occasion) mais il était 'bloqué' par le matériau de départ (le roman de Mary Shelley : Frankenstein, un promethée moderne) qu'il fallait respecter pour mieux faire oublier la fabuleuse version de James Whale (1931). Dans celle-ci, la créature campée par Boris Karloff eut tellement d'impact sur le public (grâce au génial maquillage de Jack Pierce) que celui-ci finit par confondre le créateur et sa créature, ainsi pour beaucoup de monde Frankenstein était le monstre. James Whale ne s'y trompa d'ailleurs pas en construisant sa suite (The Bride of Frankenstein, 1935) autour du monstre et de son humanisation.
Dans la série de la Hammer, c'est le savant qui est au centre de l'histoire et le côté blasphématoire de ses expériences passe au second plan, derrière ses motivations scientifiques et utopistes. Curieusement dans The Revenge of Frankenstein, le Baron est plus humain que dans le premier et même s'il ampute les nécessiteux de son hôpital sans vergogne, il les soigne et leur apporte toute son attention. De même, s'il abuse a priori de certaines de ses patientes du beau monde (voir la scène où il ausculte la fille d'une riche et influente habitante de Salsbruck, pleine de sous-entendus ne laissant planer aucun doute sur la nature des relations du docteur et de sa patiente), il les soigne réellement bien. Il souhaite également venir en aide à Karl, mais le condamne par ses plans futurs (très égoistes) à une vie peu plaisante pour servir sa soif de reconnaissance. Le jeu parfait de Peter Cushing est pour beaucoup dans l'intérêt que l'on porte au film et il y a fort à parier que sans sa présence au générique, le film aurait eut moins d'attrait. Dans le troisème épisode de la série, réalisé par T. Fisher en 1969 (Frankenstein Must Be Destroyed, l'un des meilleurs de la série avec les 2 précités), il deviendra extrêmement cynique et violent, s'il y abuse de jeunes femmes ce sera sans leur consentement, et ses expériences seront consécutives à des meurtres caractérisés.
Le film propose des idées et des concepts étonnants et neufs, des personnages (principaux et secondaires) tous bien définis et servant l'histoire, des décors magnifiés par une photo splendide, des acteurs tous excellents, une mise en scène totalement en accord avec son sujet et l'intelligence d'un grand metteur en scène. Une fois de plus, la preuve est faite que le cinéma populaire peut engendrer de réels chef d'oeuvres, et qu'un artisan du cinéma peut apporter des considérations et des idées personnelles dans des films a priori à but uniquement commercial.
On ne le répètera jamais assez, Terence Fisher est un immense artiste, Peter Cushing égalemment, et ce film est un des meilleurs qu'ils ont tourné ensemble. Il est donc nécessaire voire indispensable à tout amateur de cinéma fantastique intelligent de voir ou revoir ce film passionnant.


Image
Le nouveau transfert anamorphosé de la Columbia/Tristar est proposé au format d'origine de 1.66:1 (pour les possesseurs d'un support vidéo 16:9, de petites bandes noires verticales sont présentes).
La copie est annoncée comme remasterisée en haute définition. Celle-ci propose effectivement un excellent niveau de détails et une netteté générale de bonne qualité pour un film de cette époque (même si parfois fluctuante). Par contre, l'interpositif est sale, plein de points blancs et de rayures tout au long du film, ce qui est quasi incompréhensible au regard des autres qualités de ce transfert.
Le rendu des couleurs est également excellent, d'une constance et d'une saturation étonnantes et pour tout dire nécessaires tant les films de T.Fisher sont travaillés à ce niveau-là. Sans les qualifier de délavées, on peut dire que les couleurs sont un peu plus ternes (légèrement) que sur d'autres productions Hammer (cf The Hound of the Baskervilles), cela ne nuisant absolument pas au confort du visionnage.
Le contraste est bien géré et permet de proposer un niveau de noir excellent, ce qui nous offre un rendu des parties sombres (environ la moitié du film) de très bon aloi pour un film de 1958. La renumérisation a permis d'éliminer quelques défauts à l'exception des quelques passages un peu granuleux.
Un transfert d'excellente qualité, qui permet de redécouvrir et d'apprécier à sa juste valeur les recherches plastiques de T. Fisher, malheureusement un peu gaché par la présence de points blancs et rayures inadmissibles (un nettoyage de l'interpositif aurait été de mise).



Son
La seule bande-son présente avec cette édition est en Anglais (DD 1.0 mono). Celle-ci a été renumérisée et cela s'entend.
Sa présence est fort correcte et la dynamique bien présente. Tous les effets sont bien intégrés et la musique (très dramatique) impeccablement rendue. Les dialogues sont toujours parfaitement intelligibles et naturels. Les basses fréquences sont également présentes et viennent apporter un certain poids à la restitution de cette bande-son lorsque nécessaire.
Les sous-titres sont disponibles en Anglais et Français et malheureusement en jaunes et fort peu discrets (donc très lisibles).



Suppléments/menus
Dans cette section sont disponibles trois bandes-annonce et une galerie de photos. Les bandes-annonce de The Revenge of Frankenstein (de loin la plus originale du lot), de Earth vs The Flying Saucers et celle de The Bride sont de qualité acceptables. La galerie est présentée avec une esthétique kitsch qui reprend celle du film, et propose des photos de bonne qualité.
A noter que la jacquette ne met en avant ni le fait que ce soit un film de la Hammer ni que Peter Cushing joue dedans, alors qu'il s'agit très certainement de deux informations primordiales et que le commentaire 'The Terror Rises Again' donne une idée fausse du film, le faisant passer pour un film de monstres des années soixantes. A souligner également l'effort fourni par la Columbia/Tristar pour proposer de jolis menus et transitions bien dans l'esprit du film.




Conclusion
Une bonne édition, bien que perfectible au niveau de l'image et des suppléments, qui permet de découvrir ou redécouvrir ce chef d'oeuvre. Une recommandation bien méritée et qui s'adresse surtout aux passionnés de la Hammer et aux amateurs de cinéma fantastique.


Qualité vidéo:
3,6/5

Qualité audio:
3,2/5

Suppléments:
2,0/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
3,6/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2002-08-05

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Revenge of Frankenstein, The

Année de sortie:
1958

Pays:

Genre:

Durée:
90 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Columbia Tristar

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-5 (simple face, simple couche)

Format d'image:
1.66:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Galerie de photos, bandes annonces

Date de parution:
2002-08-13

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