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Guerre est finie, La

Critique
Synopsis/présentation
Alain Resnais (1922 - ) est l'une des plus importantes figures du septième art. Ce diplômé de l'IDHEC en montage, qui amorce sa carrière à titre de documentariste, deviendra l’un des chefs de file de l'avant-garde, mouvement issu de l’union du nouveau roman au cinéma. Il signe des films importants tels que Nuit et brouillard, Hiroshima mon amour, L'année dernière à Marienbad, Providence et Mon oncle d’Amérique. À 84 ans, Resnais ne cesse de travailler et son dernier long métrage, Cœur, a remporté le Lion d’argent à la Mostra de Venise en 2006.

Bien que le cinéma de Resnais soit, commercialement parlant, « l’antisuperproduction » par excellence, il a fait les beaux jours des ciné-clubs du monde entier. Son œuvre ne s’impose pas toujours de manière évidente et peut même sembler quelque peu rébarbative à un public non averti : des réalisateurs comme David Lynch lui doivent pourtant beaucoup.

L'idée principale sur laquelle repose sa démarche cinématographique consiste à simuler la complexité du mécanisme de la pensée humaine. Il nous arrive tous de laisser vagabonder notre pensée, nos souvenirs se transformant et surgissant alors de façon aléatoire. En somme, tout devient possible dans notre tête : le meilleur, comme le pire. Pour Resnais, cette faculté offre de très intéressantes avenues à explorer. Il va sans dire que nous sommes bien loin d'Hollywood et de son cinéma de divertissement.

La guerre est finie marque le début d’une collaboration entre Resnais et l'écrivain et scénariste d'origine espagnole Jorge Semprún. La guerre à laquelle il est ici fait référence est celle qui déchira l’Espagne au milieu des années trente. Le film raconte l'histoire de Diego Mora, un militant communiste espagnol se trouvant à la croisée des chemins. Devant l’indifférence de la majorité, il s’interroge sur l’efficacité des moyens pris pour atteindre les objectifs révolutionnaires fixés par son groupe politique. Pour écrire le scénario, Semprún s’est fortement inspiré de son expérience personnelle. Ce fils de réfugié espagnol est en effet un ancien résistant, puis un militant communiste, expulsé en 1964 en raison de divergences avec la ligne du parti. Notons qu’à la suite de cette production, il deviendra un fidèle collaborateur de Costa Gavras.

Dans la filmographie de Resnais, La guerre est finie apparaît comme l’une des œuvres les plus accessibles pour le grand public. Le récit est parfaitement compréhensible et sa progression suit une logique traditionnelle. À quelques reprises, des procédés font référence aux préoccupations esthétiques et intellectuelles évoquées plus haut. Le film se termine sur une fin dite ouverte, sans qu’il n’y ait eu de résolution comme telle. Nous pouvons cependant y reconnaître la touche personnelle de Resnais.

La guerre est finie est, en quelque sorte, une réflexion sur le libre arbitre d’un individu œuvrant au sein de mouvements politiques clandestins et doctrinaires. Diego Mora constate que la violence de la dictature de Franco est masquée par la transformation de sa patrie en lieu de villégiature recherché. Comment peut-on lutter contre les apparences? Resnais ressent visiblement la volonté d’être bien compris, et ce par le plus grand nombre, car il a conscience de l’agitation qui précède mai 68 : La guerre est finie en est la prémonition.

Cette œuvre forte a été couronnée de nombreuses récompenses dont le Prix Louis-Delluc en 1966, le Prix Luis-Buñuel des journalistes espagnols, remis à Cannes en 1966, le Prix de la FIPRESCI, le Prix du meilleur film étranger des critiques de New York en 1968, et le Prix Méliès en 1966.



Image
Le DVD propose un transfert 16:9 au ratio de 1.66:1.

L'interpositif qui a servi au transfert numérique était d'excellente qualité : on ne note aucune trace de poussière ou de perte d'émulsion.
Malheureusement, le transfert de Koch Vision pose problème : il s'agit visiblement d'une conversion PAL vers NTSC. L’image émise par un téléviseur traditionnel est acceptable. Cependant, celle émise par un téléviseur HD est des plus désagréables. L'image noir et blanc devient verdâtre et s’accompagne d’un bruit vidéo magenta. Les scènes de nuit sont particulièrement pénibles à regarder, ce qui gâche sérieusement le plaisir du visionnement du film. De plus, la définition est plutôt médiocre et manque de netteté, l’image est constamment tramée et instable, et les noirs, inexistants, tirent plutôt sur un vert très foncé.



Son
Une seule bande sonore est offerte, Dolby mono française. Il s’agit d'une piste mono bien nettoyée, qui ne comporte aucun défaut. Compte tenu de l'âge et du sujet du film, cela est tout à fait convenable. Il n’y a aucun sous-titrage.



Suppléments/menus
Le menu du DVD ne comporte qu'une seule option : le film. Cette édition n’offre donc aucun supplément, pas même la bande-annonce. Mentionnons aussi que le film entier tient sur une seule plage.




Conclusion
Il s’agit d’une édition très décevante, à tous points de vue. Cela est d’autant plus dommage que La guerre est finie mérite de figurer dans la DVDthèque de tout cinéphile averti. Par conséquent, il est préférable d’attendre le lancement d’une édition de meilleure qualité.



Qualité vidéo:
1,5/5

Qualité audio:
3,0/5

Suppléments:
0,0/5

Rapport qualité/prix:
2,0/5

Note finale:
2,0/5
Auteur: Sylvain Lafrenière

Date de publication: 2007-08-06

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Toshiba ACL 42 pouces modèle 42HL196, lecteur DVD Sony DVPNS75H, Connecteur HDMI, récepteur Sony STR-DE945, enceintes Bose

Le film

Titre original:
Guerre est finie, La

Année de sortie:
1966

Pays:

Genre:

Durée:
121 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Koch Vision/Koch Vision Classics

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.66:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Française Dolby mono

Sous-titres:
-

Suppéments:
Aucun supplément

Date de parution:
2007-06-19

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