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DVDEF

Devil's Backbone, The

Critique
Synopsis/présentation
A l'instar de nombreux cinémas nationaux éclipsés par la prépondérence de la machine Hollywoodienne, la production cinématograhique mexicaine reste relativement méconnue. Serti dans une réalité tout à fait différente du reste de l'Amérique du Nord, le mexique produit un cinéma qui lui est caractéristique et dont des oeuvres régulièrement se démarquent. Guillermo del Toro, connu à Hollywood pour avoir réalisé deux films de qualité plus que moyenne (Mimic et Blade II), est un des réalisateurs mexicains les plus connus en Amérique du Nord. Pour son dernier opus (créé avant la réalisation Blade II) del Toro est retourné en Espagne, endroit où on trouve les racines européennes de son peuple, afin de réaliser un suspense d'épouvante intitulé El Espinazo del Diablo (The Devil's Backbone, L'échine du diable).
L'action prend place en Espagne, à la fin de la guerre civile qui ravagea le pays de 1936 à 1939. Suite à la mort de son père, qui combattait au front, le petit Carlos (Fernando Tielve) est abandonné par son tuteur dans un petit orphelinat de la campagne espagnole. Carlos y fera la rencontre de ses nouveaux compagnons ainsi que des différents responsables de l'endroit dont la directrice de l'établissement Carmen (Marisa Paredes), un homme de science Casares (Federico Luppi) et l'homme à tout faire Jacinto (Eduardo Noriega). L'oeuvre développe alors simultanément deux fils narratifs. D'une part, The Devil's Backbone nous fait vivre l'étrange rencontre de Carlos avec le fantôme qui hante l'orphelinat. Ce dernier fait au petit garçon une funeste révélation : plusieurs de ses amis vont bientôt mourir. Carlos tentera alors d'en apprendre plus sur ce mystérieux spectre et son message. En même temps, The Devil's Backbone nous présente Carmen et Jacinto, tous deux activement impliqués dans cette guerre civile. A même la richesse accumulée par le regretté mari de Carmen, l'orphelinat approvisionne la résistance en or afin d'acheter armes et munitions. Ayant passé plus de quinze ans à l'orphelinat, Jacinto est maintenant un jeune adulte qui en sait beaucoup plus qu'il ne faudrait sur les activités de l'établissement. Attiré par la possibilité de s'enfuir des lieux avec sa petite amie, Jacinto tente par tous les moyens de mettre la main sur l'or enfoui dans la demeure. L'histoire tournera toutefois au cauchemar et c'est à ce moment que les deux trames narratives se rejoingnent dans une coda puissante et déchirante.
C'est cette dualité des thèmes qui fait sans aucun doute la force de The Devil's Backbone. Les deux fils narratifs s'entrecroisent très adroitement pour constituer une oeuvre solide qui va au-delà des simples clichés de film d'horreur/épouvante. Au-delà de cette construction, The Devil's Backbone étonne par la qualité de la photographie. Le travail de Guillermo Navarro (From Dusk Till Dawn (1996), Jackie Brown (1997)) est soigné et mérite une grande attention. Notons entre autres de très beaux jeux d'éclairages lors des scènes tournant autour du puit de l'orphelinat. La trame sonore, une composition de Javier Navarette, est discrète mais fort efficace. Cette trame-sonore appuie inteligemment l'oeuvre, toute en nuance.
Le travail de Guillermo Del Toro est ici à souligner. Bien que le rythme du film soit plutôt lent, typique d'un certain cinéma mexicain, la réalisation attentive de Guillermo Del Toro garde sur le qui vive. Del Toro a également eu l'intelligence d'éviter les lieux communs de certains films d'épouvantes récents en concluant son film logiquement. L'oeuvre en son entier demeure intègre et le spectateur accepte sans broncher le dévoilement de la coda du film. Mentionnons également la belle direction d'acteur de Guillermo Del Toro. Tout autant le petit Fernando Tielve que les autres acteurs restent justes et dans le ton. Il faut de plus remarquer la prestation plus que honnête de Eduardo Noriega (Abre Los Ojos) dans le rôle de Jacinto, un acteur dont la carrière sera à surveiller.


