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DVDEF

Elephant Man, The

Critique
Synopsis/présentation
David Lynch (1946) est l'un des enfants terribles du cinéma américain. Son premier film, Eraserhead, a provoqué deux réactions diamétralement opposées : l'admiration et le dégoût. Cette fable macabre sur la maternité (réalisée pendant ses études à l'Américan Film Institute) illustre l'intérêt de Lynch pour les univers où l'anormalité s'exprime sans détours. Il est rare que l'un des ses films fasse l'unanimité, sauf peut-être The Elephant Man.
The Elephant Man est son deuxième long-métrage. Le film raconte la véritable histoire de John Merrick (John Hurt) surnommé "L'homme-éléphant". Ce phénomène de foire, qui a vécu au 19e siècle en Angleterre, a été découvert par un pathologiste du nom de Frederick Treves. Ce dernier l'a sorti de l'enfer des cirques où l'on prétentait des monstres pour le soigner et l'étudier. Atteint de multiples et affreuses déformations congénitales, Merrick est mort à l'âge de 25 ans.
Ce projet est une commande de Mel Brooks qui, après avoir vu la pièce de théâtre, désirait produire le film. Le scénario a exigé beaucoup de travail. Le choix de David Lynch, alors peu connu, à titre de réalisateur s'est imposé après que Mel Brooks ait vu Eraserhead : il est sorti tout simplement fasciné de la projection. À la lecture du scénario, Lynch a été d'emblée séduit par le paradoxe présenté par cet être humain pathétique : malgré son allure monstrueuse, Merrick fait preuve d'une très grande sensibilité. Mentionnons aussi que l'homme-éléphant, avec ses tares congénitales, fait suite à l'horrible fœtus d'Eraserhead.
The Elephant Man était fait sur mesure pour Lynch car il colle à la perfection à l'imaginaire du réalisateur. Le talent extraordinaire de metteur en scène de ce dernier, de concert avec un contexte de production solide, lui a permis d'atteindre un haut niveau d'excellence à la fois technique et artistique. Les producteurs lui ont d'ailleurs donné carte blanche tout au long du tournage.
Lynch joue à fond la carte du classicisme. La photographie en noir et blanc est soignée et d'une grande beauté. La mise en scène et le développement du récit, sans toutefois révolutionner le cinéma, ne sont pas pour autant académiques. Grâce à son exceptionnel sens de l'image, Lynch arrive à susciter chez le spectateur un sentiment de compassion pour Merrick, ce qui n'est pas un mince tour de force.
On peut cependant faire un reproche à Lynch. Dans The Elephant Man, les nobles, les gens cultivés et les médecins font montrent d'humanisme, d'ouverture et de retenue (même dans le dégoût) face à Merrick. En revanche, les ouvriers et les gagne-petits font tout à fait le contraire. En plus d'être querelleurs et opportunistes, ils déshumanisent Merrick. Lynch s'est défendu de cette perception en disant qu'il était resté fidèle aux descriptions contenues dans le livre de Treves. Cette explication est discutable et nous croyons que Lynch a raté une bonne occasion de prendre un sain recul critique.
À ceux qui n'ont jamais vu cette œuvre, disons tout de suite qu'il ne s'agit d'un film d'horreur, ni un film fantastique, mais plutôt d'un brillant mélodrame. Ceci n'a pas empêché The Elephant Man de gagner le Grand prix du Festival du cinéma fantastique d'Avoriaz en 1980. Voilà l'une des grandes réussites de David Lynch, qui procure un réel plaisir cinématographique aux spectateurs.


Image
Il se trouve des éditions que l'on attend longuement : celle de The Elephant Man en fait partie. Le moins que l'on puisse dire est que l'attente n'aura pas été vaine: l'image est magnifique. L'interpositif est superbement nettoyé et ne présente que quelques défauts mineurs aux touts débuts du film.
Le transfert numérique et anamorphique est au format de 2.35:1 et est très réussi. La splendeur de la photographie en noir et blanc laisse pantois. Le moindre détail est visible et la définition, pour une image en "scope" est sans faille : tant les avant-plans que les arrière-plans sont détaillés. Le contraste est on ne peut plus réussi, offrant une image tout en relief et en nuances. À ce chapitre, la scène où Treves aperçoit Merrick pour la première fois en est un parfait exemple.
L'image est brillante à souhait et le chatoiement des reflets de la lumière sur la peau des personnages est très bien rendu. Les noirs sont profonds et très stables et la palette des gris est très riche.
Le seul bémol se trouve au début du film: la photo de la mère de Merrick dans le cadre présente des défauts. Ce défaut se retrouve également sur l'édition zone 2. Mis à part ce désagrément, le film est un régal pour l'oeil : voilà du très beau boulot.


