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DVDEF

Gremlins

Critique
Synopsis/présentation
Joe Dante est un amoureux du cinéma qui fait du cinéma pour les autres amoureux du cinéma. Comme ce monsieur a grandi dans les années cinquantes en regardant des films de monstres et des dessins animés (le génial Chuck Jones fait d'ailleurs une apparition dans Gremlins), il signe des comédies fantastiques dont le ton léger vient rappeler l'insouciance de ces années la.

Il débute sa carrière comme bon nombre des réalisateurs de son époque (Francis Ford Coppola, Jonathan Demme, John Sayles), dans la New World Pictures de Roger Corman. Il y apprendra la gestion d'un budget très sérré, de délais de tournages encore plus stricts et de scénarios étranges (souvent finalisés pendant le tournage).

Il offrira ainsi à R. Corman un de ses plus gros succès : Piranhas (1978) et chose curieuse, un autre grand réalisateur débutera sa carrière avec la suite de ce film, James Cameron. Dès ce film, les bases du système Dante sont posées. Des personnages lambda se retrouvent face à un dérèglement de leur entourage (en l'occurence une invasion de piranhas dans la rivière voisine) causé par les agissements néfastes délibérés d'hommes de pouvoir (ou d'hommes d'affaires véreux).

Il frappa également un grand coup en 1981 avec The Howling, terrifiant film de loup-garous dont l'atmosphère réaliste, combinée à des effets spéciaux remarquables, font de cette oeuvre une réelle référence. Il travaillera également beaucoup pour la télévision : un épisode de the Twilight Zone (1985), un de Police Squad (1982), trois de Amazing Stories (1986 et 1987) ; il créera même sa propre série, Eerie Indiana (1991). Il tourna aussi le troisème segment de l'adaptation cinématographique à sketches de la série Twilight Zone avec ses camarades John Landis (dont le style comédie horrifique est proche du sien) et Steven Spielberg (son ami et mentor qui l'aidera à réaliser plusieurs de ses films en tant que producteur).

Vient ensuite en 1984 le film qui nous intéresse aujourd'hui, Gremlins, et qui apportera la reconnaissance internationale à son auteur. Fort de son succès dans la comédie d'horreur, celui-ci décide malheureusement d'alléger son trait en supprimant le côté méchant et subversif de Gremlins, dans Explorers (1985) où il se tourne plus ouvertement vers les enfants. L'histoire de ces deux enfants qui fabriquent eux-mêmes un vaisseau spatial et rencontrent des extraterrestres se dirige vers plus de naïveté et de bons sentiments, tout en conservant une trame interessante et les qualités des autres films de son auteur passées à la machine à délaver des années 80.

Il revient en 1987 avec une comédie de science-fiction Innerspace, dans laquelle il reprend l'argument développé dans Fantastic Voyage de Richard Fleischer (1966), où un pilote de jet est miniaturisé pour rentrer à l'intérieur du corps d'un malade, et atterit par hasard dans le corps d'une autre personne. Cet excellent film au rythme très soutenu propose des moments de comédie inoubliables et un scénario loufoque qui le font figurer parmi les meilleurs films de son auteur.

Il réalise ensuite The Burbs (1989), où il revient à sa veine subversive et impertinente tout en préservant l'aspect comédie, en présentant les réactions de rejet d'un quartier bourgeois à l'arrivée d'une famille d'étrangers. Gremlins 2 : The New Batch (1990) lui permettra de revenir sur ses célèbres monstres, mais il se perdra en cours de route dans un trop plein de délire de parodie et de références, voulant exploiter au maximum la veine satirique et impertinente entamée avec le premier épisode dont il n'a pas su conserver la cohérence.

