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DVDEF

Grave of the Fireflies

Critique
Synopsis/présentation
En 1996, Disney a acquis les droits de distribution du film Princess Mononoke ainsi que la distribution de huit films en format vidéo du studio Ghibli, compagnie du très reconnu animateur Japonais Ayaho Miyazaki. Le dernier film en date des studios, Spritied away qui sorti au quatrième trimestre 2002 sur nos écrans était lui aussi distribué par Disney.

Ghibli (prononcer Ji-Bu-Li) est le studio d'animation le plus reconnu, tant au Japon que par la plupart des studios d'animation du monde. Disney dans cet accord avec Tokuma se proposait de faire enfin découvrir la richesse de l'animation japonaise en amérique du Nord. Malheureusement les campagnes marketing visant le grand public ont toujours été timides, et n'ont pas su créer l'engouement que ces productions mériteraient.

La liste des films magnifiques de ce studio est édifiante, pour les plus récents, Princess Mononoke et Spirited away, mais on peut aussi y rajouter Nausicaa, Porco Rosso, Tonari no Totoro (Mon Voisin Totoro), Laputa et bien d'autres. C'est donc dans cette période active mais néanmoins timide de découverte de ces oeuvres que Grave Of the Fireflies nous parvient au format DVD.

De l'accord avec Disney, il convient de constater que ce film est le seul à ne pas avoir été inclus. La distribution et le conditionnement ont donc été confiés à Central Park Media qui nous offre ici la chance de pouvoir découvrir un des plus fabuleux film de l'animation Japonaise.

Autant le dire de suite, ce film est très dramatique, et même le plus dur à la peine aura beaucoup de mal à retenir ses larmes. Le sujet traité est comme pour les autres films de Ghibli très loin des robots et des standards mangas que la télévision nous diffuse. Ce film traite de la guerre, et de son impact sur la vie des civils, plus particulièrement sur la vie de deux enfants durant la guerre qui oppose Les États-Unis et le Japon.

Dans la ville de Kobe, bombardée de bombes incendiaires, deux enfants, L'ainé Seita et sa petite soeur Setsuko se voient devenir deux orphelins de guerre. Après un bref séjour chez une irrascible tante, ils décident de se débrouilller par eux mêmes.Rapidement la fin et la misère vont les rattraper et imposer l'horreur de la guerre à deux inocentes victimes.

Cette histoire romancée est basée sur une autobiographie de l'auteur Akiyuki Nosaka, histoire assez connue au Japon. Ce scénario était assez consistant pour en faire un film avec de vrais acteurs, mais le choix de le faire en animé donne encore plus de force à cette histoire. Certaines images sont en effet très dures, et le fait de pouvoir y assister sous une forme animée permet une distanciation nécessaire avec ce que l'on voit. Certaines scènes avec de vrais acteurs auraient été intolérable visuellement tant la peine qu'elles dégagent est forte. Nous aurions été aveuglé par l'image et aurions mis de côté le message anti-guerre sous-jacent mais central.

Ce film porte toute la touche des animations japonaises. L'image, ou plutôt le dessin est tout en dégradé, comme fait avec de la peinture à l'eau. Ce choix stylistique nous offre de magnifiques images, et est très représentatif de l'oeuvre du réalisateur Isao Takahata.

Ce dernier est l'un des cofondateurs des studios Ghibli, et à très souvent travaillé sur des films avec Miyazaki. Ci ce dernier était le plus souvent plongé dans l'animation le tandem s'est construit autour des qualités de producteur de Takahata. C'est d'ailleurs son premier film en tant que réalisateur. Suivront Only Yesterday en 1991, puis Pom Poko en 1994. En 1999, il a réalisé le film My Neighbours the Yamadas, dont Disney a acheté les droits pour les salles et la distribution. À noter que ce dernier film est le premier de Ghibli à avoir été fait numériquement. Certains passages de Mononoke et Spirited away utilisaient les technique de CG, mais Yamadas n'a pas été du tout posée sur transparents. Le plus intéressant est que ce choix du tout CG a été fait afin de donner une apparence la moins réaliste possible aux tribulations de cette famille japonaise.

Récipiendaire du Chicago International Children's Film Festival, Adult Jury's awards, et encensé par la presse et les critiques, Grave of the firefiles est considéré par plusieurs comme un des films anti-guerre les plus aboutis du cinéma, et le fait qu'il soit en format animé y est très certainement pour quelque chose. Les personnages sont, comme pour la plupart des films du studio Ghibli, très réalistes dans leur description (à part le Cochon aviateur de Porko Rosso naturellement). Suivre ces deux enfants dans l'apreté d'une guerre qu'ils ne comprennent pas est un magnifique voyage, ou se mèle à la dure réalité de cette époque des scènes d'une infinie poésie et d'une beauté plastique et artistique réellement rafraichissante.

