Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Moby Dick (Vintage Classics)

Critique
Synopsis/présentation
John Huston (1906-1987) amorce sa carrière au cinéma en tant qu'acteur et scénariste. En 1940, il passe derrière la caméra et réalise The Maltese Falcon. Par le biais de ce film, il jette les bases de ce qu'on appelle le film noir. Avec ce coup de maître, Huston acquiert ses lettres de noblesse et consolide sa réputation d'enfant terrible d'Hollywood. Pendant la guerre, il réalise surtout des documentaires. Avec Bogart, son acteur fétiche, il signe plusieurs longs-métrages dont les chefs-d'oeuvre The Treasure of the Sierra Madre et The African Queen.
Dans les années cinquante, Huston élit domicile en Irlande où il demande la citoyenneté. C'est dans ce pays que le projet de l'adaptation du célèbre roman d'Hermann Melville prend forme. Adapter ce chef-d'oeuvre n'a été pas une mince tâche. L'élaboration du scénario prit une année et fut une expérience éprouvante pour le scénariste et auteur de science-fiction Ray Bradbury (Fahrenheit 451), en perpétuel conflit avec Huston. Le tournage, effectué dans de terribles conditions, ne fut pas plus facile, mais le résultat est encore aujourd'hui éblouissant.
Moby Dick raconte l'histoire du capitaine Achab et de l'équipage du baleinier le Pequod engagés dans une lutte à finir avec une baleine blanche.
Ce film n'a pas pris une seule ride. La mise en scène de Huston est remarquable et le jeu des comédiens, dont celui de premier-plan de Gregory Peck, constitue une pièce d'anthologie. Un des grands moments d'acteur de Moby Dick est le sermon du révérend Mapple (Orson Welles). Le texte en est splendide et chargé de symboles :véritable microcosme de l'histoire à venir.
La première partie de Moby Dick est construite comme un documentaire sur la chasse aux cétacés, telle qu'elle se pratiquait au 19e siècle. La réalisation de Huston montre les activités inhérentes au travail de la chasse aux baleines. Les commentaires en voix hors champ d'Ismaël (Richard Basehart) viennent nous informer sur l'équipage et les différents métiers pratiqués à bord du bateau. Dans la deuxième partie du film, nous entrons de plein-pied dans la mythologie et le fantastique. C'est là que Moby Dick se manifeste.
Le moment charnière entre ces deux grands blocs narratifs est la scène où Starbuck (Leo Genn) s'oppose à Achab. Les deux hommes ont des visions diamétralement opposées. Pour Starbuck, la chasse à la baleine est une activité commerciale devant rapporter un profit, profit qui doit aider la communauté. Pour Achab, cette même activité est le moyen de venger la blessure que la nature lui a faite, quitte à y sacrifier l'humanité toute entière.
À cause de l'obsession d'Achab, le bateau devient le lieu d'un huit clos. Tel le chef d'une secte, Achab, par sa verve d'illuminé, hypnotise son équipage et le convainc de le suivre dans sa quête destructrice. Achab est le visage caché de l'individualisme qui aboutit à tous les excès.
La baleine blanche n'a rien de diabolique : c'est un animal chassé qui se défend. Elle sera la fossoyeuse des basses œuvres, éliminant un être cruel et monstrueux qui a contaminé ses semblables. D'ailleurs, jamais Huston ne nous montre la baleine s'attaquant à l'homme. Cette baleine est à l'opposé de tous les animaux prédateurs que l'on voit au cinéma et qui cible une victime et l'attaque. Contrairement au récit biblique de Jonas, Achab et son équipage ne connaîtront ici aucune rédemption et connaîtront presque tous la mort. Sauf Ismael le narrateur du récit.



Image
La MGM ne nous offre pas une version restaurée. Si l'on compare le travail de restauration des classiques de la Fox avec ceux de la collection Vintage Classics, force est de constater que la MGM pourrait faire mieux. Cependant, l'interpositif utilisé pour cette édition DVD est, dans l'ensemble, bon. On remarque bien quelques égratignures et des saletés, mais elles n'ont aucune conséquence désagréable sur le visionnement du film.
Le transfert est correct, sans plus. L'éditeur nous offre un travail qui ne passera pas à l'histoire, mais il est nettement meilleur que toutes les versions VHS éditées à ce jour. Le ratio proposé est de 1.33:1 et, par conséquence, non anamorphique. Il s'agit bien du ratio original du film.
En 1956, Huston avait demandé un traitement spécial pour le développement du négatif. En privant le film d'un bain d'acide, on obtient une désaturation des couleurs, ce qui donne un aspect presque monochrome au film. Les teintes de peau des personnages gardent quand même une apparence naturelle. De plus, le dégradé des tons du blanc au noir est satisfaisant.
Malgré ses défauts, ceci constitue la meilleure image que nous pouvons avoir de ce film. Nous aurons peut-être droit à un nouveau transfert pour le cinquantième anniversaire de ce long-métrage.


Son
Le DVD propose trois bandes sonores : anglaise, française et espagnole. Cette dimension du DVD est de loin le point faible de cette édition. Le son monophonique d'origine ne semble pas avoir eu de traitement spécial. Le son est métallique et un léger souffle se fait entendre tout au long du film. Durant les moments où la musique se fait entendre, le son devient confus et le rendu est compressé. Les aigus sont stridents et les basses fréquences manquent de profondeur. Dans l'ensemble, les dialogues ont une bonne intelligibilité. Ce film aurait mérité un remixage complet, mais la MGM n'a pas cru bon de le faire. Comme c'est dommage!


Suppléments/menus
Aucune surprise à ce chapitre. Le DVD ne présente que la bande-annonce du film et, de plus, celle-ci est en fort mauvais état. Aucun livret n'accompagne non plus le coffret. La MGM reste fidèle à elle-même.



Conclusion
Avec Moby Dick, le catalogue des films disponibles en DVD vient de s'enrichir d'une oeuvre importante. Ce long-métrage d'aventure propose une formidable réflexion sur l'individualisme et l'obsession des hommes à dominer la nature. Voilà qui en fait un classique indémodable. Cependant, dans son obsession à vouloir gonfler son catalogue de DVD, il est bien triste que la MGM passe à côté de l'essentiel: offrir un produit de qualité qui comblera entièrement les attentes des DVDphiles.



Qualité vidéo:
2,8/5

Qualité audio:
2,0/5

Suppléments:
0,5/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
2,8/5
Auteur: Sylvain Lafrenière

Date de publication: 2001-06-25

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Toshiba 32 pouces, Récepteur Sony STR-DE945, Lecteur DVD Sony DVP-S360, enceintes Energy, câbles Cable Accoustic Research

Le film

Titre original:
Moby Dick

Année de sortie:
1956

Pays:

Genre:

Durée:
116 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.33:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono
Française Dolby mono
Espagnole Dolby mono

Sous-titres:
Français
Espagnol

Suppéments:
Bande-annonce

Date de parution:
2001-06-19

Si vous avez aimé...