Viendra ensuite son meilleur film à ce jour, Matinee (1993), où il dévoile ouvertement son amour pour le cinéma de science fiction et fantastique de sa jeunesse. Il réussit l'osmose entre son côté nostalgique (film sans aucun doute autobiographique), son penchant naturel pour la comédie et son esprit très critique envers la société américaine. Il continue à nous faire rire en se moquant de l'armée américaine dans son film suivant : The Second Civil War, où il fustige ses tentations protectionistes. Son dernier film en date : Small Soldiers (1998), dans lequel il parodie ouvertement Saving Private Ryan de Steven Spielberg (1998) au moyen de marionnettes animées, malgré ses qualités ne lui permet pas d'être rentable financièrement. De plus, il se brouillera avec Spielberg et bien malheureusement son avenir de cinéaste hollywoodien semble compromis sans ce puissant appui, mais espérons que Mr Dante trouvera les moyens de financer ses futures oeuvres pour notre plus grand plaisir.

Dans Gremlins, un père ramène à son fils un curieux petit animal acheté dans une boutique asiatique. Vous savez sans aucun doute que si Le Mogwaï est mouillé, exposé à la lumière ou nourri aprés minuit les ennuis commencent. Le désastreux délire qui s'en suivra vous fera tour à tour rire et frissonner. La plus grande surprise que nous avons eu en revisionnant le film est de constater à quel point il a bien vieilli, aussi bien au niveau des effets spéciaux (Chris Walas effectua ici un travail sidérant), de l'interprétation (tous les acteurs cadrent et jouent impeccablement), que de l'aspect comédie (qui s'avère vraiment hilarant). Toutes ces qualités font bien ressortir les points forts du tandem Dante-Spielberg, dont on pourrait assimiler la contribution du second à tout l'aspect mignon ainsi qu'à la rigeur narrative du film (le conteur de génie qu'est Spielberg ressort), et comparer l'effet de Dante sur le film à celui des Gremlins sur la ville (où tout son côté potache et subversif éclate et son sens du comique apparaît évident). De plus, la grande réussite du film est d'être totalement réversible selon l'esprit dans lequel on le regarde, les enfants y trouverons une créature adorable dans un milieu agréable, puis en même temps aurons peur et rirons des Gremlins, alors que les parents savourerons le second degré (très présent tout au long du film) ainsi que les délires auxquels se livrent les terribles petits monstres.

Une excellente surprise que la redécouverte de ce film dont beaucoup de qualités font grandement défaut aux productions actuelles, et qui réussit malgré les années à nous surprendre. Nous conseillons donc à toutes les personnes qui l'ont vu étant enfant de le revoir impérativement puis de le faire découvrir à leurs enfant et aux rares personnes qui ne l'aurait pas encore vu.



Image
Le nouveau transfert numérique proposé par la Warner est en 1.85:1 (anamorphosé), le format natif de ce film.

L'interpositif a été nettoyé de ses défauts et seuls quelques accrocs ont résisté à l'opération. La définition générale est de bon niveau sans pour autant arriver à la hauteur de celle proposée sur les meilleures restaurations. Le film y gagne ainsi, aussi surprenant que cela puisse paraître, en conservant sa patine et son style des années quatre-vingt (qui participent pour beaucoup à l'effet nostalgique et attachant du film). Le rendu des couleurs est lui excellent et leur saturation n'a d'égal que leur côté naturel et la justesse des nuances Les contrastes sont d'un bon niveau et associés à des noirs profonds, ils nous permettent de littéralement redécouvrir le film tant les scènes sombres y abondent (les détails de la scène des Gremlins dans le bar sont enfin visibles).

Le transfert numérique n'arrive pas à éviter des fourmillements souvent trop présents en arrière plan et quelques passages sur-définis, rien de grave ou gênant cependant.

Une restauration numérique qui aurait pu être plus poussée mais propose en l'état une belle copie, qui fait ressortir à quel point le travail de Chris Walas sur les marionnettes était exceptionnel pour l'époque.



Son
Les quatres bandes-son présentes sur le DVD sont disponibles en Anglais (DD 5.1 surround), Anglais (DD 2.0 surround), Français (DD 2.0 surround), Espagnol (DD 2.0 surround).