Les amateurs des animations Disney traditionnelles seront certainement surpris au premier abord. Qu'il s'agisse de l'animation ou du dessin, on s'éloigne de la volonté de "faire vrai" au profit de "faire de l'art visuel". Le résultat est que ce choix visuel, couplé à des personnages forts et une histoire solide, nous mène dans un magnifique film poignant et triste, mais qui restera dans les mémoires de ceux qui l'ont vu.


Image
Contrairement à la première édition DVD proposée en 1998 par Central Park Media, le transfert est ici anamorphosé au format 1:66.1, respectant ainsi le format original.

Central Park Media a réussi à obtenir un internégatif de qualité exempt de tous défauts apparents, et s'est appliqué à restaurer l'image (via un procédé appelé DVNR). Autant le dire tout de suite, ils ont fait un excellent travail.

La définition est d'un très bon niveau. Les détaills sont toujours finement présentés et les textures, quoique très artisitque sont toujours justement rendues.

L'étalonnement des couleurs a été très bien fait. Celles-ci sont constantes sur toute la longueur du film, et restituent fidèlement les choix stylistiques de l'oeuvre. Nous n'avons constaté aucun débordement, mais le choix stylistique de ce film autoriserait de toute façon ce genre de problème, tant l'apparence couleur à l'eau et les transitions se font délicatement (En totale opposition avec les dernières productions nord américaines qui mettent souvent l'emphase sur les volumes de couleurs en les encadrant d'une ligne noire).

Les contrastes sont bien gérés, et la brillance toujours juste. Les scènes de nuits notamment, éclairées seulement de temps en temps par les lumières des lucioles sont réellements réussies, tant du point de vu de la qualité de l'image que du point de vu de la création. Les parties sombres sont toujours détaillées, et les noirs profonds et exempts de tous défauts.

La compression est de bonne facture elle aussi, néanmoins quelques fourmillements on été constatés (surtout dans les ciels avec des nuages), mais rien qui puisse géner le visionnement. Aucun problème de surdéfinition n'a été constaté, mais comme pour les couleurs, l'approche visuelle de ce film n'invite pas à ce genre d'erreur.

Une édition qui présente donc une très belle image. Le travail fait pour restaurer les couleurs originales et gommer les problèmes que l'interpositif aurait pu avoir a été fait avec soin, et nous permet de profiter de ce film de manière très agréable.


Son
Seules deux bandes sonores sont proposées au format Dolby Stereo. La première en doublage Anglais et la seconde en japonais sous titré en anglais.

Comme pour l'image la restauration de la bande son a été faite avec soins. La bande sonore se déploie complètement des deux enceintes avant et ne manque pas dynanisme lorsque nécessaire.

Le champ sonore se présente correctement et la séparation stéréophonique est bien rendue. La très belle musique de Yoshio Mamiya s'intègre parfaitement et sait rehausser et définir adéquatement les sentiments à mettre en valeur.

Le doublage anglais est de bonne facture, et les voix sont naturelle (et très bien jouées). Celles-ci s'intègrent parfaitement dans ce film et s'adaptent toujours bien aux environnements. Aucun décalage n'a été constaté durant les visionnements.

Il est difficile de parler des basses ou du canal LFE qui ne sont pas vraiment au centre de cette bande son. Par contre, il convient de dire que cette dernière est très bien rendue, même si quelques fois il nous a semblé que les plus hautes fréquences étaient un peu trop appuyées par rapport au reste du spectre sonore. La bande sonore japonaise a les mêmes caractéristiques générales.

Comme pour l'image, le travail de restauration a été bien fait nous offrant dans son format sonore original une bande son très convaincante, toute en finesse et en détails musicaux.

Il faudrait aussi parler des silences entendus au fil des ces bandes-son sonore. Ils sont assez souvent utilisés pour marquer un passage dramatique ou pour marquer des pauses (tout comme certains plans images sont là pour prendre des pauses et prendre le temps de réfléchir). Ces ruptures de rythmes permettent de mieux apprécier la naration, et réussissent à mettre la musique en valeur dès qu'elle comble le vide par une présence discrète mais toujours appropriée.

On regrettera l'absence de tout contenu en français, tant audio qu'au niveau des sous-titrages.


