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DVDEF

Metropolis

Critique
Synopsis/présentation
Metropolis est une réalisation de Rintaro (aussi connu sous le nom de Tarô Rin). C'est à cet homme que l'on doit les Uchû kaizoku Captain Harlock (1978) et Galaxy Express 999 (1979). Le scénario est de Katsuhiro Ôtomo connu surtout en Amérique du Nord pour Akira où il a agit en tant que réalisateur/scénariste et Rôjin Z dont il a assuré uniquement la scénarisation. Katsuhiro Ôtomo a en fait pour ce film adapté un manga de Osamu Tezuka (Astro Boy, Jungle Emperor Leo) datant de 1949.
Ce Metropolis n'est pas un calque, une reprise, du célèbre film de Fritz Lang mais bien une oeuvre qui s'en inspire et lui rend d'une certaine manière hommage.
Shunsaku Ban et Kenichi sont venu à Metropolis enquêter sur le Dr. Laughton, un scientifique qui travaille à la création de Tima. Tima, une jeune fille, est en fait un robot que le maître de la cité, le Duc Rouge, veut voir un jour règner. Mais tous ne l'entende pas ainsi; le fils adoptif du Duc Rouge, Rock, n'accepte pas qu'un robot puisse un jour dominer les hommes. Il sabote le laboratoire du Dr. Laughton dans l'espoir de détruire Tima. La jeune fille, inconsciente du destin auquel le Duc l'a destinée, sort indemme du feu qui a détruit le labo. Kenichi la retrouve, au fil de leurs déplacements dans Metropolis on découvre les différentes factions politiques/militaires qui agitent la cité. La cohabitation des robots et humains ne se fait pas toujours sans heurts...
Les deux Métropolis, ceux de Lang et Rintaro/Katsuhiro Ôtomo, abordent des enjeux totalement différents et leurs conclusions sont opposées. Il reste dans ce Metropolis certains éléments de l'oeuvre de Lang; sûrement la ville et son rôle est la plus grande similarité des deux oeuvres. Mais on retrouve aussi dans les deux cas un maître de la ville, un scientifique et sa création, un fils en opposition à son père, un trône qui accueillera l'être cybernétique...Sauf qu'ici ces éléments servent uniquement au développement de l'histoire, Rintaro/Katsuhiro Ôtomo abordent d'autres thèmes: les relations hommes/robots, l'homme célébrant sa force et sa technologie, le pouvoir des complexes militaro-industriels et la machine en tant qu'identité propre (symbolisé par Tima). Ces thèmes parlent de notre époque mais aussi du Japon.
Ce n'est pas un hasard si un très grand nombre d'animations japonaises mettent un scène des complexes militaro-industriels en pouvoir de force (pour ne pas dire totalitariste); on fait directement référence à l'histoire japonaise et la deuxième guerre mondiale. La conclusion de Metropolis rapelle, encore là, l'histoire du Japon et du seul pays victime d'un bombardement nucléaire. Sur un air de Ray Charles (I Can't Stop Loving you) on voit la Ziggourat, l'édifice gigantesque du Duc Rouge, s'effondrer en fracas. C'est un rappel direct à Dr.Strangelove (S. Kubrick) où sur We'll Meet Again, les images d'explosions nucélaires se succédaient. Les qualités de Metropolis en sont aussi les défauts; à trop vouloir embrasser de thèmes le film se perd en messages parfois confus et/ou mal dévelopés. Non pas qu'il n'y ait pas substance, loin de là, Metropolis a les aspirations d'un grand film mais n'y parvient pas toujours.
Visuellement cette oeuvre est à couper le souffle. Comme c'est le cas pour beaucoup d'animations produites depuis une dizaine d'années on combine animation traditionelle et image de synthèse (communément appelé en anglais CGI). Le résultat est ici époustoufflant et parfaitement intégré. Le raffinement des détails, la richesse des couleurs, les profondeurs et perspectives, l'aspect rétro-futuriste. On remarque dans l'approche quelques emprunts à Blade Runner et autres oeuvres de science-fiction mais que Rintaro à complètment intégré à son oeuvre: du très beau travail. Oublier la trame-sonore de Toshiyuki Honda serait injuste; le compositeur a écrit un thème diablement efficace; combiné aux airs de jazz le résultat est juste. Malheureusement cette réalisation est restée, en Amérique du Nord, confinée à des festivals et à quelques salles de répertoire. Le ton a probablement semblé trop sérieux et noir pour certains distributeurs habitués à ce qu'une animation signifie systématiquement comédie. La première nord-américiane du film eu lieu à l'automne 2001 dans le cadre du festival Fantasia à Montréal.



Image
Metropolis est présenté en format d'image de 1.85:1 (le format original) d'après un transfert anamorphosé et numérique.
Précisons d'amblée que ce transfert ne fut pas réalisé à partir d'une matrice numérique, tel Shrek, mais bien à partir d'un interpositif. La définition générale est somme toute excellente malgré un grain parfois visible. Les détails et subtilités sont soigneusement reproduits conférant à l'image une certaine tri-dimentionnalité. La colorimétrie, élément critique de ce transfert, est superbe. Les couleurs ont un bel équilibre; riches mais sans jamais déborder, subtiles mais jamais confuses. Ce transfert peut paraître à première vue dense mais il s'agit là d'une caractérisique de la photographie. A cet égard il est impératif, pour bien apprécier ce transfert, de visionner cette édition dans un environnement contrôlé. Le contraste parait correctement équilibré tandis que le niveau des noirs est juste; les dégradés offrent un bon niveau de détails. Les noirs sont purs et profonds.
Ce transfert aurait été de référence si on n'avait pas noté un léger fourmillement occasionnel et parfois un très léger manque de précision.



