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DVDEF

8 Femmes

Critique
Synopsis/présentation
François Ozon, jeune cinéaste français qui s'est fait connaître en réalisant de nombreux courts-métrages de qualité, signe ici son cinquième long-métrage. Après Sous le sable, ce film est le deuxième long-métrage ou il fait la preuve que son style est arrivé à maturité, sans avoir renoncé à l'humour corrosif qui a marqué sa carrière.

L'histoire, adaptée d'une pièce de théâtre des années soixante signée Robert Thomas, est un huis-clos mettant en scène huit femmes, bloquées dans une maison par le mauvais temps, qui tentent de résoudre le meurtre du maître de maison après la découverte du corps de celui-ci, poignardé dans son lit. Le suspense policier renvoie aux intrigues d'Agatha Christie, où le meurtrier fait partie du groupe. Au cours de la journée durant laquelle se déroule l'action, les secrets de chacune de ces huit femmes vont être révélés, augmentant à chaque fois les tensions entre elles. La vérité ne viendra qu'à la fin de la journée, lorsque toutes auront révélé les côtés les plus sombres de leurs personnalités et de leurs rapports avec le défunt.

Servi par une distribution époustouflante, ce film qui mélange intrigue policière et comédie musicale (chacune à son tour interprète une chanson, lors de scènes qui semblent parfois arriver de façon un peu artificielle). Si l'action se situe dans la campagne française à la fin des années cinquantes, le film est artistiquement plus proche des comédies musicales hollywoodiennes que des films policiers français de l'époque. La beauté des femmes, de leurs costumes et des décors, ainsi que les chansons d'époque qu'elles interprètent ajoutent un côté presque irréel aux horreurs qu'elles se disent au fur et à mesure de l'avancement de l'intrigue.

Ce film est une belle réussite artistique, l'intention du réalisateur (qu'il explique dans des notes qu'on trouve dans le très joli dépliant qui accompagne le disque) a été respectée. La beauté des images très stylisées fait joliment contrepoids à l'acidité des dialogues. Par contre, les chansons pourront apparaître comme un artifice superflu à ceux qui n'apprécient pas forcément les comédies musicales. Mais le décalage entre la gravité du sujet et les situations parfois très drôles qui apparaissent, et la qualité générale de l'interprétation font de ce film un spectacle tout à fait charmant et agréable à regarder.

Pour de plus amples informations sur la filmographie de François Ozon, vous pouvez lire la critique de l'édition DVD (que l'on doit là aussi à Séville) de son film précédent, Sous le sable.


Image
L'image est présentée au format respecté de 1.85:1, d'après un transfert optimisé 16:9 (dit anamorphosé).

Le transfert NTSC a visiblement été obtenu à partir d'un transcodage de la version PAL utilisée pour la zone 2. En effet, des effet de dédoublements apparaissent notamment lors des panoramiques et des mouvements rapides, ce qui est une signature d'une méthode de transcodage utilisant une interpolation des 25 images/secondes du format PAL pour générer les 30 images/secondes du NTSC. Cette interpolation est appelée "frame blending" en anglais, ce qu'on pourrait traduire par "fondu d'images", consiste a créer les 30 images/seconde nécessaires au NTSC en faisant l'équivalent de 25 fondus enchaînés en une seconde. Cette méthode entraîne une perte de définition visuelle et est parfois franchement fatiguante pour les yeux, notamment dans le cas de panoramiques horizontaux. Ces défauts sont plus ou moins visibles selon le matériel utilisé pour le visionnage, mais pour simplifier, on peut dire que le matériel haut de gamme ne pardonne pas.

L'image donne donc parfois une impression de flou, sauf sur les plans fixes où le rendu des détails et des textures est tout à fait correct.
Les couleurs sont éclatantes, surtout les rouges, mais les tons de peau restent naturels. Le rendu correspond bien à la photographie originale, sauf dans les rouges qui sont bien trop éclatants et manquent terriblement de subtilité et de détail. Cela est sans doute dû encore une fois au transcodage de PAL vers NTSC, l'encodage des couleurs et donc l'ensemble des couleurs représentables (le gamut) étant différent dans les deux systèmes. La brillance (le niveau des noirs) est bien ajustée, les zones d'ombres offrant des dégadés fluides et un niveau de détail acceptable. Le contraste est d'un bon niveau, et fait preuve d'une belle constance.

Certains artefacts de compression sont parfois visibles, notamment des textures qui ont une nette tendance à faire un peu de sur-place durant les mouvements de caméra. On note aussi quelques fourmillements et autres blocs dans certaines zones de l'image, mais ces deux derniers défauts sont mineurs à côté des problème de glissements et des problèmes majeurs dus au transcodage.


Son
Le film est proposé en version originale française, en Dolby Digital 5.1 et 2.0 surround, avec en option des sous-titres en anglais.

