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Two Mules for Sister Sarah

Critique
Synopsis/présentation
Don Siegel est l'un des grands maîtres de la série B, ayant touché à tous les genres (policier, western, guerre, science-fiction) avec plus ou moins de succès mais une énergie toujours présente. Il compte dans sa prolifique filmographie (quarante et un films en trente-sept ans) de purs joyaux cinématographiques et bon nombre d'oeuvres très intéressantes : Verdict (1946), Riot in Cell Block 2 (1954), Invasion of the Body Snatchers (1956), Baby Face Nelson (1957), Hell is for Heroes (1962), The Killers (1964), Coogan's Bluff (1968), Escape from Alcatraz (1979).

Dans toutes ces oeuvres, il fait preuve d'un sens du rythme et de l'espace vraiment exceptionnel. Si les scénarios sont souvent basiques, c'est la vision et la mise en scène de Siegel qui souvent les transforment en bons films. Son efficacité doit faire pâlir d'envie nombre de réalisateurs récents, tant il était capable de donner de l'ampleur à ses oeuvres avec des moyens limités. Il mériterait sans doute plus de considération de la part des historiens du cinéma, qui ne voient souvent en lui qu'un faiseur habile alors qu'il est bien plus que cela. Sa rencontre avec Clint Eastwood fut décisive et tous deux créèrent une légende indéfectible : l'Inspecteur Harry avec Dirty Harry (1971). Ils tournèrent également le chef d'oeuvre de Siegel et un film passionnant, noir, vénéneux et osé, dans lequel Eastwood entame la destruction de son image de héros : The Beguiled (1971).

Two Mules for Sister Sara (1969) ne fait par contre pas partie de leur meilleures collaborations. On y suit Hogan (Clint Eastwood), un chasseur de primes qui sauve par hasard du viol et de la mort une belle religieuse, Sara (Shirley Mc Laine). Celle-ci est poursuivie par l'armée française pour avoir aidé la rebellion mexicaine, et Hogan va l'aider à leur échapper car elle est non seulement une ecclesiastique, mais également très séduisante. Il finira par l'accompagner et la protéger jusqu'à sa destination, ayant découvert qu'elle peut l'aider dans son prochain contrat avec la même révolution mexicaine.

Le plus gros problème de ce film est de tenter de jouer sur l'immense succès que C. Eastwood connut dans les westerns italiens de Sergio Leone, avec son personnage de l'homme sans nom (barbe de troix jours, yeux perçants, cigare au bec et air taciturne). Hogan est donc un décalque de l'homme sans nom et tous les éléments du film plagient sans vergogne les éléments développés par Leone. La musique est même signée d'Ennio Morricone qui utilise ici un thème similaire à ses célèbres compositions, dont le côté humoristique convient parfaitement au film. Le cadre en 2.35:1, les gros plans sur les visages, la photographie (magnifique), tout rappelle le western spaghetti, sans en avoir malheureusement la saveur. Siegel fait son travail mais n'a pas l'air très à l'aise avec ces éléments imposés si éloignés de son système habituel. Le film est loin d'être mauvais et certaines situations entre Sara et Hogan sont vraiment marrantes, mais le scénarion de Budd Boetticher n'était pas destiné à être mis en image de cette façon et cela s'en ressent un peu dans le rythme.

Hormis ces retenues, le film se laisse regarder et peut être vu comme un aimable divertissement sans prétention. C'est uniquement lorsqu'on le compare à ses modèles ou aux autres films de Siegel qu'il est pris en défaut. Clint Eastwood et Shirley MacLaine y sont impeccables et on suit leurs aventures avec plaisir (à défaut d'intérêt). Nous vous recommandons donc le visionnage de ce film sympathique, tout en gardant à l'esprit les réserves précitées et vous passerez très certainement un moment agréable.


Image
L'image est offerte au format respecté de 2.35:1 d'après un transfert 16:9.

La définition générale est de très bon niveau pour un film vieux de plus de trente ans. L'interpositif est relativement propre, les poussières et rayures présentes ne venant jamais gâcher le plaisir du visionnage. Les superbes couleurs de l'excellente photographie de Gabriel Figueroa sont fort bien rendues, toujours justes, constantes et bien saturées. Le contraste est également d'un niveau agréable, éliminant toutes brillances intempestives. Les parties sombres sont correctement rendues, même si les noirs manquent un peu de profondeur et de pureté. Les dégradés sont par contre bien gérés.

La partie numérique du transfert n'est pas parfaite mais assure un niveau de qualité fort honorable au vu du tarif de vente de cette édition. Quelques traces de fourmillements sur les ciels et un peu de surdéfinition viennent parfois parasiter le bon rendu de cette édition.



Son
Les bandes-son disponilbes sur cette édition sont respectivement en Anglais (DD 2.0 mono), Français (DD 2.0 mono) et Espagnol (DD 2.0 mono).

La dynamique est fort correcte pour un film de 1969. La spatialité n'est certes pas le point fort du film, mais par moments il offre une présence agréable (explosions). L'amusante musique d'Ennio Morricone est fort bien intégrée au reste de la bande-son. Les dialogues sont toujours parfaitement intelligibles et sans traces de saturation ou de parasites (à moins de monter le niveau inconsidérément). Les basses fréquences sont étonnamment présentes et plutôt bien utilisées même si leur profondeur laisse à désirer.
Les deux bandes-sons doublées sont d'une qualité sensiblement inférieure, perdant en spatialisation et étant handicapées par la qualité artistique de leurs doublages respectifs.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.
Une bonne surpise que cette bande-son anglaise de qualité, qui permet d'apprécier le film dans de bonnes conditions.


Suppléments/menus
Le strict minimum en la présence d'une bande annonce de qualité moyenne. Celle-ci s'avère très révélatrice du déséquilibre du film. En effet, elle axe toute sa présentation autour du personnage de Clint Eastwood mais insiste sur des traits de caratère représentatifs des personnages qu'il interprêtait lorsqu'il tournait avec le grand Sergio Leone. Elle confirme bien l'intention des studios d'exploiter au maximum le succès des westerns italiens, qui ont fait la réputation d'Eastwood, et non de financer le film pour son scénario ou son réalisateur.

A noter une musique de menus exécrable, mauvaise imitation de celle d'Ennio Morricone, qui entérine définitivement la lourde référence au western spaghetti.



Conclusion
Une édition de bonne qualité technique. Certes la restauration de l'image et du son auraient pu être plus poussées, mais en l'état, cette édition s'avère fort satisfaisante pour un film de 1969. Les suppléments sont limités à leur strict mi

Le film est plutôt sympathique mais souffre de l'influence du western italien qui a fait connaître Eastwood. Don Siegel est un réalisateur très efficace de séries B américaines, et se retrouve donc un peu empêtré dans cette oeuvre. De même, le scénario de Budd Boetticher ne devait pas subir ce type de traitement et cela en amoindrit considérablement la portée. Neanmoins, les deux acteurs s'amusent visiblement bien et certaines situations sont fort savoureuses. La musique et la photographie sont splendides mais rappellent trop le travail de Sergio Leone.



Qualité vidéo:
3,4/5

Qualité audio:
3,0/5

Suppléments:
1,0/5

Rapport qualité/prix:
3,4/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2003-05-17

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Two Mules for Sister Sarah

Année de sortie:
1969

Pays:

Genre:

Durée:
114 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono
Française Dolby mono
Espagnole Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Bande-annonce

Date de parution:
2003-05-06

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