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DVDEF

Pharmacien de Garde, Le

Critique
Synopsis/présentation
Ce film est le premier long-métrage de Jean Veber, un jeune réalisateur et scénariste français.

Le Pharmacien de Garde est l'histoire d'un tueur en série, Yan Lazarec (Vincent Perez), un pharmacien à l'esprit torturé décidé à nettoyer la Terre des salauds (des hommes d'affaires) qui la polluent, en les tuant par là où ils ont péché. Dès le début du film, un armateur mis en examen dans une affaire de marée noire sera retrouvé noyé dans une mare de mazout, et un cigarettier verra ses poumons brûlés par la consommation forcée et simultanée d'une soixantaine de cigarettes. Lors d'une conférence sur les OGM, Yan fait la rencontre de François (Guillaume Depardieu), un passionné d'écologie comme lui. Ce que Yan ne sait pas, c'est que François est le flic chargé de l'enquête sur ses meurtres, et que l'enquête progresse...

Si le personnage principal du film est un tueur en série, qui utilise des mises en scènes très recherchées pour exécuter ses victimes, ni les meurtres ni l'enquête ne sont le principal sujet du film. L'intérêt principal se trouve dans l'amitié entre les deux hommes, chacun étant fasciné et attiré par l'autre et partageant des idéaux proches bien qu'ils se trouvent chacun d'un côté de la barrière de la loi. Dès le début on se doute que cette amitié est vouée à une fin funeste, les deux protagonistes étant, chacun à leur manière, maudits.

Ce film mélange parfois les genres, de façon plutôt réussie. Certaines scènes sont en effets proches du fantastique ou de la comédie (certaines répliques de Laurent Gamelon ou Pascal Légitimus sont très drôles). Le réalisateur a aussi glissé çà et là quelques clins d'oeil à différents films de genre, comme Halloween ou Re-Animator.
Le scénario, extrêmement bien ficelé, est servi par une belle réalisation, un montage efficace et une interprétation d'un bon niveau général. La prestation de Vincent Perez, séduisant mais inquiétant, un moment parfaitement calme et celui d'après totalement illuminé, se détache tout de même du lot. L'interprétation de Guillaume Depardieu, sans être mauvaise, est tout de même nettement moins convaincante que celle de son collègue et ami. On notera aussi la présence de Pascal Légitimus, à la fois drôle et sensible dans le rôle d'un travesti qui en a un peu trop vu pour sa sécurité, ainsi que de nombreux autres seconds rôles très sympathiques (Edgar Givry, parfait en comissaire de police, et Kad dans le rôle du médecin légiste, entre autres).

Ce premier film prouve que son auteur est un excellent scénariste qui maîtrise aussi le langage de l'image. Jean Veber signe là un très bon premier film, et on ne peut qu'être impatient de voir ce que nous réserve la suite de sa carrière.


Image
L'image est au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 16:9.

Comme pour d'autres films français édités au Canada, le transfert NTSC a visiblement été obtenu à partir d'un transcodage de la version PAL utilisée pour la zone 2. En effet, des effet de dédoublements apparaissent notamment lors des panoramiques et des mouvements rapides, ce qui est une signature d'une méthode de transcodage utilisant une interpolation des 25 images/secondes du format PAL pour générer les 30 images/secondes du NTSC. Cette interpolation est appelée "frame blending" en anglais, ce qu'on pourrait traduire par "fondu d'images", consiste a créer les 30 images/seconde nécessaires au NTSC en faisant l'équivalent de nombreux fondus enchaînés en une seconde. Si les défauts sont moins criants que pour d'autres films ayant subi le même traitement, l'algorithme de fondu étant sans doute différent, cette méthode est tout de même regrettable, d'autant qu'on récupère ainsi le défaut majeur d'un transfert PAL à savoir une accélération de la vitesse due au passage de 24 à 25 images/seconde.

