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DVDEF

Conformist, The (Extended Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Bernardo Bertolucci est une cinéaste que nous connaissons assez mal mais qui tient malgré tout une place à part dans notre cœur de cinéphile. The Conformist est une œuvre tellement réussie et atypique qu’elle à marqué a tout jamais notre mémoire alors que, si les autres films du cinéaste que nous avons pu visionner sont tous de qualité, aucune des ses autres œuvres ne retrouve une telle qualité et ce dans tous les domaines.
Nous ne parlerons donc pas de la carrière du cinéaste ni ne comparerons The conformist avec ses autres longs métrages comme nous avons pu le faire sur d’autre chroniques.

Une fois de plus, la qualité du film est telle que nos propos pourront paraître dythirambiques et sans objectivité mais cela n’est pourtant pas le cas. Car The Conformist est à nos yeux et ceux de beaucoup d’autres cinéphiles (dont notamment Coppola qui fera pression pour que le film soit distribué aux Etats-Unis et engagera Storaro en tant que Chef Opérateur sur Apocalypse Now) l’un des meilleures œuvres produites dans les années 70, toutes nationalités confondues. Et lorsque l’on connaît l’exceptionnelle richesse artistique de cette période, on sait qu’il ne s’agit pas d’un mince compliment.

La qualité principale du film tient à son homogénéité puisque chaque compartiment de l’œuvre à été traitée avec le même soin et talent, offrant ainsi une œuvre sans « faiblesses » ce qui est très rare.
Bien évidemment ce qui saute premièrement aux sens est le travail visuel absolument sidérant qui découla de la collaboration de deux grands artistes, deux esthètes qui croient au pouvoir d’évocation de l’image autant qu’a celle des mots (écrits ou parlés).
Ainsi le film raconte autant par sa photographie, sa composition visuelle, son cadre, les lieux choisis et sa mise en scéne que par son intrigue et son sous-texte.
Le travail de Storaro se place parmis les plus complexes et sublimes de toute l’histoire du 7éme art, jouant en permanence sur les couleurs, les clairs obscurs, parvenant à créer une ambiance unique à la frontière entre réalisme et stylisation. Chaque élément décidé par Storaro à un impact sur le sens de l’œuvre, apportant des précisions sur la psychologie d’un personnage ou plaçant le spectateur dans l’ambiance adéquate à la scéne.
Le travail sur les couleurs notamment ainsi que l’ambiance générale est vraiment parmis les plus remarquables qu’il nous ait été donné de voir.

La mise en scène de Bertolucci est également un sommet stylistique impressionnant de rigueur et de maitrise visuelle. Utilisant une architecture minutieusement choisie en fonction de l’ambiance très stylisée (mais restant réaliste car tournée en décors naturels sans effets spéciaux autre que les angles de caméra et les éclairages) qu’il à choisi d’instaurer, il compose avec maestria un festival de formes géométriques aboutissant au final à la sensation que Marcello est littéralement enfermé dans un cage ou qu’il aille.

Le montage n’est pas en reste puisque le film est construit de façon non linéaire qui pourra désarçonner le spectateur no habitué mais prend tout son sens au fur et à mesure du développement du film.

Bertolucci à fait appel au grand Georges Delerue pour composer une musique à l’image du film qu’il saura utiliser à bon escient.
Le choix et la direction des acteurs est également louable en tous points tant ils semblent tous parfait pour leurs rôles et principalement Trintignant et Dominique Sanda tous deux sublimes d’ambiguité et d’intensité mystérieuse.

Nous ne pouvons juger de la qualité de l’adaptation de la nouvelle de Moravia ne l’ayant pas lu, mais le scénario que Bertolucci en à tiré est des plus passionnants. Ce portrait d’un homme intelligent qui à vu sa vie bloquée par un incident dans son adolescence et à donc décidé de devenir le plus normal possible afin de se débarasser de sa sensation d’être différent, est touchant mais aussi très dérangeant. Mais Bertolucci ne se contente pas de faire le portrait d’un homme dévoué à une cause condamnable (et ce pour de mauvaises raisons) mais parle aussi de la politique faciste triomphante et des problémes sociaux et éthiques que cela à pu poser dans l’Italie des années 30. Il en à également profité pour lier cette étude avec la philosophie et plus précisément la célébrissime métaphore de la caverne de Platon qui prend une clarté rarement atteinte précédemment tant elle semble parfaite pour aborder le personnage de Marcello.
Les ajouts au roman qu’il cite dans les suppléments sont absolument passionnants, notamment ceux du final qui donne une dimension supplémentaire au film et au personnage de Marcello le rendant d’autant plus passionnant.

Bertolucci est donc en pleine possession de ses moyens et de sa créativité lors du tournage de Il Conformista. Cette maitrise éclate à tous les niveaux pour créer une œuvre unique carrefour de diverses influences et fruit de la culture d’un artiste qui n’a malheureusement jamais reproduit cet exploit depuis. Le cinéphile sentira ainsi a plusieurs reprises l’influence de Luchino Visconti sans pour autant être tourné en forme d’hommage et de clin d’oeil, contrairement à la vagues de références post modernistes qui innonde le cinéma depuis le début des années 90 (et qui à donné des œuvres de qualité). Au contraire Bertolucci est allé chercher ce qui l’intéresse chez Visconti par rapport à son film et à fait sien ces emprunts, les a retravaillés pour qu’ils sortent du simple cadre de la citation et en cela son attitude comme sa réussite sont remarquables.


