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Cowboy Bebop: The Movie

Critique
Synopsis/présentation
Shinichiro Watanabe est un réalisateur japonais spécialisé dans l'animation. Il signa ainsi la réalisation d'une série ambitieuse aussi bien au niveau graphique que scénarisitique : Macross Plus (1995). Il travailla ensuite sur la série CowBoy BeBop (1998) qui lui permit d'affirmer son style visuel à la fois fluide et nerveux.

Les personnages reprennent des éléments de caractère (la cool attitude, la rebellion) déja présents chez les personnages de Macross Plus. La série connaîtra un gros succès international et particulièrement aux Etats-Unis, ce qui entrainera la mise en chantier du film cinéma qui nous intéresse aujourd'hui. Cela lui vaudra d'être contacté par les frères Wachowski afin de réaliser deux des neufs courts métrages d'animation du projet Animatrix lié à l'univers que les deux hommes ont créé avec The Matrix (1999), et poursuivi avec The Matrix Reloaded (2003) : The Animatrix, A Dectective Story (2003) et The Animatrix : Kid's Story (2003). Il est ainsi devenu l'un des réalisateurs d'animés les plus en vue du moment, ce qui lui promet donc un bel avenir même si pour l'instant il ne dispose pas des même moyens, ni de la même renommée aux Etats-Unis (où sont les capitaux) que Yoshiaki Kawajiri (Ninja Scroll, 1995 ; Vampire Hunter D Bloodlust, 2000) ou Hayao Miyazaki (Princess Mononoke, 1997 ; Spirited Away, 2001).


Cowboy Bebop : The Movie (2001) nous propose de suivre une aventure du groupe de chasseurs de primes nommés Cowboy Bebop et composé de Spike Spiegel, Jaye Black, Faye Valentine et Ed. Ils se trouveront confrontés à un terroriste très organisé, Vincent, qui a décidé de répandre à la surface de Mars, un nouveau type d'agent bactériologique destiné à en décimer la population. Nos mercenaires s'impliqueront dans cette enquête, d'abord pour l'appât du gain puis pour sauver leur propre existence.

Sur ce scénario relativement classique de l'animation japonaise de science-fiction (Patlabor et Patlabor 2 de Mamoru Oshii), Watanabe arrive à se détacher de ses prédécesseurs grâce à un traitement enrichi d'une influence primordiale : le film noir américain. De plus, il compte sur ses personnages et leur épaisseur psychologique plus développée que dans la majorité des animés japonais, et non uniquement sur son scénario. Le résultat est ainsi un film à mi-chemin entre un film live classique et un animé, ce qui lui permet de se détacher de la série tout en lui restant fidèle par ses personnages. D'autres éléments tels que l'excellente musique pop/jazz de Yoko Kanno et une animation détaillée et remarquable de fluidité font que Cowboy Bebop : The Movie fait partie des meilleurs films d'animation japonais, et constitue en soi un excellent thriller de science-fiction au même titre que Ghost in the Shell (1998) de Mamoru Oshii, l'aspect métaphysique en moins. La réalisation de S. Watanabe est d'une fluidité exemplaire et souvent aussi fouillée que celle de films live prestigieux, et dans le même temps profite des possiblités quasi infinies de l'animation en matière de mise en image d'idées les plus folles possibles. Les séquences du métro aérien et de la bataille aérienne sont à ce titre exemplaires et mêlent le meilleur des films classiques aux possibilités les plus improbables de l'animation en matière de prises de vues, de mise en scène et d'action des personnages. Le plus intéressant dans ce film est que malgré cette débauche de technologie et d'action, on s'attache aux personnages et au bout des deux heures de film (sans temps morts ou baisses de régime), on en vient à regretter que le film ne soit plus long.

Il est donc dommage que le scénario de Cowboy Bebop ne soit plus original ou du moins plus dans le style de la série, ce qui aurait sans aucun doute permis au film d'atteindre le statut de chef d'oeuvre. Il s'agit néanmoins d'un film d'animation qui tient largement le haut du pavé au niveau technique et intérêt pour les personnages, mais reste néanmoins trop ancré dans la science-fiction japonaise traditionnelle pour prétendre à l'universalité que lui permettraient pourtant ses éléments plus internationaux (les références et emprunts au cinéma américain, la musique, l'ambiance décontractée). Un animé qui pourra persuader les réfractaires de s'intéresser à ce genre très largement sous-estimé, et aux amateurs de se régaler devant l'un de ses fleurons. Shinichiro Watanabe a toutes les chances de devenir un réalisateur de premier plan (tous médias confondus) et nous espérons qu'il aura la possibilité lors de ses prochaines réalisations de pouvoir développer des scénarios plus évolués et d'avoir les moyens de les mettre en image aussi superbement.



Image
L'image est présentée au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 16:9.
La définition générale est excellente pour un animé, signe d'une production fortunée. L'interpositif est très propre, mais étonnamment quelques points blancs sont visibles. La finesse des détails est d'un niveau supérieur. Le rendu des couleurs est impeccable, elles sont bien saturées, sans débordements et d'une constance remarquable. Les contrastes sont impeccablement gérés et grâce à des noirs purs et profonds, les scènes sombres sont impeccablement restituées. De même, la qualité des dégradés est impressionnante, permettant au film d'être visiblement de bien meilleure qualité que son homologue télévisée.
La partie numérique du transfert est quasi parfaite, ne laissant apparaître que quelques fourmillements lors des passages sombres qui ne s'avèrent absolument pas gênants.
Une belle réussite que ce transfert qui permet d'apprécier ce film animé dans des conditions idéales et restitue parfaitement l'ampleur (relative) des moyens engagés par rapport à la série.


