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DVDEF

Vidocq (Signature Collection)

Critique
Synopsis/présentation
Jean-Christophe Comar (ou Pitof) a commencé sa carrière cinématographique comme monteur pour ensuite passer à la réalisation de vidéoclips et de publicités. Mais Pitof s'est surtout fait connaître comme responsable des effets spéciaux pour bon nombre de productions d'importance. On lui doit notamment à ce titre les effets spéciaux de Jeanne d'Arc (Luc Besson, 1999), Astérix et Obélix contre César (Claude Zidi, 1999), Alien: Resurrection (Jean-Pierre Jeunet, 1997) et La Cité des enfants perdus (Jean-Pierre Jeunet, 1995). Vidocq est le premier film de Pitof à titre de réalisateur.
L'action prend place à Paris en 1830. L'atmosphère est survoltée, Paris vis à l'aube d'une révolution. Etienne Boisset (Guillaume Canet), biographe de Vidocq (Gérard Depardieu), arrive à Paris où il apprend le décès de ce dernier. Vidocq, ancien bagnard devenu policier puis détective privé, serait mort en combattant le mystérieux alchimiste à qui on impute toute une série de crimes. Etienne Boisset, pour venger Vidocq, décide de reprendre les rennes de l'enquête...
Vidocq s'inscrit dans cette nouvelle vague de super-productions françaises avec les Belphégor: Le Fantòme du Louvre, Le Pacte des Loups et dans une moindre mesure Les Rivières Pourpres. Malheureusement, ces films, au lieu de bâtir sur ce que l'on pourrait appeler l'esprit du cinéma français (mise en scène attentive, dialogues soignés) embrasse les conventions de productions hollywodiennes...
A l'origine de ce film nous trouvons deux producteurs (Dominique Farrugia/Olivier Granier) décidés à produire une nouvelle adaptation de Vidocq, l'écriture du scénario fut confiée à Jean-Christophe Grangé (auteur des Rivières Pourpres). Les producteurs confièrent par la suite cette réalisation à Pitof. Vidocq souffre, quelque peu, d'un scénario qui visiblement manque d'étoffe et de subtilité. Les personnages restent froids, sans grande envergure. Le fil scénaristique (flash-back, revirement de situation) tient du lieu commun et ne fait preuve d'aucune originalité. Le passé publicitaire de Pitof marque cette réalisation. Les séquences s'enchaînent à un rythme éffréné au point d'en devenir essouflant. Gros plan, accéléré, rafale d'images, tous les trucs d'un réalisateur publicitaire y passent. Cette première mise en scène n'est pas un échec mais manque en fait d'unité, d'une réelle construction cinématographique.
Ce qui sauve probablement la mise est l'univers visuel de ce film. Pitof a fait appel aux services de Marc Caro (ex-collaborateur de Jean-Pierre Jeunet) et Jean Rabasse pour signer la facture visuelle de Vidocq. Le résultat final, sans être d'exception, est à tout le moins impressionant. Des personnages, à l'architecture de ce Paris, tout a été soigneusement travaillé. L'univers créé est noir, glauque. Les jeux de lumières étonnent par leur surréalisme, près d'un univers tenant du rêve. Autre atout de Vidocq, cet univers visuel est consistant du début à la fin, sans rupture de ton.



Image
On entend souvent dire que Vidocq fut le premier film à avoir été tourné entièrement sur support numérique. Ceci est en fait érronné, Our Lady of the assasin (La Virgen de los sicarios) de Barbet Schroeder fur tourné en numérique. La différence est que pour le film de Schroeder on a utilisé une caméra numérique de première génération (HD700, 30 images/secondes). Pour Vidocq on a utilisé une caméra de toute dernière génération; la Sony/Panavision HDW-F900 (HDTV 24P, 1080p). Au désaroi de George Lucas Attack of The Clones ne fut pas le premier film tourné avec la HDW-F900 (HDTV 24P, 1080p)...
Un des avantages de tourner en numérique, outre les coûts réduits pour les producteurs, est qu'on élimine les problèmes reliés à un support argentique comme la péllicule; fini les parasites et instabilités chromatiques. Cela ne veut pas dire pour autant qu'on profite en format DVD de toute la qualité d'une capture sur support numérique. La résolution en DVD-Vidéo est limitée actuellement à 480i alors que le film fut tourné à 1080p. De plus le travail de compression Mpeg reste un facteur déterminant quand à l'évaluation du produit final en format DVD.
Vidocq est présenté en format original de 1.85:1 d'après un transfert anamorphosé (numérique à numérique). La définition, dans l'ensemble, rend justice au soucis du détail des artisans. L'image est généralement nette, bien qu'un peu en deçà ne nos attentes pour un film tourné sur support numérique. Nous aurions cru voir une image avec un peu plus de mordant. Est-ce un problème relié à la convertion du matériel source original? S'aventurer à évaluer la justesse de la colorimétrie est un exercice trop périlleux tant la palette de couleurs a été filtrée et altérée. Notons plutôt que les couleurs (plutôt chaudes) nous ont paru reproduites avec constance, pleinement saturées mais sans jamais déborder. Le contraste a volontairment été sur-accentué (un choix stylistique) ce qui tend à sublimer les dégradés. Néamoins le niveau des noirs nous a semblé correctement ajusté.
La sur-définition des contours a été réduite au minimum tandis qu'on ne remarque aucun défauts reliés à la numérisation mis à part quelques légers effets de tremblement dans les arrières plans.



