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DVDEF

Frenzy

Critique
Synopsis/présentation
Marnie (1964), Torn Curtain (1966), Topaz (1969). Voilà bientôt près de dix ans que le célèbre réalisateur subit des critiques peu élogieuses et des échecs au box-office. Déçu, Hitchcock, maintenant âgé de 73 ans, décide d'effectuer un retour au source.
Lassé d'un contrat interminable le liant à la Universal, le réalisateur retourne dans son Londres natal afin de tourner son avant-dernier film, Frenzy. Échappant à l'emprise de Lew Wasserman, ayant refusé le scénario de ses deux derniers projets (Mary Rose et Kaleidoscope), Hitchcock obtient dès lors le contrôle décisionnel de deux facettes importantes du cinéma jadis perdu: le choix final des acteurs et le sujet du film. Hitchcock opte pour la thématique du meurtrier en série, thème s'apparentant, non sans hasard, à celui de The Lodger (1926), troisième oeuvre du cinéaste. Hitchcock ajoute une touche ironique au ton macabre du film en choisissant la cravate comme arme du crime (s'éloignant ainsi des classiques et redoutables armes blanches, corde et revolver). Et que serait une oeuvre hitchcockienne sans le fameux "wrong man" venant agrémenter l'association implicite spectateur / faux-coupable?
D'entrée de jeu, Frenzy s'ouvre sur une symphonie entrainante composée par Ron Goodwin, le tout superposé à une vue panoramique et ensoleillée de Londres. Au bord de la Tamise, un ministre s'adresse à une foule (dont Hitchcock!) proclamant que le fleuve sera bientôt exempt de déchets et détritus. Signe de l'humour du réalisateur, au même moment quelques auditeurs du discours se détournent vers l'étendue d'eau et apperçoivent le cadavre flottant d'une femme nue, étranglée à l'aide d'une cravate (le répertoire hitchcockien est d'ailleurs parsemé de cette vision fétichiste de la femme noyée). Les victimes s'accumulant, les soupçons se tourneront sur Richard Blanney, ancien pilote de la RAF. Cependant, le spectateur aura tôt fait de découvrir le réel assassin, ce dernier prenant plaisir à supprimer (et à violer) les femmes gravitant autour de Richard. Les deux protagonistes s'affronteront donc, l'un pour clamer son innocence et venger son sort, l'autre pour poursuivre son oeuvre tragique et annihilante.
Cette-fois-ci, Hitchcock atteignit sa cible; le film récolta des recettes de 16 millions de dollars, alors que seulement deux millions furent investis dans la production. Quoique différent de ces films précédents (tueur repoussant, femmes d'une beauté modeste, etc.), Frenzy reste une oeuvre hitchcockienne à part entière. On y retrouve l'humour noir et le suspense qui ont fait la marque d'un des plus grands cinéastes du vingtième siècle.


Image
Cette édition DVD de Frenzy est proposée d'après un transfert anamorphique, en format orignal de 1.85:1.
Malgré les quelques trente ans du film, Frenzy offre une qualité d'image surprenante et de qualité, supérieure aux autres éditions DVD de la collection Hitchcock d'Universal. La définition générale est bien détaillé laissant deviner toute les finesses voulues. Aucune sursaturation des couleurs n'est perceptible. Les signes de compression se font rares (certaines scènes sombrent démontrent une subtile pixellisation), alors que les noirs se font solides et francs.
Seuls points négatifs, aussi mineurs soient-ils: les couleurs, quoique justement rendues, tendent parfois à tirer vers le rouge (notamment perceptible sur les tons de peau). On note quelques légers artéfacts (points, raînures, etc.) typiques des éditions Hitchcock offertes chez Universal.


Son
Frenzy est ici offert en format Dolby Digital 2.0 (monophonique). La gamme de fréquences et le dynamisme sonore sont limités. Malgré cela, on remarque des dialogues bien rendus et toujours intelligibles mais qui tendent vers les aïgues. Là ou le manque de dynamisme est le plus perceptible est lorsqu'on porte attention à la trame-sonore de Ron Goodwin qui manque nettement d'appui, de musicalité. Satifaisante mais sans plus.
Une bande-son française est également offerte, les caractérisitiques sont semblables à la bande originale anglaise. On retrouve sur ce disques des sous-titres anglais (cc) et espagnols.


Suppléments/menus
Les suppléments de cette édition de Frenzy étant en tout point identiques aux autres DVD de la collection (galerie de photographies, notes de production et filmographie/biographie des acteurs principaux), nous nous attarderons donc sur les deux suppléments les plus pertinents.
Universal récidive, encore une fois, avec un récent documentaire réalisé par le documentaliste Laurent Bouzereau. Nommé The Story of Frenzy et d'une durée de 45 minutes, ce documentaire regroupe les commentaires des acteurs Barry Foster, John Finch et Anna Massey, du scénariste Anthony Shaffer, du réalisateur Peter Bognadovich et de l'attachante Patricia Hitchcock.
Frenzy ne datant que de 1972, il fut plus facile de réunir des personnes ayant été en relation directe avec la production; on sent rapidement une plus grande complicité. Le ton tend plus vers les commentaires personels que survol historique long et fastidieux vu d'artisans ayant travaillé indirectement à la production. Un excellent documentaire de Laurent Bouzereau, probablement l'un de ses meilleurs de la collection.
Il m'est également impossible de passer sous silence l'excellente bande-annonce du film. Depuis le milieu des années 50, Hitchcock est une figure publique connue, la popularité de la série télévisé "Alfred Hitchcock Presents" n'étant pas étrangère à ce succès. Ainsi, Hitchcock débuta, au cours des années 60, la présentation de ses propres bande-annonces empreintes d'une touche personelle. Frenzy ne fait pas exception, présentant Hitchcock flottant sur l'eau ou à la recherche de sa cravate perdue...



Conclusion
Malgré certaines critiques houleuses, Frenzy plaira aux amateurs d'Hitchcock, de même qu'aux néophytes en quête d'un excellent film au ton macabre teinté d'humour noir. S'éloignant légèrement du thriller hitchcockien classique, Frenzy prouve hors de tout doute que, même âgé de 73 ans, Hitchcock était encore capable de se renouveler cinématographiquement et de proposer une oeuvre fraîche à un public toujours plus avide de sensations.


Qualité vidéo:
3,9/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,9/5
Auteur: Alexandre Caron

Date de publication: 2001-03-09

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Widescreen 16:9 Toshiba TheaterWide TW40F80, Récepteur certifié THX-Ultra, THX-EX, Dolby Digital 6.1, DTS-ES Discrete Denon AVR-4802, Lecteur DVD-Audio / DVD-Video Toshiba SD-4700, enceintes PSB et central Paradigm Reference, câbles Monster Cable (calibre 12).

Le film

Titre original:
Frenzy

Année de sortie:
1972

Pays:

Genre:

Durée:
116 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono
Française Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Documentaire (The Story of Frenzy), galerie de photographies, bande-annonce et notes de production

Date de parution:
2001-03-06

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