Son
Pas moins de quatre bandes sonores sont incluses; japonaises Dolby Digital 5.1 et DTS, anglaise Dolby Digital 5.1 et française Dolby 2.0 Surround.
Les mixages multicanaux 5.1 japonais sont les plus intéressants, particulièrement celui DTS. Les mixages 5.1 ne sont pas d'un dynamisme exacerbé mais ils ont la qualité d'offrir un champ sonore cohérent et articulé. Le son a une belle profondeur qui donne beaucoup de réalisme à l'univers sonore, mais de plus on utilise judiciseusement tous les canaux pour créer une atmosphère sonore immersive. Le champ stéréophonique est convaincant et les transitions avant/arrière parfois surprenantes. Ces mixages font une utilisation soutenue des canaux d'ambiophonie (son d'ambiance, trame-sonore) mais jamais tapageuse ou gratuite. Il faut noter l'excellente fidélité du son notamment des pièces musicales (airs de jazz) qui composent la trame-sonore; le travail de re-mixage est de très haute qualité. Les dialogues sont nets et jamais confus malgré la complexité du mixage. Les basses sont bien étalés et l'utilisation du canal .1 (LFE) soutenu mais jamais agressive.
Des deux mixages 5.1 celui en DTS est, de loin, le plus percutant. Le son est ample, plus détaillé et articulé. A entendre absolument!
Cette édition offre également des mixages anglais Dolby Digital 5.1 et français Dolby 2.0 Surround. Le doublage français est acceptable mais n'a pas la présence et l'impact des mixages multicanaux japonais.
Il y a option de sous-titrage en anglais (tel que vus au cinéma en Amérique ou le sous-titres anglais réalisé ai Japon), français, espagnol, portugais, coréen, chinois et tailandais.


Suppléments/menus
Ce titre a la particularité d'être la première édition d'envergure à offrir un mini DVD. Si le film en tant que tel est offert sur un disque DVD conventionnel de 12 cm tous les suppléments ont été regroupés sur un mini DVD de 8 cm.
Le supplément le plus intéressant est sans contredit Animax Special: The Making of Metropolis. D'une durée d'environs trente-trois minutes ce documentaire, en japonais mais avec option de sous-titrage en anglais, à des allures promotionnels. Cependant, les informations données sont souvent pertinentes et à point, notamment lorsque Rintaro/Katsuhiro Ôtomo interviennent pour expliquer leurs démarches. Un des passages les plus captivant est certainement lorsqu'il défininissent, comparent, les animations japonaises à celles produites par Disney...Très révélateur. On peut également entendre et voir les acteurs/actrices qui ont prêté leurs voix aux personnages, quelques'un des animateurs et le compositeur de la trame-sonore.
On peut par la suite voir deux séquences (Wheel Room et City View) à différents stades de développement. Pour chacune des séquences on peut alterner entre les différents stades de développement via la fonction multi-angle ou observer indivudellement les différentes étapes d'animation. Sans être nouvelle cette approche est instructive, ce qui est dommage est qu'aucun commentaires ou sous-titrages nous éclairent sur chacuns des stades de développement. A moins d'être très au fait des techniques d'animation il est ardu d'apprécier le travail, visiblement complexe, réalisé par les animateurs.
Suit un supplément qui nous offre une entrevue de sept minutes avec le duo Rintaro/Katsuhiro Ôtomo. Là encore tout est en japonais mais il y a option de sous-titrage en anglais. Sept minutes sont bien trop courte pour saisir tous les enjeux de cette production, heureusement on ne s'est pas trop éparpillé. La réflection de Rintaro sur les technologies numériques en animation sont empreintes d'une belle maturité. Cette édition offre également une galerie d'images. Divisé en trois sections (Tima & Kenichi, Supporting Cast, Art Direction) c'est un peu plus d'une trentaine de dessins qui nous sont proposés. Là encore des notes manuscrites auraient été certainement de mise.
Complètent ces suppléments de courtes biographies, en anglais, de Rintaro/Katsuhiro Ôtomo (incorrectement nommé filmographie) et des notes de production sur le film (6 pages). Les présentations de textes en diagonal sont particulièrement agaçantes à lire...




Conclusion
Ne serait-ce que pour son style et l'atmosphère qu'a su créer le duo Rintaro/Katsuhiro Ôtomo ce film d'animation vaut certainement la peine. Cette édition est de plus, techniquement, de qualité. L'image est d'une belle facture tandis que les mixages multicanaux étonnent par leur fidélité. On aurait aimé en savoir un peu plus sur la création du film, on a tout de même mis cinq ans à réaliser ce Metropolis ...


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
4,1/5

Suppléments:
3,7/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,9/5
Auteur: Mathieu Daoust

Date de publication: 2002-04-10

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Widescreen 16:9 Toshiba TheaterWide TW40X81, Récepteur Pioneer Elite VSX-07 TX, Lecteur DVD Pioneer Elite DV-37, enceintes Paradigm, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Metoroporisu

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
107 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Columbia Tristar

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Japonaise Dolby Digital 5.1
Japonaise DTS
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français
Portugais
Espagnol
Coréen
Chinois
Thailandais

Suppéments:
Documentaire, entrevues, deux séquences à différents stades de développement, notes de production, biographies, galerie d'images

Date de parution:
2002-04-23

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