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DVDEF

In the Mood for Love (Édition Seville)

Critique
Synopsis/présentation
Avec John Woo, Wong Kar-Wai est certainement le cinéaste chinois le plus connu des occidentaux. Pourtant, leur cinéma respectif n'a rien à voir l'un avec l'autre, et force est d'admettre qu'en sa terre natale, Wong Kar-Wai ne bénéficie pas du même statut légendaire que son compatriote John Woo. À l'inverse de se dernier, en Chine, Wong Kar-Wai est toujours considéré comme un cinéaste d'auteur un peu " underground ", un cinéaste inspirée mais qui est incapable d'allier succès critique et commercial. Et ce n'est pas faute d'avoir essayer. À quelques reprises le cinéaste a tenté son coup avec des ?uvres ambitieuses mais aussi plus accessibles (Ashes of Time et Days of Being Wild). Et à chaque reprise, les spectateurs asiatiques sont restés indifférents. Mécontents de ces résultats, Wong Kar-Wai a par la suite adopté une philosophie bien différente : créer des films en rejetant toute convention commerciale et classique. Les ?uvres qui en résultèrent sont certainement les plus inspirées et les plus mémorables de l'auteur. Son dernier film en lice, In The Mood For Love, est probablement son ?uvre la plus achevée.
In the mood for love raconte l'histoire de monsieur Chow (Tony Leung) et madame Li-Zen (Maggie Cheung), deux voisins de palier qui découvrent que leur conjoint respectifs et absentéistes ont une aventure l'un avec l'autre depuis plusieurs mois déjà. Désemparés, meurtris, ils tenteront en s'unissant de panser leurs plais en tentant de comprendre ce qui est à la source de cette liaison? tombant à leur tour dans le jeu (ou le piège ?) de l'amour.

Avec In The Mood For Love, oublier toutes les conventions du drame sentimental classique car Wong Kar-Wai n'en a qu'en faire. Son intérêt est ailleurs, à savoir créer des ambiances et, par ces ambiances, véhiculer des émotions. Ainsi, sa mise en scène strictement contemplative est entièrement au service du jeu magistral des interprètes, mais aussi des moindres détails de la somptueuse direction artistique. Pour tourner son film, il a couché sur papier les grandes lignes de l'intrigue, dessiné de façon sommaire les personnages, et a tout bonnement laissé l'histoire se dresser instinctivement sur le plateau. Le tournage qui en résultat dura plus d'un an? Durant cette période, où les interprètes étaient presque laissés à eux-mêmes, Wong Kar-Wai observait et saisissant scrupuleusement chaque petits détails (un regard, une main qui se frôle?) qui allaient servir à dresser le portrait de ses deux protagonistes. Ainsi donc, leurs émotions ne sont pas tant véhiculées par des dialogues, mais bien par ces petits détails anodins, criant de vérité. Et il est impossible pour le spectateur de rater quelque détail d'importance. Les plans serrés et les décors exigus nous rapprochent tant des personnages que nous avons presque l'impression de devenir voyeur. Aussi, la sensualité qui submerge graduellement les contacts entre les deux personnages n'est pas uniquement traduite par des gestes physiques, mais par une volonté du réalisateur à, au risque de se répéter, de créer une ambiance, un climat purement sensuel. Les ralentis sont nombreux et langoureux, donnant à la mise en scène une texture quasi palpable. Dans le film, même la fumée d'une cigarette devient un élément presque lascif.

Finalement, c'est avec grand esprit que Wong Kar-Wai décortique les tumultes d'une relation amoureuse. Ainsi, pour comprendre ce qui a pu entraîner leurs conjoints dans cette relation extra-conjugale, les deux époux abandonnés se conçoivent un jeu de rôle leur permettant de répondre à leurs interrogations comme " Qu'est-ce qui est à la source de cette aventure ? ", " Lequel des deux aurait fait les premiers pas? " ou " Ce qu'ils font en ce moment? ". Dans le but de mieux cerner les éléments entourant l'aventure, les deux attristés jouent chacun le rôle de l'époux de l'autre. C'est en jouant à ce jeu de rôle glacial que les deux protagonistes tomberont eux aussi dans le piège du jeu de l'amour. Un jeu qu'ils ignoraient jouer, un jeu qu'ils ne peuvent, malgré leurs efforts, maîtriser.


Image
C'est en format original de 1.85:1 que le film nous est présenté et ce, d'après un transfert anamorphique. Afin de bien apprécier la bonne qualité de ce transfert, il est important de s'attarder à la photographie fortement stylisée de Christopher Doyle et Mark Li Ping-Bing. Les éclairages sont souvent rasants et sombres tandis que plusieurs filtres ont été utilisés pour bien traduire l'ambiance du film. Effectuer le transfert d'une photographie aussi complexe est certainement un tâche ingrate, néanmoins ce transfert recrée avec justesse l'aspect visuel original du film.

