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DVDEF

Dans les villes

Critique
Synopsis/présentation
On dit du cinéma québécois qu’il va très bien, qu'en fait il ne se serait jamais aussi bien porté. Difficile de contredire cette affirmation puisque le public québécois (et même étranger) ne s’est jamais autant rué dans les salles de cinéma ou dans les clubs vidéo pour encourager le cinéma fait chez eux. Les chiffres sont là pour le prouver. Ces chiffres qui sont devenus si puissants, si déterminants, ont engendré une véritable américanisation du système cinématographique québécois. Des producteurs qui ne prennent plus aucun risque (ou presque), des productions purement mercantiles et un culte pour le star-système sont les signes de cette américanisation. Ce qui en résulte souvent sont des films aux qualités totalement discutables. La dimension artistique du cinéma est complètement effacée au profit d’une chasse à la tête du box-office et au portefeuille du spectateur. Et c’est fort bien dommage.

Dans les villes, le dernier film de la cinéaste Catherine Martin, a malheureusement été victime de cette américanisation. Le film a été présenté au Festival du film de Toronto et au festival du Nouveau Cinéma à Montréal. C’est d’ailleurs là qu’il a probablement dû rencontrer son principal public. Car à force d’offrir au public québécois du cinéma exclusivement divertissant, celui-ci devient beaucoup moins sensible et attiré aux productions plus originales, moins communes. Et c’est pourquoi lorsqu’un film comme Dans les villes prend l’affiche, ce dernier passe complètement inaperçu.

Après son film Mariages, réalisé en 2001, Catherine Martin suit ici le périple de Fanny (Hélène Florent), une jeune femme qui soigne et sauve les arbres de la ville alors que la nuit, lorsque vient le temps de dormir, elle ne peut s’empêcher de pleurer. Elle rencontre alors Jean-Luc (Robert Lepage), un aveugle, alors que ce dernier lui demande de l’aide pour faire quelques achats. Il se trouve qu’ils habitent à quelques blocs près. Puis, un autre matin, Fanny aide Joséphine (Hélène Loiselle) à se relever d’une dure chute qui semble la laisser sans séquelle. Joséphine, elle, attend la mort et continue d’aller à chaque jour au petit café du coin tenu par une de ses amies. Finalement, il y a Carole (Ève Duranceau), une jeune fille suicidaire et émotionnellement instable qui croisera aussi le chemin de Fanny. C’est au contact de ces gens que Fanny retrouvera un certain espoir en la vie.

Le film de Catherine Martin est méticuleusement calculé. Aucun des éléments de l’histoire n’est inséré au hasard et chacun d’entre eux est lié au propos de la réalisatrice. Ce n’est donc pas pour rien que Fanny a ce rapport affectif, presque humain, avec les arbres. Et ce n’est pas un hasard non plus si le personnage de Jean-Luc aime la photographie. À ce jeu, le film devient très riche sur le plan métaphorique et lyrique, autant du point de vue scénaristique (la voix-off de Fanny) que du point de vue de la réalisation. À ce titre, Martin se distingue particulièrement de toutes les productions québécoises du moment en offrant ici une mise en scène des plus sublimes. Son cinéma est extrêmement lent et ultra contemplatif, ce qui donne lieu à des plans riches qui versent même dans le poétique. De longs et très beaux plans-séquences ainsi que d'autres images d'éléments de la ville et de la nature caractérisent cette mise en scène. Évidemment, cette réalisation s’impose presque d’elle-même étant donné le propos de la cinéaste sur la beauté. Martin est également épaulé par une distribution irréprochable, un travail exemplaire du directeur photo Carlos Ferland et une trame sonore magnifique signée Robert Marcel Lepage.

