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DVDEF

Gift, The

Critique
Synopsis/présentation
Rendu célèbre dans les anales du cinéma de Série B parla trilogie Evil Dead, le réalisateur Sam Raimi amorça un virage pour le moins inattendu en 1998 en réalisant le thriller A Simple Plan. Il délaissa l'esthétique abracadabrante et survoltée qui caractérisait ses mise en scènes pour cette fois se concentrer d'avantage sur le récit et ses personnages. En son genre, A Simple Plan fut une réussite, et Sam Raimi gagna le titre justement mérité d'un réalisateur sérieux, capable de raconter une histoire avec tact et minutie sans l'alourdire d'effets outrancier (au grand dam de ses nombreux fans…). Il commit un faut pas quasi impardonnable avec son film suivant, le mielleux et insipide véhicule de Kevin Costner intitulé For Love of the Game. Il se défendra de cette bévue en prétendant avoir toujours voulu réaliser un film sur le Baseball, mais ses détracteurs le virent d'un autre œil : Sam Raimi était en train de vendre son âme au star-système hollywoodien. Heureusement, un an plus tard, le réalisateur remis les pendules à l'heure avec son dernier-né, le suspense The Gift. Sans pour autant rejoindre l'esprit de ses premières œuvres, le film renouait du moins avec un genre chère à Raimi, le drame fantastique et l'horreur.

The Gift raconte l'histoire de Annie Wilson, un jeune veuve et mère de trois enfants qui gagne sa vie en exploitant un don de voyance. Incapable de voir clair dans sa propre vie, Annie vient en aide à ses concitoyens en les éclairant sur leur existence, en les guidant sur leur avenir. Un jour, on fera appel à ses dons pour résoudre un cas bizarre de disparition que la police ne peut élucider. C'est à ses propres risques et périls qu'Annie apportera son aide…

Malgré les apparences, The Gift n'est pas un thriller conventionnel où l'intrigue est mise à l'avant-plan, au détriment des personnages. Ici, c'est plutôt l'inverse qui se produit. Sam Raimi prends un temps fou pour établir le climat ainsi que les relations troubles qui unissent les personnages, ne s'attaquant à l'intrigue qu'au bout de 40 minutes. Le réalisateur, les scénaristes Billy Bob Thornton et Tom Epperson ont également tentés l'exercice risqué de greffer à l'histoire une série d'intrigues secondaires. Cette tentative ne manque pas de culot. En prenant le risque de distraire ou même d'ennuyer le spectateur avec une intrigue trop éparpillée et manquant de rigueur, les auteurs ont néanmoins réussis l'exploit d'établir une palette de personnages secondaires hallucinante. Même Keanu Reeves, généralement monolithique, s'avère franchement convaincant dans le rôle du mari violent. Mais celle qui retient le plus l'attention est sans contredit la formidable Cate Blanchett dans le rôle complexe d'Annie Wilson. D'une sincérité désarmante, elle propose une interprétation nuancée et fort touchante.

Il est dommage, au bout du compte, que cette intrigue soit plutôt mince et prévisible compte tenu de la complexité des personnages. Heureusement, le film est non seulement sauvée par la performance des comédiens, mais également par la mise en scène assurée de Sam Raimi. Il réussi ici a établir un climat particulièrement troublant et envoûtant, en plus de nous présenter plusieurs scènes d'une certaine puissance. Sam Raimi a appris à faire preuve de minutie et de retenue, et le simple réalisateur semble faire place à un véritable cinéaste.