Nous vous conseillons donc vivement de vous jeter sur ce chef d’œuvre du 7 éme art qui recquiera de votre part une participation importante de spectateur et une ouverture d’esprit qui seront grandement récompensées au fur à mesure des visionnages qui vous permettront d’apprécier et de rentrer au cœur du mystére de ce film inoubliable.




Image
L’image est proposée au format respecté de 1.66 :1 d’après un transfert 16:9.

La définition générale est excellente de bout en bout. L’interpositif est très propre mais quelques traces de très discrets points et traits sont éventuellement de même qu’un grain furtif sur certaines scénes.
Le rendu des couleurs de l’un des plus beau travail sur la photographie existant est à la hauteur. Le sublime travail de Storarao et Bertolucci sur le jeu et la signification des couleurs est mis en valeur par leur justesse, leur constance et leur saturation (même si dans ce dernier domaine les première minutes du film sont moins performantes).
Le contraste est parfaitement géré, évitant toutes les brillances.
Les scénes sombres sont maginifiquement rendues grace des noirs d’une profondeur et d’une pureté remarquables.
La partie numérique est exempte de défauts notables, si ce n’est de très légers fourmillements sur certaines scènes qui ne sont décelables que par des yeux habitués.

Voici donc un transfert remarquable pour cette édition tant attendu d’un chef d’œuvre injustement non disponible sur DVD.




Son
Les cinq bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Italien (Dolby mono 1.0), Anglais (Dolby mono 1.0), Français (Dolby mono 1.0), Espagnol (Dolby mono 1.0), Portuguais (Dolby mono 1.0).

La dynamique de la bande-son italienne comme celle de tous les autres doublages (le film ayant été entièrement redoublé pour toutes les versions) est d’un niveau correct mais sans plus.
Leurs présences et leurs spatialités subissent le même type de remarques.
La superbe musique de Georges Delerue est bien rendue malgré des limitations évidentes surtout dans le bas du spectre. Elle est par ailleurs correctement intégrée au reste de la bande-son.
Les dialogues sont dans l’ensemble parfaitement intelligibles même si parfois la bande-son son peut légèrement en perturber la clarté. Les traces de parasites ou distortions sont malheureusement régulièrement audibles sans pour autant ne jamais devenir gênantes.
Les basses fréquences sont totalement absentes et cela à parfois pour conséquence de tirer le rendu le rendu général vers le registre aigu et rendre audible des sifflantes qui ne l’auraient pas été avec un ensemble plus équilibré.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Espagnols et Portugais Brésilien. Malheureuseme nt les sous-titres français sont absents.

Un bande-son qui s’avère tout à fait agréable malgré les défauts que nous avons cités et dont le principal est de ne pas proposer une performance aussi bonne que la partie image. Cependant il est finalement dommage que la Paramount n’ait jugé bon de procéder à un remixage complet de la bande-son pour offrir l’édition parfaite de ce film important.



Suppléments/menus
Une section à laquelle il manque clairement une commentaire audio de Bernardo Bertolucci mais qui en dehors de cela s’avère complête et passionnante.

En l’absence assez inexplicable de commentaire audio, le documentaire en trois parties (39 mins) proposé par l’infatiguable Laurent Bouzzereau remplit parfaitement son office.
Composé d’extraits d’une longue interview de Bertolucci et de Stroraro ou les deux hommes reviennent sur leurs intentions artistiques et narratifs aussi bien que sur la préproduction ou le tournage, ces trois parties qui n’en forment au final qu’une sont absolument passionnants, bien montés et nous semblent un complément indispensable au visionnage du film pour en saisir tout la complexité.
La qualité de ces segments fait regretter que les deux hommes ne nous aient gratifiés d’un commentaire spécifique à chaque scéne et à au formidable pic de créativité qu’ils ont connus à ce moment la.






Conclusion
Une édition d’un qualité vidéo superbe et très apprécié et sa partie si elle est en dessous est tout de même à la hauteur. Il manque clairement un commentaire audio mais les documentaires sont d’excellente qualité.

Le conformiste est une œuvre passionnante et surprenante à plus d’un point de vue et marque le sommet de la carrière sans doute aucun. La splendeur visuelle qui s’en dégage n’a d’égale que l’inventivité et la pertinance de la mise ou la finesse de l’analyse politique, sociale ou psychologique. Bertolucci et Storara sont au sommet de leur talent et leur collaboration sur cette œuvre témoigne de leur inventivité comme de leur sensibilité artistique.



Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
3,3/5

Suppléments:
4,2/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
4,1/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2007-02-23

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Conformista, Il

Année de sortie:
1970

Pays:

Genre:

Durée:
111 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Paramount

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-5 (simple face, simple couche)

Format d'image:
1.66:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono
Française Dolby mono
Italien Dolby Mono
Espagnole Dolby mono
Portugaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Espagnol
Portugais

Suppéments:
Documentaires

Date de parution:
2006-12-05

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