Suppléments/menus
Central Park Media nous offre ici une très belle édition, dans une collection intitulée "Collector's Series". Les deux disques présents sont des simples faces doubles couches. Le deuxième disque se compose de la majorité des suppléments.

Le premier disque en plus de nous offrir le film et ses bandes sonores nous propose les scénarimages complet du film. Il est intéressant de noter que ces scénarimages sont accessibles en tous temps en utilisant la fonctionnalité "angle" du lecteur DVD. Une série de bandes annonces (trois animés et deux films) est aussi proposée.

Les suppléments offerts avec le deuxième disque sont nombreux ce qui est tout à l'honneur de Central Park Media.

On retrouve tout d'abord une entrevue réalisé en compagnie de Roger Ebert. Ce critique a en effet placé cette réalisation dans sa liste des cents films les plus importants de l'histoire du cinéma. Il expose dans une interview très agréable les raisons de son choix et ce qui fait de ce film un film à part. Cette interview nous a semblé à propos surtout pour les néophytes de l'animation japonaise. En effet, Ebert passe en revue les grands points de l'animation japonaise et met à la portée du public une vision juste et techniquement fiable de l'animation japonaise en général.

Puis un section intitulée Creative Team Extra nous offre des segments relatifs à la production du film. Une longue entrevue faite auprès du réalisateur Isao Takahata (17 minutes), réellement passionnante, nous permet de mieux saisir l'homme et sa vision. La biographie de ce dernier ainsi que de celle de l'auteur du roman dont est inspiré le film sont aussi disponible en format texte. Enfin, un segment de six minutes nous présente le documentaire promotionnel qui avait été fait lors de la sortie en salle de ce film au japon.

En contrepoids de cette section qui traite de la production du film, une section traitant de la production de cette édition DVD est incluse. On y retrouve un court documentaire sur la technologie de restauration utilisée intitulée DVNR Featurette (trois minutes et demi) et une galerie d'images intitulée Art Gallery, On y retrouve aussi un segment de deux minutes trente vraiment passionnant, intitulé Location Then and Now, qui nous propose de voir les lieux clefs de ce film de nos jours (pour la plupart bétonnés maintenant). En plus de la bande annonce pour la sortie de ce DVD en anglais, nous trouvons la bande originale japonaise d'époque, qui permet de voir le travail remarquable de restauration faite Central Park Media. Pour terminer cette section, une dizaine de storyboard (scénarimage) de séquences jamais tournés peuvent être vues.

Le dernier élément est un reportage de douze minutes et demi intitulé Historical Perspective. Deux personnes, apparemment spécialistes du Japon et de la guerre y exposent quelques grands faits ayant rapport avec le film. Ce segment à été trés bizarrement fait, tant du point de vu du cadrage utilisé pour filmer ces intervenants que dans les contenus. Ces deux personnes étaient visiblement très impressionnées par le caméra et sont excessivement tendues. De plus il convient de noter que la prise de son a posé des problèmes, de nombreux sifflements et parasites venant perturber l'écoute.

Comme noté plus haut, c'est un véritable tour de force que d'avoir pu colliger autant de suppléments pour un film qui date déjà de quinze ans. Le contenu est de qualité et viennent compléter de manière fort agréableblement cette édition.



Conclusion
Central Park Media nous offre une solide édition pour un film dont la popularité est malheureusement moindre.

Un très bon travail de restauration et des suppléments adéquats sauront nous l'espérons vous donner envie de visonner cette édition. La qualité générale de cette édition en fait un indispensable, tant pour les amateurs d'animation japonaise, que pour tous ceux qui aiment les films touchant et artistiquements irréprochables.

Par contre, on regrettera l'Absence de tout contenu en français. Des sous-titrages auraient été appréciés.


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: Thomas Geffroyd

Date de publication: 2002-11-07

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Sony Wega KV27; Préampli Audio Refinement par YBA Pre-2; Ampli Audio refinement par YBA Multi-5; Enceintes JmLabs; Sub REL Strata III; Lecteur DVD Denon DVD-1600; cables et interconnects Cardas/Audioquest.

Le film

Titre original:
Grave of the Fireflies

Année de sortie:
2002

Pays:

Genre:

Durée:
93 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Central Park Media

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.66:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Japonaise Dolby 2.0 stéréo
Anglaise Dolby 2.0 stéréo

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Scénarimage; interview du réalisateur, segment sur l'époque historique et les lieux de nos jours, segments sur la production du DVD et de la restauration, gallerie d'image et bandes annonces

Date de parution:
2002-10-08

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