Ce serait mentir que de dire que Dans les villes est un film pour tous les publics. C’est une œuvre lente, contemplative et poétique où la réalisatrice Catherine Martin laisse parler ses images, de par leur force et leur pouvoir. La cinéaste a visiblement compris que le cinéma pouvait encore être un art et qu’à travers les productions plus mercantiles produites au Québec, il était toujours possible de produire une œuvre cinématographique et de proposer sa vision du cinéma. Si le paysage cinématographique québécois actuel vous ennuie, on ne saurait ne pas vous suggérer de découvrir cette œuvre riche et sublime, malheureusement noyée dans le flot plus commercial de notre production.



Image
Le film est offert au format d’image respectée de 1.78:1 d’après un transfert 16:9.

Voilà un transfert qui rend honorablement la facture visuelle du film qu’il sert. La définition générale de l’image est donc excellente. Hormis un grain cinématographique plutôt prononcé, l’image affiche une belle netteté. Le niveau de détails et de textures rendu est tout à fait acceptable. Le rendu des couleurs est également juste. Le transfert, dont le film mise beaucoup sur la richesse de ses images, profite alors de couleurs riches, précises, pleinement saturées et ne démontrant aucun problème de débordement. On ne notera aucun signe de surbrillance grâce à des contrastes qui demeurent brillamment gérés. Les dégradés sont précis et fluides et offrent de très belles parties sombres. Quant aux noirs, ils demeurent purs et profonds.

Finalement, la compression demeure relativement bien gérée occasionnant un très très subtil fourmillement à quelques reprises, mais il faut vraiment le chercher.



Son
Deux bandes sonores sont disponibles sur cette édition : Dolby Digital 5.1 et Dolby Stéréo 2.0, toutes deux offertes en version originale française.

Puisque ce genre de film ne se prête pas à bien des prouesses, le mixage 5.1 se veut donc très en retrait. Le dynamisme est adapté à ce type de production et la présence demeure convaincante et juste. Le déploiement du champ sonore s’effectue évidemment de façon limitée. La majorité des éléments sonores passent par l’avant, offrant donc une belle ouverture frontale et latérale, alors que les enceintes arrière demeurent réservées à des fins exclusives et très subtiles d’ambiance. Cela permet tout de même de créer une certaine « profondeur » au mixage si on le compare avec la bande son stéréo. Logiquement, les dialogues (constituant ici l’élément prédominant de la bande son) demeurent totalement et constamment intelligibles alors que la très belle trame sonore de Robert Marcel Lepage est parfaitement et subtilement intégrée au mixage. L’utilisation des basses se veut très rare, mais ces dernières se manifestent tout de même avec une certaine efficacité. Quant au canal d’extrêmes graves, son utilisation est inexistante ou presque, donc inutile de s’y attarder.



Suppléments/menus
On ne retrouve malheureusement que la bande-annonce du film en guise de supplément sur cette édition. Incroyablement décevant, étant donné la qualité et toute la richesse de l'œuvre.



Conclusion
Alors que les producteurs québécois s’américanisent au possible en nous offrant des productions étant de plus en plus mercantiles, il est agréable, réconfortant, voire même réjouissant d’admirer le travail de la cinéaste Catherine Martin. Dans les villes est assurément une œuvre à découvrir. C’est un beau et grand film aussi riche visuellement que thématiquement. On ne saurait faire autre chose que recommander ce film qui est en marge du paysage cinématographique québécois actuel.

Une édition qui n’a rien pour tout casser. Le transfert est beau, mais perfectible, le mixage se contente d’être fonctionnel et les suppléments sont tout simplement absents (si on exclut la bande-annonce). La véritable et unique motivation pour cet achat doit donc demeurer l’œuvre d’abord et avant tout, raison tout à fait valable tout de même!



Qualité vidéo:
3,5/5

Qualité audio:
3,0/5

Suppléments:
0,5/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
2,8/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2007-10-05

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Toshiba 27A43C, Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Dans les villes

Année de sortie:
2007

Pays:

Genre:

Durée:
88 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
TVA Films

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Française Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 stéréo

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Bande-annonce

Date de parution:
2007-09-25

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