Les deux nouveaux remixages de la bande son anglaise sont disponibles en 5.1 et en Dolby Surround simple. L'avantage va sans aucune surprise à la bande multicanal 5.1. Sa dynamique est de bon niveau et du coup, sa présence et sa spacialité en net progrès par rappport au surround classique (même si l'on est loin des bandes-son actuelles). La séparation des canaux est excellente et la musique très bien intégrée sur ces deux mixages. Le traitement des enceintes arrières fait encore la différence entres les deux bandes. Le multicanal numérique (5.1) a vraiment marqué une nette évolution permettant un rendu des enceintes d'effets nettement supérieur. Les dialogues sont excellents sur les deux bandes-son et ne sont jamais perturbés par de quelconques saturations ou bruits parasites. Les basses fréquences ne sont pas le point fort de cette bande-son et cela sur les deux mixages (avec tout de même un avantage au 5.1), elles ont plutôt un rôle de soutien.

Les deux autres bandes-son en Dolby Surround sont correctes mais deux ou trois tons en dessous de leurs homologues Anglaises, et bien que tous les secteurs soient en retrait, force est de constater que sans la présence des nouveaux remixages, celles-ci auraient remplies correctement leur office.

Une bonne surprise que ces nouvelles bandes-son qui viennent redonner un coup de jeune à cette hilarante comédie fantastique (et pour une fois dans plusieurs langues). Il est par contre permis de douter sincèrement de l'intérêt de présenter la piste anglaise sous deux formats différents mais proches dans le rendu, l'espace libéré par la piste en Dolby Surround aurait pu servir à améliorer la qualité de l'image.



Suppléments/menus
Pour une fois le terme édition spéciale n'est pas galvaudé. Ils sont tous disponibles sur le même disque (même si une édition double aurait été préférable pour la qualité de l'image).

Les deux commentaires audio (voir spécifications pour la liste des intervenants) sont plus des brassages de souvenirs et anecdotes en fonction de ce qui se passe à l'écran, qu'une analyse des motivations des artisans de ce film. L'idéal aurait été de mélanger les deux pour arriver à un commentaire plus concis et à combler les pauses des intervenants. Cependant, leur bonne entente et le plaisir qu'ils ont à redécouvrir ce film ensemble est évident et très communicatif, et il n'est pas rare de bien rire avec eux alors que ce n'est habituellement pas le cas avec les commentaires audio.

Un document d'époque de six minutes propose de découvrir Joe Dante au travail par le biais d'interviews sur le plateau entre deux scènes. On peut regretter que la Warner n'ait choisi de produire un nouveau documentaire (façon Laurent Bouzzereau) ; cependant celui-ci est intéressant malgré une durée trop courte. Il est complété par un petit texte qui reprend quelques anecdotes et chiffres célèbres à propos du film.

Sont également disponibles quelques scènes non incluses dans le montage final, dont l'interêt varie notablement, mais que le commentaire audio débrayable vient rendre interessantes.
Vient ensuite une galerie de photos et de scénarimages proposée dans un design sympathique mais dont la petite taille les rend difficilement lisibles. Puis l'inusable filmographie du réalisateur et des artisans du film vient compléter la liste des suppléments de cette édition.

Les amateurs seront comblés, même si une plus grande cohérence aurait pu guider l'élaboration de ces suppléments, et la Warner réactive ainsi le pouvoir d'attraction énorme d'une de ses comédies les plus réussies.




Conclusion
Une belle édition DVD pour un classique dont la qualité technique suit celle des suppléments et pour une fois une vraie édition spéciale sur un seul disque. La redécouverte de ce film est un moment de bonheur tant le film a bien vieilli (contrairement à nos angoisses) et supporte techniquement les apports qualitatifs du DVD. A conseiller à toute la famille et surtout aux enfants qui ne l'ont pas encore vu.



Qualité vidéo:
3,2/5

Qualité audio:
3,0/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2002-08-26

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Gremlins

Année de sortie:
1984

Pays:

Genre:

Durée:
106 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Scénes supplémentaires inédites, un documentaire sur le tournage, un texte sur le tournage du film, un commentaire audio de Joe Dante/Phoebe Cates/Zach Calligan/Dick Miller et Howie Mandel, une piste de commentaires audio de Joe Dante/Michael Finnel (producteur)/Chris Walas (effets spéciaux), une galerie de photos et scénarimages, les filmographies des artisans du film et les bandes-annonces

Date de parution:
2002-08-20

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