Son
Deux bandes-sonores françaises sont incluses: Dolby Digital 5.1 et 2.0 Surround.
Le mixage Dolby Digital 5.1 surprend un peu par sa simplicité. Si le son offre parfois une bonne dynamique nous aurions cru avoir affaire à un environnement sonore plus complexe et détaillé. Le son se déploie essentiellement des enceintes avant, l'image stéréophonique est articulée et les transitions acceptables. Les canaux d'ambiophonie sont mis à contribution pour appuyer la trame-sonore ou quelques effets localisés. Le trame-sonore est reproduite avec fidélité mais manque parfois d'impact. Les dialogues bien que souvent post-synchronisés sont bien intégrés au mixage; nets et intelligibles. Les basses ont un bel impact tandis que l'utilisation de canal .1 (LFE) reste soutenu du début à la fin.
Peut-être que la bande-son DTS offerte avec l'édition Zone 2 aurait donné un peu plus de subtilité et détail à l'espace sonore. Quoique ce mixage, peut importe le format, reste parfois en retrait au lieu d'être immersif.
Il y a option de sous-titrage en anglais.



Suppléments/menus
Vidocq est le deuxième film à être mis en marché par Séville sour la bannière Signature Collection.
Cette édition offre un bon lot du suppléments, tous récupérés de l'édition Zone 2. On trouve en premier lieu une piste de commentaires audio animée par le réalisateur (Pitof) et le chef décorateur/directeur artistique (Jean Rabasse). La paire Pitof/Rabasse interagit avec complicité mais ne traite plus souvent qu'autrement que des trucages/décors; Jean Rabasse se concentre plus spécifiquement sur les effets spéciaux tandis que Pitof, lui, aborde parfois les enjeux plus généraux de cette production. Ceux interessés par la facture visuelle du film y trouveront leur compte.
Le documentaire sur le tournage du film (6'48) n'est ni mieux, ni pire que ce que l'on retrouve habituellement comme segment (promotionnel) en format DVD. On y voit l'habituel enchainement extraits du film/entrevues/scènes filmées en coulisse. Les artisans se félicitent, et ou soulignent à gros traits le magnifique travail qui a été fait...
Dans ce qui constitue un des meilleurs suppléments de cette édition une entrevue (19'06) avec Jean-Christophe Grangé. Les questions de l'interviewer sont justes et pertinentes, le scénariste du film se livre avec honnêté sur ce qu'a représenté l'écriture de ce scénario. Très pertinent Grangé trace en parallèle son travail de scénariste et d'écrivain.
Le documentaire sur les scénarimages est en fait une longue entrevue (19'40). Réalisé auprès de Fabien Lacaf, celui qui a réalisé tous les scénarimages, ce supplément vaut sans aucun doute l'écoute. L'artisan vulgarise magnifiquement son travail, ses influences et sa démarche en vue du travail à faire sur Vidocq. Enfin une entrevue avec un artisan qui va un peu plus loin que le simple segment!
Le documentaire sur les effets spéciaux est commenté par Rodolph Chabrier de la société Mac Guff Ligne. Cette compagnie a eu pour mandat de produire les effets spéciaux du masque de l'alchimiste. En un peu plus de sept minutes Rodolph Chabrier explique comment furent réalisé les principaux effets du masque. L'information est bien synthétisée, claire et précise. Un segment solide.
Suit ensuite une longue entrevue avec le réalisateur (38'32) réalisé en vue de la sortie de l'édition DVD Zone 2. Pitof aborde au cours de cette entrevue toutes les grandes étapes entourant la production de Vidocq; le projet, le scénario, l'alchimiste, Gérard Depardieu et le numérique. Que l'on apprécie ou non le travail de Pitof il faut reconnaître à l'homme qu'il sait bien communiquer ses motivations. Mais le plus grand mérite de cette entrevue vient de Pitof lui-même qui se livre honnêtement et sans artifice. Une fausse note toutefois; l'édition Zone 2 offrait l'intégralité de l'entrevue (une heure), ici réduite à un peu moins de quarante minutes.
Finalement nous retrouvons une galerie d'esquisses des personnages (trente-huit dessins), une galerie d'affiches (huit), les pré bandes-annonce/bandes-annonce du film et un vidéoclip (Apocalyptica).




Conclusion
Que l'on apprécie ou non ce film cette édition de Vidocq est dans une large mesure un produit de qualité malgré quelques petits défauts. Le plus proéminent de ceux-ci est relié à l'image; non pas que la définition ne soit pas à point mais l'image n'a pas le mordant d'un transfert numérique à numérique. Les suppléments, justement sélectionnés de l'édition Zone 2, devraient en satisfaire plus d'un.



Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
3,7/5

Suppléments:
3,7/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,9/5
Auteur: Mathieu Daoust

Date de publication: 2002-06-18

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Widescreen 16:9 Toshiba TheaterWide TW40X81, Récepteur Pioneer Elite VSX-07 TX, Lecteur DVD Pioneer Elite DV-37, enceintes Paradigm, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Vidocq

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
100 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Films Séville

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Française Dolby 2.0 Surround
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Documentaies, entrevues, piste de commentaires audio, galeries d'images, bandes-annonces, vidéo

Date de parution:
2002-06-25

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