Image
Cette édition de The Devil's Backbone est présentée au format respecté (1.85:1) d'après un transfert vidéo anamorphosé d'une qualité impressionnante.
Comme on pouvait s'y attendre d'un titre aussi récent, l'interpositif utilisé ne présente aucun grain ni imperfections. Le définition dans son ensemble impressionne par son piqué et sa précision. Chacune des scènes a un niveau de détail exceptionnel. La palette de couleur, plutôt froides, est reproduite avec brio et on n'y remarque aucune trace de débordement. Les parties sombres offrent quant à elles des dégradés subtiles et un niveau de détail satisfaisant. Les noirs sont, de leur côté, purs et profonds. La brillance ne présente finalement aucune fluctuation et le contraste est correctement ni sous ou sur accentué.
Ce transfert ne souffre d'aucun défaut de compression mais on doit toutefois déplorer une sur-définition des contours parfois évidente.



Son
Une seule bande sonore est offerte avec cette édition et il s'agit de la bande originale en espagnol, présentée en format Dolby Digital 5.1.
Tout comme sa contrepartie visuelle, la bande-son est d'excellente qualité. Notons tout d'abord une fidélité plus que respectable et ce pour tout les éléments sonores (voix, foley, trame-sonore). L'image stéréophonique est quant à elle articulée et profonde. Les enceintes arrières sont utilisées fréquemment de façon à soutenir l'ambiance, principalement lors des scènes plus intenses. Les dialogues sont de leur côté toujours intelligibles et naturels. Leur positionnement dans le champ sonore est de plus crédible et réaliste.
Les basses sont finalement bien étalées. Le canal .1 (LFE) est utilisé à profusion et ajoute une belle profondeur à ce mixage.
Le film est accompagné de sous-titres anglais et français. Nous avons toutefois remarqué un problème technique avec les sous-titres. En effet, il semble que l'utilisation des fonctions de déplacement rapide dans le film (« avance-rapide ») semblent causes des problèmes dans le temps d'affichage des sous-titres.


Suppléments/menus
Cette édition de The Devil's Backbone, présentée par TVA Films, reprend les suppléments présentés dans l'édition américaine distribuée par Columbia/Tristar.
Nous retrouvons comme premier supplément une piste de commentaires audio animée par le réalisateur Guillermo del Toro et le directeur photo Guillermo Navarro. Le commentaire est intéressant et s'attarde longuement sur les techniques utilisées en vue de la mise en scène. Les deux animateurs évoquent quelque peu les enjeux moraux mais y vont malheureusement aussi d'anecdotes plus ou moins intéressantes.
Il est ensuite possible de visionner un documentaire d'une quinzaine de minutes en espagnol, sous-titré en français ou en anglais. Ce segment, réalisé en vue de la mise en marché du film, a un ton beaucoup trop promotionel pour vraiement interesser. On y trouve les éternels entrevues avec les acteurs et les artisans du film entrecoupées de séquences du film. Il aurait été beaucoup plus instructif d'en apprendre un peu plus sur le travail production sur le contexte historique du film.
Il est finalement possible de visionner quelques scénario-vignettes ainsi que la bande annonce en version originale, sous-titrée en anglais ou en français.



Conclusion
The Devil's Backbone est un film bien ficelée qui mérite d'être visitée avec intérêt et attention. Cette édition de TVA Films a été produite avec soin et rend bien justice à l'oeuvre de Guillermo Del Toro. Fortement recommandé.



Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
3,4/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Steve Tremblay

Date de publication: 2002-07-24

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 16:9 Samsung HCL5515W, Récepteur Harman/Kardon AVR310, Lecteur DVD Panasonic RP91, enceintes Cerwin Vega, câbles Accoustic Research

Le film

Titre original:
Espinazo del diablo, El

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
106 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
TVA Films

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Espagnole Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Piste de commentaires, documentaire, scénario-vignettes, bande-annonce

Date de parution:
2002-07-15

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