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DVDEF

Cashback

Critique
Synopsis/présentation
Cashback est un long-métrage qui entre parfaitement dans la catégorie de films dont le passé et la réputation dépassent complètement la qualité du métrage. D’abord, Cashback était un court-métrage de dix-huit minutes. Le réalisateur Sean Ellis avait réussi, en ce court laps de temps, à raconter l’histoire d’un jeune homme, travaillant de nuit dans un supermarché, et qui pour réussir à oublier sa peine d’amour, arrêtait le temps et profitait de la beauté que lui offrait ainsi le moment présent. Visuellement très riche, le court-métrage a d’ailleurs récolté une nomination aux Oscars en 2006 dans la catégorie meilleur court métrage. Donc voilà, le succès critique et public du film ont poussé Ellis (et les producteurs, très fort probablement) à transposer tout son matériel dans un long-métrage.

La publicité nord-américaine promouvant le long-métrage avant sa sortie au printemps 2007 est excessivement trompeuse. Les critiques annoncent Cashback comme étant la huitième merveille du monde, comme une révolution cinématographique et Sean Ellis, le réalisateur, comme le sauveur du septième art. Or, il est encore aujourd’hui impossible de s’assurer si ces critiques faisaient référence au court-métrage ou encore au nouveau long-métrage auquel nous nous intéressons ici. Mais, il va néanmoins de soi que les attentes étaient excessivement élevées, malgré le fait que toute cette publicité pouvait laisser perplexe et très douteux quand à la réelle qualité du métrage. De plus, ce que nous proposaient les images de la bande-annonce étaient loin de s’apparenter au genre auquel appartient réellement Cashback.

Ellis, également scénariste, a gardé la même histoire pour la transposition : Ben Willis (Sean Biggerstaff), jeune apprenti artiste, vient de rompre avec sa petite amie Suzy (Michelle Ryan). Le choc émotionnel le perturbe énormément et Ben devient alors insomniaque. Ayant maintenant huit nouvelles heures dans sa journée avec lesquelles il ne sait quoi faire, Ben décide de se faire engager de nuit comme commis dans un supermarché. À partir de ce moment, Ben se rendra compte que le temps est son pire ennemi et qui s’il veut que ses heures au travail passent plus vite, il doit trouver un moyen de passer le temps. Or, sa façon est d’arrêter le temps et d’admirer la beauté que lui procure le moment présent, plus particulièrement les rondeurs des femmes qu’il se plaît à dessiner.

Vous vous en doutiez, Cashback est loin d’être un film d’auteur et encore moins un film révolutionnaire. Il devrait être présenté comme une comédie romantique pour adolescents, mais avec un peu plus de contenu et de saveur. Outre les principaux protagonistes, les personnages secondaires semblent directement sortis d’un film de la série American Pie. À ce titre, les personnages de Matt et de Barry peuvent facilement rivaliser contre Stiffler d’American Pie tellement leur degré de maturité est comparable. À l’opposé, nous retrouvons Sean, mélancolique et transparent, et Sharon, une caissière simple et attachante. Peut-être était-ce voulu, mais cette constante opposition entre deux tons pendant le film (humour gras vs. mélancolie et romantisme), représentés par différents groupes de personnages, empêche l’histoire de réellement trouver écho chez le spectateur.

Par contre, visuellement, Ellis conserve son flair du court-métrage et offre plusieurs moments d’une somptueuse beauté. Bien qu’emprunté directement au court-métrage, le premier moment où Sean fige le temps et explore le moment qu’il contemple est digne de mention. La scène finale est également somptueuse et d’une beauté absolue. Heureusement, ces moments ne sont pas simplement beaux, ils servent aussi le propos du réalisateur sur le temps (bêtement annoncé dans la bande-annonce). Par contre, à l’exception de la scène du supermarché pendant laquelle Ben fige le temps et qui était présente dans les bandes-annonces, les scènes de nudité sont employées de façon gratuite et sont tout à fait digne d’un film pour adolescents.

La transposition au long-métrage permet logiquement à Ellis de développer davantage ses personnages. Il donne à Ben et à Sean, le meilleur ami de Ben, une enfance ou du moins des moments la caractérisant et expliquant en partie leurs actions et leurs réactions dans le présent. On regrette seulement que le cinéaste n’ait pas utiliser ces flashbacks à des fins qui dépassent le simple désir de raconter une histoire, mais de les intégrer à son propos sur le temps. Toujours avec le personnage de Ben, Ellis pousse plus loin la réflexion sur le métier d’artiste du jeune homme. On sent chez le cinéaste ce désir de faire comme Ben et de capturer le temps et de le rendre à l’image. C’est ainsi l’occasion de voir en l’artiste qu’est Ben, l’incarnation directe du métier de cinéaste et de toutes les ambitions que semble détenir Ellis.