Image
Présentée en format original de 1.85:1 et ce, d'après un transfert anamorphique, la qualité d'image de The Gift est satisfaisante malgré quelques défauts mineurs. De façon générale, la définition est bonne et présente une image plutôt nette et bien détaillée. Quelques plans seulement souffrent d'un très léger manque de piqué facilement pardonnable. Les riches couleurs sont présentées avec une justesse et une constance toujours appropriées à la photographie. Que ce soit les couleurs chaudes des séquences diurnes ou les couleurs froides des scènes nocturnes, la saturation est adéquate. Les teintes de peau sont tout aussi remarquables, elles paraissent naturelles en tout temps. Les noirs sont généralement profonds et solides, tandis que les parties sombres sont correctement détaillées. Notons seulement quelques plans souffrant d'un léger fourmillement dans les parties sombres, un défaut rare mais néanmoins distrayant lorsque perceptible. Le transfert brille par une presque totale absence de sur-définition ou autres défauts (compression, parasites).


Son
Trois bandes-son sont incluses sur cette édition: deux anglaises (Dolby Digital 5.1 et Dolby Surround 2.0) ainsi qu'une française (Dolby Surround 2.0). Étrangement, la bande-son anglaise Dolby Digital 5.1 fait preuve d'une certaine retenue qui ne rend pas complètement justice à l'aspect visuel du film, en particulier quant à la spatialité. Celle-ci est plutôt réduite et aurait gagnée à être plus détaillée et étendue, en particulier pour les scènes se déroulant dans des espaces ouverts. Les canaux arrières sont d'avantage mis à contribution lors des quelques scènes de suspense ou de lorsque le personage principel a des visions. En ces occasions, les effets canaux à canaux ainsi que le canal .1 (LFE) sont utilisés pour littéralement nous plonger dans la peau du personnage. Les dialogues, élément principal du film, sont reproduits avec netteté et intelligibilité.

On retrouve également des bandes-son Dolby Digital 2.0 Surround en langue anglaise et française. Ces bandes présentent des qualités plutôt similaires au mixage 5.1 mise à part quelques séquences (celles des visions) où le mixage 5.1 a nettement plus de force. Des sous-titres anglais (cc) sont aussi disponibles.


Suppléments/menus
Bien peu de suppléments sont offerts sur cette édition, ce qui est bien dommage. Le principal intérêt de cette édition réside en un court montage de 10 minutes regroupant une série d'entrevues avec le réalisateur et les acteurs principaux du film. Le ton devient très rapidement des plus complaisant, alors que tous se félicitent les uns les autres pour leur talent et leur contribution exceptionnelle au film… Franchement, on aurait aimé des commentaires plus constructifs. À noter que des sous-titres anglais et français sont aussi inclus pour ce segment.

Aussi disponible est le vidéoclip de la chanson Furnace Room Lullaby, de Neko Case and Her Boyfriends (?!?). Ne serait-ce que pour sa habileté à traduire l'ambiance du film, musicalement et visuellement, ce vidéoclip en vaut le coup d'œil. La bande-annonce originale complète cette (brève) section.



Conclusion
À n'en point douter, c'est le film qui constitue le principal intérêt de cette édition. Sans nécessairement renouveler un genre usé, ce thriller s'élève aisément au-dessus de la moyenne, entre autre grâce à sa mise en scène appliquée et le développement des personnages.
Sur le plan technique, cette édition ne répond malheureusement pas entièrement aux attentes d'un marché de plus en plus exigeant. Les transferts audio et vidéo sont honnêtes, sans plus, et les suppléments laissent à désirer tant par leur quantité que par leur qualité. Paramount aurait intérêt à réviser ses positions quant à la production de tels éditions. Non seulement le produit répond difficilement aux exigences du marché, mais avec un prix pouvant dépasser la barre des 30$ CA, l'achat pourrait en faire hésiter plus d'un.


Qualité vidéo:
3,9/5

Qualité audio:
3,6/5

Suppléments:
2,0/5

Rapport qualité/prix:
3,2/5

Note finale:
3,2/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2001-07-22

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Gift, The

Année de sortie:
2000

Pays:

Genre:

Durée:
111 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Paramount

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Documentaire, vidéoclip et bande-annonce

Date de parution:
2001-07-17

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