Son
Cette édition propose trois bandes sonores : deux anglaises et une française. Commençons par la bande anglaise au format Dolby Digital 5.1. Le travail de remixage ajoute un impact important au film, créant un environnement sonore très détaillé et enveloppant. La scène de chirurgie du début en est la parfaite illustration. On entend dans les moindres sons la chair découpée par Treves, le tout enveloppé par le chuintement des lampes au gaz.
On note une présence intéressante des graves et la séparation des canaux, sans être très élaborée, est agréable. L'amélioration la plus intéressante réside dans la scène stéréo et la scène de la fête foraine en est un splendide exemple.
On obtient également une bande sonore Dolby stéréo anglaise. Celle-ci est moins intéressante et dynamique que la première : on se demande pourquoi elle a été ajoutée à cette édition étant donné que la bande 5.1 est compatible avec les systèmes Prologic.
La dernière et la moindre est la bande française au format Dolby monophonique. On constate, en général, qu'il s'agit de la bonne mono. Le souffle est sous contrôle et les dialogues sont très audibles. Toutefois, elle est totalement déclassée par la bande 5.1. L'image sonore est sans ampleur et sans relief. Tout est comprimé dans par une bande passante trop limitée. Il serait temps que la Paramount ajoute le sous-titrage français à ses éditions DVD. Malheureusement, les unilingues francophones devront se contenter de ce que comporte le coffret.


Suppléments/menus
Avec cette édition, la Paramount offre quelques suppléments. Bien qu'ils ne soient pas très nombreux, ils sont principalement destinés au grand public. Il est donc probable que le cinéphile averti demeure sur sa faim. Malgré ces limites, les suppléments sont tout à fait pertinents. Soulignons qu'ils sont entièrement sous-titrés en français. Le point le plus regrettable de ces suppléments est l'absence de David Lynch lui-même. On ne nous propose aucune entrevue avec lui, ni de commentaires audio : ceci est plus que regrettable.
Soulignons que la Paramount a répondu positivement à la demande de David Lynch de ne pas découper ses films en plages. Il n'y a donc pas de Scene Selection au menu. Pour atteindre un moment précis du film, il faut utiliser l'avance rapide, comme avec un magnétoscope...
Le clou de ces suppléments est un documentaire de 30 minutes qui expose le contexte de la production. Naturellement, le centre d'intérêt demeure la conception du maquillage de John Merrik. Des entrevues avec le producteur, Mel Brook, le concepteur du maquillage, Christopher Tucker, le caméraman et John Hurt composent l'essentiel ce segment sur la réalisation. Les propos sont intelligents et instructifs pour bon nombre de cinéphiles.
Ensuite, vient une vignette d'une durée de 2 minutes 35 secondes. Il s'agit essentiellement d'un exposé de Christopher Tucker sur le travail de moulage du maquillage de l'homme éléphant. Le tout est intéressant, mais en rien déterminant pour cette édition.
Les concepteurs des suppléments ont fait preuve d'imagination avec la galerie de photos. En effet, cette dernière est commentée par Christopher Tucker. Enfin, nous n'avons plus l'impression de regarder un simple diaporama sans vie. Comme il se doit, nous avons aussi droit à la traditionnelle bande-annonce du film.



Conclusion
Pour rendre cette édition de The Elephant Man définitive, il ne manque que les commentaires de Lynch. L'image est à couper le souffle, le son 5.1 est très beau et les suppléments, à défaut d'être nombreux, sont intéressants et bien pensés. Voilà de quoi ravir les collectionneurs qui attendaient avec impatience la sortie de ce film en tout point remarquable.



Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
4,2/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Sylvain Lafrenière

Date de publication: 2001-11-30

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Toshiba 32 pouces, Récepteur Sony STR-DE945, Lecteur DVD Sony DVP-S360, enceintes Energy, câbles Cable Accoustic Research

Le film

Titre original:
Elephant Man, The

Année de sortie:
1980

Pays:

Genre:

Durée:
125 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Paramount

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 stéréo
Française Dolby mono

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Documentaire, vignette, galerie de photos et bande-annonce

Date de parution:
2001-12-11

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