Cashback est donc à ne pas confondre. C’est une comédie romantique pour adolescents dotée d’une réalisation impeccable, et à quelques moments très riche, et qui possède un propos sur le temps et une réflexion sur la création. C’est donc un film à découvrir, de préférence en étant bien informé sur celui-ci et en le confondant pas avec ce que nous présentent les trop nombreuses bandes-annonces faisant l’éloge du dit film.



Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.35:1 d’après un transfert 16:9.

Première déception : Cashback étant une production européenne, Alliance nous offre un transfert NTSC obtenu par un transcodage de la version PAL. Nous nous retrouvons donc malheureusement avec le principal défaut d’un transfert en PAL, ce qui a pour effets majeurs de créer des dédoublements de l’image ainsi qu’une impression de flou. Mais heureusement, tous les autres éléments du transfert s’en tirent haut la main. Le niveau de détails et de textures offert est excellent, l’étalonnage de couleurs est exemplaire présentant des couleurs riches et précises et les tons de peaux demeurent naturels. Quant aux contrastes, ils sont également parfaitement gérés évitant ainsi toute forme de surbrillance. Nous avons également droit à des dégradés fluides offrant ainsi des parties sombres précises. Ce sont des noirs purs et profonds qui complètent ce transfert.

Rien à noter du côté numérique, puisque logiquement la présence unique du film sur le disque évite tout défaut apparent.



Son
Deux bandes sons sont offertes avec cette édition, toutes deux au format Dolby Digital 5.1. Elles sont disponibles en versions anglaise et française. C’est évidemment le mixage original anglais qui a été pris en considération pour cette critique.

Deuxième déception : le mixage manque énormément de présence et de dynamisme. Bien sûr, étant donné le genre de film, on s’y serait attendu, mais ici la bande son est techniquement en-dessous de ce qui est généralement proposé dans le genre. Le déploiement du champ sonore est correct. Les ouvertures frontale et latérale sont précises, mais les enceintes arrière demeurent excessivement discrètes. Il ne faut donc pas compter sur les effets d’ambiophonie ici. Les dialogues ne sont pas toujours totalement intelligibles. Il faut mettre le volume au-delà du raisonnable pour arriver à tout distinguer. Par contre, la trame sonore s’intègre superbement au mixage et fait preuve d’un solide support de la part des basses, qui elles, grondent occasionnellement et de façon plutôt subtile. Quant au canal d’extrêmes graves, son utilisation se limite à une seule reprise, mais elle est d’une rare efficacité. En somme, un mixage décevant et en-dessous de ce qui est produit pour servir le genre.

Des sous-titres anglais et français sont disponibles.



Suppléments/menus
Seules les bandes-annonces en versions originale anglaise et française sont disponibles en guise de suppléments. Elles pourront donner une idée, à ceux qui découvrent le film, sur comment était présenté Cashback avant sa sortie.



Conclusion
Même s’il est à des années lumières d’être ce que l'on annoncait, Cashback demeure une comédie romantique de qualité. Le passage du film de court-métrage à long-métrage a donné lieu à certaines forces et certaines faiblesses. Le film semble partagé entre plusieurs tons, mais la pertinence de ses réflexions sur le temps et sur la création font de Sean Ellis un réalisateur britannique à surveiller.

Une édition absolument décevante sous tous les aspects. La méthode employée pour obtenir le transcodage n’est pas la plus attrayante visuellement, le mixage se contente d’être à peine fonctionnel et les suppléments sont tout simplement absents. Il reste l’œuvre, bien sûr, mais c’est débourser beaucoup pour ce film et pour si peu offert du point de vue technique.



Qualité vidéo:
2,9/5

Qualité audio:
3,0/5

Suppléments:
0,5/5

Rapport qualité/prix:
2,5/5

Note finale:
2,5/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2007-08-13

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Toshiba 27A43C, Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Cashback

Année de sortie:
2006

Pays:

Genre:

Durée:
97 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Alliance Atlantis

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Bandes-annonces (versions anglaise et française)

Date de parution:
2007-07-24

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