L'image donne donc parfois une impression de flou, sauf sur les plans fixes où le rendu des détails et des textures est d'un niveau plus que correct. Les couleurs sont naturelles et subtiles, faisant honneur à un beau travail d'étalonnage qui fait subtilement ressortir la grisaille parisienne. La brillance (le niveau des noirs) est bien ajustée, les zones d'ombres offrant des dégadés fluides, des noirs profonds (où l'on retrouve des informations presque invisibles) et un niveau de détail correct.
Certains problèmes de compression sont visibles. On note ainsi quelques rares fourmillements et autres blocs dans certaines zones de l'image, notamment durant les plans de marée noire de la séquence d'ouverture. On notera que la méthode de conversion utilisée ne facilite pas la compression. Le principal défaut numérique reste cependant une suraccentuation des contours exagérée.


Son
Le son est proposé en version originale française (Dolby Digital 5.1 et 2.0 stéréo). Aucun sous-titre n'est proposé.

Le volume de la bande-son multicanaux est anormalement élevé (environ 10 dB de plus que la normale), alors que celui de la bande-son stéréo est tout à fait normal. Heureusement, cela n'entraine d'autre gêne que le besoin de baisser le volume du processeur.
Cette bande-son multicanaux offre une belle présence et une spatialité convaincante. La dynamique est très bonne, et le champ sonore bien immersif grâce à une très bonne séparation des canaux et une utilisation judicieuse de l'ambiophonie, aussi bien pour les effets d'ambiance, pour des effets spéciaux (servis par de belles transitions) que pour la trame sonore. Cette dernière, composée par Marco Prince (auquel le réalisateur semble vouer une admiration sans bornes), démontre profondeur et fidélité et est parfaitement bien intégrée au mixage. Les dialogues, toujours intelligibles, sont eux aussi très bien intégrés.

Les basses fréquences sont bien présentes pour appuyer certains effets sonores, faisant appel de façon judicieuse au canal LFE (.1).


Suppléments/menus
Si les commentaires ne brillent pas par leur nombre, ceux qui sont proposés sont plutôt intéressants.

Le menu des bandes son permet d'accéder à une piste de commentaire audio du réalisateur, visiblement très heureux de pouvoir ainsi commenter son premier film. Ce commentaire d'un passionné est très intéressant et informatif, car il nous livre à la fois les intentions et les moyens mis en oeuvre pour y parvenir, tout en soulignant le travail de chacun des membres de l'équipe. Son admiration pour chacun semble parfois verser dans la complaisance, ce qui est un peu irritant, mais n'enlève pas grand chose à l'intérêt de son commentaire.

Le menu Bonus permet d'accéder à un documentaire Making-Of (14:53) très classique, constitué de plans nous montrant le tournage du film et d'interventions du réalisateur et des acteurs. On apprend entre autres que le réalisateur est très directif dans sa direction d'acteurs, ce qu'il ne mentionne évidemment pas dans son commentaire. Ce documentaire ne nous apprend malheureusement presque rien sur la post-production (effets spéciaux, son) du film.
Les deux derniers suppléments offerts sont respectivement le Teaser (0:44) et la Bande-Annonce (1:44) du film.

On ne peut pas dire qu'on soit noyé sous les suppléments par cette édition, mais ceux proposés sont plutôt pertinents, ce qui est un bon point.



Conclusion
Ce très bon film prouve qu'il existe un juste milieu dans le cinéma français entre les films de genre au scénarios parfois bancals (on pensera à Vidocq entre autres) et les films intimistes parfois abscons qui ont fait la réputation ambivalente de ce cinéma. Cette édition aurait grandement bénéficié d'un meilleur traitement pour la vidéo (il existe d'autres façons plus judicieuses de convertir du PAL en NTSC, surtout lorsque le matériel original est un film), mais la qualité générale de l'ensemble se situe plutôt dans une bonne moyenne.


Qualité vidéo:
2,8/5

Qualité audio:
3,6/5

Suppléments:
2,9/5

Rapport qualité/prix:
3,3/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2003-10-08

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Panasonic CT-36D11E / Moniteur ViewSonic P95f, PC avec GeForce3 et Sonic CinePlayer, Récepteur Denon AVR-1602, Enceintes Wharfedale Cinestar 30 (5 Vivendi Modus Cube + 1 PC-8).

Le film

Titre original:
Pharmacien de Garde, Le

Année de sortie:
2003

Pays:

Genre:

Durée:
84 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Christal Films

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:

Bande(s)-son:
Française Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 stéréo

Sous-titres:

Suppéments:
Commentaire audio, Documentaire, Bandes-annonces

Date de parution:
2003-09-30

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