La définition, dans son ensemble, est adéquate. Elle laisse transparaître la plupart des détails et des textures avec une certaine précision. À peine notons-nous quelques plans manquant légèrement de piqué. Difficile d'évaluer la qualité de la colorimétrie tant celle-ci est altérée par les éclairages. Cependant, la saturation paraît adéquate, et l'étalement est constant, sans débordement. La brillance nous est apparue adéquate, tandis que les contrastes sont correctement calibrés. Nous ne déplorons aucune accentuation indésirable. Les noirs sont d'une pureté adéquate, mais trahissent un léger fourmillement en certaines occasions. Les parties sombres, nombreuses dans le film, manquent parfois de détails mais dans l'ensemble, les dégradés sont satisfaisant.

L'interpositif utilisé pour ce transfert n'est pas parfait et présente quelques anomalies mineures tels présence de grain ainsi que quelques égratignures. Aucune sur-définition des contours n'est à déplorer, et les défauts de compression se limitent à quelques subtils macroblocs facilement pardonnables.


Son
Seule la bande-sonore originale cantonaise est offerte sur cette édition, mixée en format Dolby Surround 2.0. Évidemment, des sous-titres sont aussi offerts, ceux-ci en anglais et en français.

Il va sans dire que cette bande-son n'est pas dynamique mais là n'était pas le but de ce mixage. Ce mixage est subtil et tout en douceur. Le champ-sonore se déploie essentièllement des enceintes avants, l'utilisation des canaux d'ambiophonies étant limité à quelques subtils effets d'ambiance et à la musique. Justement, la musique, qui est un élément clé de l'univers du film, est fort bien intégrée à l'environnement sonore. Elle se déploie habilement, et la fidélité est indéniable. Les dialogues, quant à eux, ont une sonorité naturelle, mais il est impossible de qualifier l'intelligibilité puisque les dialogues sont en cantonais? L'utilisation des basses est très subtile (peut-être même un peu trop?), rien de tapageur ou grandiloquent.


Suppléments/menus
Peu de choses à se mettre sous la dent, quoique le documentaire présent compense à lui-seul le nombre de suppléments peu élevé. Ce documentaire, préparé par Wong Kar-Wai lui-même en vue d'une projection au Festival de Cannes au printemps 2001, n'a beau durer qu'un maigre 17 minutes, la pertinence des propos recueillis pour les entrevues ainsi que la qualité de sa facture visuelle en font un segment fort intéressant pour quiconque s'intéresse au film. Seuls points négatifs, les intervenants ne sont pas identifiés (ne n'est pas tout le monde qui connaît le visage de Wong Kar-Wai?), et la qualité sonore des entrevues laisse à désirer. De plus, comme cette édition est destinée au marché canadien (donc à un marché bilingue), des sous-titres français auraient dû être offerts pour ce documentaire.

L'autre supplément d'importance est présenté sous forme de notes. Il s'agit d'une exploration de l'univers du film justement intitulée World of In The Mood For Love. Séparée en trois sections (costumes, designs et cuisine traditionnelle (!)), ces notes explorent de façon concises mais franchement trop brèves l'univers du film. Un essai plus approfondie aurait été de mise. Vous retrouverez ensuite galerie de photographies présenté sous la forme d'un montage vidéo d'à peine 1 minute 30 secondes, accompagné d'une musique du film. Sont aussi offerts la bande-annonce originale ainsi des filmographies et biographies des deux comédiens principaux en plus de celles du réalisateur.



Conclusion
Ce véritable petit chef d'oeuvre nous est offert dans une édition des plus honnête par Séville. La présentation du film, tant en ce qui concerne l'image que le son, est adéquate et respecte parfaitement la facture visuelle et sonore du film. Les suppléments sont peu nombreux, mais à nouveau la qualité du documentaire compense quelque peu pour cette lacune.


Qualité vidéo:
3,7/5

Qualité audio:
3,6/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
3,4/5

Note finale:
3,3/5
Auteur:

Date de publication: 2002-01-25

Système utilisé pour cette critique:

Le film

Titre original:
Hua Yang Nian Hua

Année de sortie:
2000

Pays:

Genre:

Durée:
98 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Films Séville

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-5 (simple face, simple couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Cantonaise Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Documentaire, notes de production, galerie d'images et bandes-annonces.

Date de parution:
2002-01-22

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