La première chose que l'on note est une très nette différence de timbre entre la version multicanaux et la version stéréo surround. Cela semble venir de la conversion originelle du film en PAL, qui, entraînant une accélération de 24 à 25 images/seconde, entraîne une accélération de la bande-son (qui va alors à environ 104% de sa vitesse nominale) qui s'accompagne d'une élévation conséquente du timbre. Cette élévation du timbre causée par l'accélération du film semble avoir été corrigée dans un cas (version 2.0 surround) mais pas dans l'autre (version multicanaux 5.1), ce qui est regrettable. C'est d'autant plus regrettable qu'une conversion d'un film en NTSC, utilisant la répétition de champs 3:2 ("3:2 pulldown", voir glossaire), n'entraîne aucune accélération du film et donc aucun besoin de correction.

Il ne faut pas perdre de vue que ce film est un huis-clos dans une confortable maison bourgeoise en plein coeur de l'hiver. Il ne faut donc pas s'étonner que le champ sonore ne soit pas très immersif, car il y a bien peu de sons d'ambiance. La séparation des canaux est adéquate, et les canaux d'ambiophonie très discrets, utilisés presque exclusivement par la trame sonore. Celle-ci, très bien intégrée, démontre une belle fidélité (surtout dans la version 2.0 surround qui ne souffre pas du problème de tonalité). Les dialogues sont toujours parfaitement intelligibles, de même que les paroles des chansons. Les effets de basse fréquence sont rarissimes, et le canal .1 (LFE) est quasiment absent, mais encore une fois cela n'a rien d'anormal.

Pour une fois, étant donné le problème de tonalité de la version Dolby Digital 5.1 et l'utilisation parcimonieuse des canaux d'ambiophonie (sans parler de la quasi-absence d'effets de basses fréquences), la bande sonore la plus fidèle et donc la préférable semble être la version Dolby 2.0 surround.


Suppléments/menus
Le film et les suppléments sont proposés sur un seul disque double-couche, accompagné d'un livret de qualité, qui va plus loin que l'habituelle liste de chapitres, chose trop rare pour ne pas être appréciée.

On offre d'abord la possibilité de regarder le film en écoutant une piste de commentaire audio, avec le réalisateur François Ozon, son agent Dominique Besnehard, les actrices Fanny Ardant et Ludivine Saginer, et enfin la scripte Agathe Grau. Ce commentaire couvre des sujets très divers comme la genèse du projet, la distribution des rôles et le pourquoi et le comment de certaines scènes, entre autres.

Le menu permet d'accéder à deux documentaires et quelques autres suppléments.
Le Documentaire "making of" (15'30) est une compilation d'extraits d'entrevues avec le réalisateur et les actrices. Ce montage, assez hétéroclite, comporte certaines interventions en français et d'autres en anglais, et couvre les points de vue de chacun sur la création et l'intention du film.
L'envers du décor (23'35) est quand à lui nettement plus intéressant, car il s'agit là d'un vrai documentaire sur les coulisses du tournage, avec notamment une étude des décors.
Musique en vedette offre des raccourcis pour accéder aux huit chansons dans le film.
Vidéclips (4'53) permet de visionner deux vidéoclips créés autour de chansons du film, Toi Jamais interprétée par Catherine Deneuve et un amusant remix pop de Papa t'es plus dans l'coup interprétée par Ludivine Sagnier.
Enfin, Bande-annonce (1'03), comme son nom l'indique, est la bande-annonce du film, et Aussi de François Ozon une simple animation qui nous révèle deux affiches de films de François Ozon, Gouttes d'eau sur pierres brûlantes et Sous le sable.

Ces suppléments rehaussent nettement la qualité de cette édition, de par leur qualité (commentaire audio, second documentaire) ou leur astuce (raccourcis vers les chansons). Ils correspondent à ce qu'on attend d'une édition "Signature". On déplore cependant l'absence des scènes coupées existant dans l'édition "Luxe" disponible en zone 2.



Conclusion
Ce film, d'une très grande beauté, aurtait mérité un bien meilleur traitement. La qualité d'image n'est absolument pas dans les normes qu'on est en droit d'attendre d'une édition "Signature". Il est très dommage que l'éditeur se soit contenté de convertir une source vidéo PAL européenne en NTSC, récupérant les défauts inhérents à ce genre de transfert et en ajoutant d'autres dûs à la méthode impropre de conversion. D'autres méthodes de conversion auraient pu être envisagées (comme par exemple ralentir la version PAL en 24 images/seconde et effectuer une conversion classique en utilisant la répétition de champs 3:2) qui auraient évité ces désagréments, restauré la vitesse originale du film et permis d'utiliser la piste son originelle et donc sans erreur de tonalité.
Tout n'est cependant pas négatif dans cette édition. Tout d'abord, il s'agit là d'un bon film, très joli et divertissant, et ensuite, les suppléments sont globalement de bonne qualité. Il s'agit là d'un film à voir, ne serait-ce que pour son impressionnante distribution et son côté "Cluedo" très sympathique.


Qualité vidéo:
2,5/5

Qualité audio:
3,0/5

Suppléments:
3,4/5

Rapport qualité/prix:
2,5/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2003-02-25

Système utilisé pour cette critique:

Le film

Titre original:
8 Femmes

Année de sortie:
2002

Pays:

Genre:

Durée:
106 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Films Séville

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Française Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Français

Suppéments:
Commentaire audio, Documentaires, Bande-annonce, Clips musicaux

Date de parution:
2003-02-25

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