Son
Les trois bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Japonais (Dolby Digital 5.1), Anglais (Dolby Digital 5.1) et Français (Dolby Digital 2.0 surround).

Les bandes-son japonaises et anglaises offrent toutes deux une dynamique excellente. Elle profitent également d'une présence et d'une spatialité exceptionnelles avec un léger avantage à la bande-son japonaise. Le déploiement du champ sonore est remarquable et la séparation des canaux optimale. La magnifique musique de Yoko Kanno est parfaitement bien intégrée au reste de la bande-son et profite bien de la parfaite gestion de l'ensemble des canaux. Les dialogues sont dans les deux cas parfaitement rendus, n'occasionnant jamais de parasites quel que soit le niveau. A noter tout de même qu'une fois de plus (même s'il s'agit de personnages dessinés et donc forcément de doublages) la version originale est artistiquement beaucoup plus satisfaisante que son homologue doublée. Les enceintes arrières sont remarquablement utilisées tout au long du film, que cela soit pour des bruitages d'ambiance, des impacts ou pour la musique et ce sans aucune exagération ou abbération dans les placements des sons. Les basses fréquences et même l'extrême grave sont très présents et extrêmement efficaces d'un bout à l'autre du film. Il faudra même faire attention par rapport à vos voisins tant l'action du film se prête à des debordements de décibels et donc à un niveau de grave assez phénoménal et parfaitement maîtrisé.

La bande-son française est en net retrait par rapport à ses homologues multicanaux mais cela est dû à son format et non à ses qualités intrinsèques et le doublage est acceptable.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais et Français. A noter qu'ils sont assez sommaires dans les deux langues et que les doublages ont pour une fois l'air plus proches des dialogues originaux.
Une véritable réussite que ces bandes-son qui offrent une ampleur peu commune à cet animé et montrent bien l'importance de la qualité du mixage d'une piste son pour l'impact général de l'oeuvre (animée ou non).


Suppléments/menus
Un ensemble complet et plutôt intéressant mais malheureusement parasité par une tendance très marquée à l'autosatisfaction, l'autocongratulation et la répétition.

En premier lieu est disponible un ensemble de six petits segments provenant des mêmes entrevues faisant intervenir le réalisateur et les voix anglaises et japonaises des héros du film. Ces interviews sont entrecoupées d'extraits du film. Les six segments sont divisés par thèmes et il aurait sans doute été plus judicieux de les regrouper en un seul documentaire qui aurait pu être plus structuré, évitant certaines répétitions et la fastidieuse mise en place de chaque partie. Le seul gros défaut de ces segments est l'autosatisfaction des intervenants (à part le réalisateur) qui n'ont pas grand chose à dire mais insistent lourdement dessus. A noter que les doubleurs japonais interviennent de façon beaucoup plus intéressante que leur homologues anglais mais malheureusement sur des temps plus courts.

Vient ensuite une comparaison passionnante (même si elle n'est pas commentée) entre les scénarimages et le résultat final, qui démontre l'importance d'une bonne préparation dans la réussite d'un film.
Puis sont proposées des courtes fiches descriptives des membres de l'équipe CowBoy BeBop qui pourront éventuellement aider ceux qui n'ont jamais vu la série à mieux cerner les personnages.

Deux clips vidéos reprenant des images du film pour illustrer deux morceaux également présents dans celui-ci sont disponibles, bien que l'on puisse légitimement douter de leur intérêt.

Enfin sont proposées les éternelles bandes-annonces dont plusieurs n'ont pas vraiment de raison logique d'être présentes : CowBoy Bebop, Metropolis (Rintaro), Bad Boys 2, I Spy, Memories (K. Otomo), Steam Boy (K. Otomo) et pour finir le toujours aussi inutile XXX.

Un bon effort a donc été fait si l'on prend en compte qu'il s'agit d'un film animé, mais des progrès sont encore à faire.



Conclusion
Une superbe édition, techniquement très réussie aussi bien au niveau audio que vidéo, ce qui est la moindre des choses pour un animé sorti en 2001. Les suppléments recèlent d'informations intéressantes mais sont noyés sous des flots d'autosatisfaction qui ont pour effet de les rendre pénibles à suivre.

La transposition en long métrage de la série à succès de Shinichiro Watanabe est réussie même si l'ont peut regretter l'apsect trop classique et convenu de son scénario. En effet, l'originalité liée aux personnages (bien reprise de la série) n'est pas relayée par les situations ou le scénario qui se rapprochent trop des standards de l'animation japonaise classique. L'animation est splendide, la mise en scène très travaillée et intéressante, et la musique excellente et très originale pour ce type de productions. Le film est donc réussi mais il lui manque le petit plus d'originalité qui aurait pu le transformer en oeuvre inoubliable.


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,4/5

Note finale:
3,6/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2003-06-24

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Cowboy Bebop: The Movie

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
115 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Columbia Tristar

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Japonaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Six courts documentaires, videos clips, galerie , compartif scénarimages et fiche des personnages

Date de parution:
2003-06-24

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