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DVDEF

Hearts in Atlantis

Critique
Synopsis/présentation
Bien qu'il n'ait que trois films à son actif, le parcours du réalisateur australien Scott Hicks en est un des plus intrigant et intéressant. Pourtant, Hicks n'a jusqu'ici connu qu'un seul succès commercial, à savoir son tout premier film Shine. Hélas, trop de gens ne se souviennent de Shine que pour l'extraordinaire performance de Geoffrey Rush, qui est d'ailleurs devenu l'un des acteurs les plus célébrés et les plus en demande de l'industrie. Mais au-delà de cette performance oscarisée se révèlait à l'écran un véritable talent de réalisateur. Un réel metteur en scène inspiré, passionné et intelligent. Bien que trop peu soulignée, sa merveilleuse mise en scène pour Shine lui ouvrit néanmoins quelques portes chez des producteurs d'Hollywood, qui flairèrent un talent. Opportuniste, Hicks prit un sérieux risque en réalisant non pas une œuvre un tant soit peu commerciale pour le faire connaître, mais plutôt un film exigeant, langoureux et poétique. Une superbe oeuvre personnelle et passionnée qui fut négligée par les critiques et carrément oubliée par les cinéphiles. Ce petit bijou s'intitulait Snow Falling on Cedars, et démontrait en Hicks une réelle signature de cinéaste, de par sa remarquable composition d'image, inventive et stylisée à souhait. Mais comme le film fut un échec commercial et voir même critique, les studios sont désormais sur leur garde avec le réalisateur. Dorénavant, avant de pouvoir à nouveau réaliser une œuvre aussi ambitieuse et personnelle, il devra faire ses preuves, c'est à dire accoucher d'un film qui saura rallier public et critiques, un film commercialement viable en soit. Apparemment, Hicks a répondu à cet appel et nous offre aujourd'hui Hearts in Atlantis.
L'œuvre, basée sur un roman de Stephen King, raconte les liens d'amitié tissés entre un enfant de 11 ans et un sexagénaire l'espace d'un été. L'enfant, orphelin depuis qu'il a 5 ans, verra évidemment en l'homme le modèle masculin qu'il n'a jamais eu. Le mentor, donc, qui l'aidera à franchir avec noblesse le pas qui sépare l'enfance de l'adolescence. Mais ce que l'enfant ignore, c'est que le vieil homme cache un secret accablant, qui pourrait tous les mettre en danger !
N'ayez crainte, Hearts in Atlantis ressemble bien plus à Stand by Me qu'à un ouvrage d'épouvante signé Stephen King. Le sujet du film est d'avantage axé sur le parcours initiatique d'un enfant que le secret qui hante le vieil homme. Ce secret ne semble être en fait qu'un prétexte à ajouter un peu de magie dans l'univers ludique de l'enfant. D'ailleurs, il semblerait que le scénariste et le réalisateur ignoraient quoi faire de cette trame mystérieuse et insolite, puisque ce trait du sexagénaire apparaît à la fin sous-développée et confuse. Justement, confusion serait peut-être le mot qui définirait le mieux cette œuvre. Visiblement, Scott Hicks avait trop d'éléments à exploiter et il n'a fait que s'enliser dans un projet mal définie. La relation entre les personnages est intéressante mais manque quelque peu de profondeur tandis que l'intrigue est reste superficielle. Franchement, on se demande où diable les auteurs ont voulus nous amener avec ce film. Reste tout de même que Hicks est un metteur en scène redoutable. Bien que sa réalisation ici soit nettement plus anonyme que dans ses deux films précédents, l'homme ne manifeste pas moins une grande habileté à insuffler au film un climat, une ambiance bien distincte grâce à des éclairages chaleureux et une composition d'image minutieuse. Ici, il donne beaucoup de profondeur et de dimensions à ses plans en les meublant de miroirs ou d'autres objets produisant un reflet. Mentionnons aussi la toujours solide interprétation d'Anthony Hopkins mais aussi celle du jeune Anton Yelchin, touchant et convaincant dans le rôle du petit garçon. La musique du film remplit également merveilleusement bien son rôle en insuflant douceur et nostalgie à l'ensemble.
Bref, Hearts in Atlantis est un film confus et imparfait qui se cherche mais néanmoins agréable à regarder ne serait-ce que pour ses qualités formelles. Souhaitons seulement que Scott Hicks enchaîne avec une œuvre nettement plus inspirée et inspirante…


Image
Le film nous est ici présenté en format original de 2.35:1 d'après un transfert anamorphosé de très bonne qualité. L'image et nette et bien définie, les détails sont rendus avec précision. Seuls quelques rares plans extérieurs affichent un très léger manque de piqué. Le rendu des couleurs est excellent. Celles-ci sont riches, purs et parfaitement bien saturées. Nous ne remarquons aucun débordement. Comme la photographie est souvent stylisée, il est impossible de juger de la colorimétrie, mais très certainement elle traduit admirablement bien l'atmosphère du film. La brillance est sans fluctuation tandis que le contraste est correctement équilibré. Les dégradés des parties sombres sont rendus tout à fait adéquatement, les noirs sont purs et profonds.
L'interpositif ne présente aucun défaut quel qu'il soit, et le transfert ne souffre d'aucun défaut de compression apparent. On remarque une légère sur-définition des contours mais nullement agaçante.


Son
Cette édition offre deux bandes-son en format Dolby Digital 5.1, soit une anglaise et l'autre française.
À l'instar du transfert vidéo, ces mixages sont de très bonne qualité; le son est ample et bien définie. Le champ-sonore se déploie de tous les canaux, sans pour autant que les enceintes arrières soient sur-utilisées. Au contraire, les effets d'ambiophonies sont subtils et intelligents, ils créent l'ambiance. La trame-sonore est efficacement intégrée. Elle est rendue fidélité et avec une énergie qui parfois étonne. Les pièces musicales datant des années 50 présentes dans le film profitent très bien de ce mixage, bien que la fidélité soit évidemment moindre. Les dialogues sont toujours intelligibles, par contre ceux-ci manquent parfois de naturalité, l'intégration n'est pas optimale. Cette particularité des dialogues marque aussi le doublage français.
L'utilisation du canal .1 (LFE) est sporadique et limité.
Il y a option de sous-titrage en français et anglais.


Suppléments/menus
Peu de suppléments sont offerts avec cette édition, mais leur qualité compense nettement pour cette lacune.
Vous ne retrouverez sur cette édition aucun supplément inutile, complaisant ou même promotionnel (mis à part la bande-annonce, évidemment). Il y a tout d'abord une excellente piste de commentaires audio animée par le réalisateur Scott Hicks. Ceux qui ont entendus les pistes de commentaires pour Shine ou Snow Falling on Cedars savent que Hicks est un animateur enthousiaste et articulée. Deux qualités à nouveau évidentes avec cette piste. Hicks profite de tout le temps mis à sa disposition pour aborder le plus de sujets possibles. Et l'homme ne se contente pas seulement de raconter des anecdotes insipides. Il explique ses intentions, nous offrant même une lecture du film et de la psychologie des personnages. Franchement, cette piste rend le film encore plus intéressant que nous ne l'aurions cru !
Suit une entrevue de 30 minutes avec Anthony Hopkins, interrogé par Scott Hicks lui-même. Que voici une excellente entrevue. Les deux hommes parlent en toute franchise, sans complaisance. Sir Hopkins parlent des jeunes acteurs du film, de son attrait pour le projet, de ses expériences personelles, etc. Les questions de Hicks sont toujours pertinente et intelligente. À ne pas manquer.
Vous retrouverez finalement la bande-annonce originale, des filmographies ainsi qu'une galerie de photographies prises sur le plateau.




Conclusion
Si le film ne comble pas entièrement nos attentes, il n'en demeure pas moins qu'il s'agit d'une œuvre fort bien réalisée et bien interprétée, ce qui en fait un divertissement des plus potable. En soit, cette édition en est une des plus honnête qui présente une qualité d'image presque impeccable et un mixage sonore subtil et intelligent. Quant aux suppléments, leur nombre peu nombreux pourrait en décevoir certains, mais leur qualité et leur intérêt compense largement pour cette lacune.


Qualité vidéo:
4,1/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
2,8/5

Rapport qualité/prix:
3,7/5

Note finale:
3,6/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2002-03-03

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Hearts in Atlantis

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
101 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Piste de commentaires audio, entrevue avec Anthony Hopkins, galerie d'images et bande-annonce.

Date de parution:
2002-02-12

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