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DVDEF

Casino Royal

Critique
Synopsis/présentation
Charles K Feldmann (célèbre producteur Hollywoodien) réussit à réunir un casting de rêve chez les acteurs comme chez les réalisateurs pour travailler sur Casino Royale (1967). La paternité du film lui revient de droit et fort de son influence et de ses relations, il réussit à mettre le projet sur pied. Une pléiade de vedettes dirigées par non moins de cinq réalisateurs en firent un film cher et plutôt complexe à contrôler.

Cette situation eut des effets à la fois bénéfiques et néfastes sur la qualité du film, d'autant plus que son scénario fut écrit par trois personnes différentes.
James Bond (David Niven, parfait, totalement à la hauteur) est à la retraite depuis la mort de Mata Hari sa compagne de l'époque. Les services secrets britanniques tentent de le convaincre de reprendre du service. Le SMERSH, une mystérieuse organisation, prend en effet un malin plaisir à éliminer tous les agents secrets qu'elle découvre toutes nations confondues. Celui-ci accepte à la suite d'une odieuse manipulation perpétrée par M (John Huston avec un hallucinant accent écossais). Auparavant, ces même services secrets britanniques avaient pris soin de donner le nom de James Bond à plusieurs de leurs agents de façon à brouiller les pistes pour l'ennemi.

Vous aurez compris le potentiel d'une telle intrigue au niveau des apartés et digressions psychédéliques et comiques. Les scénaristes s'en sont donné à cœur joie et même sont allés trop loin, oubliant de donner une vraie structure à leur travail. Le fait d'avoir plusieurs réalisateurs les mena à découper leur scénario en plusieurs parties distinctes qui seront réparties entre les cinéastes. Du coup, une sensation de flottement traverse le film qui finit par s'essouffler dans sa deuxième partie.

Cependant, nombre de scènes sont réellement hilarantes et délirantes (l'épisode au château écossais, les interventions de Woody Allen) et c'est le lien entre elles qui fonctionne plutôt mal. La mission d'arriver à lier entre eux ces sketches (avec tant d'acteurs au charisme important) paraît quasi impossible. Il est en tout cas certain que la bonne humeur devait régner sur le plateau vu les scènes qu'ils ont eu à tourner ensemble. Les décorateurs et costumiers se sont surpassés pour parodier de façon subtile tous les artifices des James Bond officiels en les passant à travers le prisme déformant de la mode psychédélique (Ursula Andress y joue un rôle important, elle qui fut la première James Bond Girl). C'est en grande partie grâce à ces qualités que Casino Royale a pu conserver une telle réputation, avoir autant d'influence à notre époque (voir Austin Powers et ses suites qui sont dans sa droite ligne).

Un mot aussi sur la musique psychédélique à souhait de Burt Bacharach qui elle aussi joue un énorme rôle dans le côté Pop et Kitsch de Casino Royale.

En somme, une œuvre très distrayante et agréable à partir du moment où on la regarde pour ce qu'elle est, à savoir une pantalonnade de luxe réalisée avec l'esprit de l'époque, c'est à dire des moments géniaux mais un ensemble assez déroutant au final.

A conseiller définitivement aux amateurs des années soixantes auxquels il conviendra parfaitement (au même titre que Modesty Blaise), et comme curiosité humoristique pour les autres.



Image
L'image est présentée au format respecté de 2.35:1 d'après un transfert anamorphosé.

La transfert proposée par la MGM n'a malheureusement pas été restauré. La définition générale reste correcte même si fluctuante. Les détails sont d'une bonne finesse malgré un interpositif variant de sale à très sale. Les couleurs sont bien rendues heureusement pour l'énorme travail réalisé par les décorateurs, les costumiers et le directeur de la photo. Le contraste est de niveau standard permettant un rendu satisfaisant des scènes sombres.

La partie numérique de transfert est elle aussi potable, se laissant de temps à autres deviner à travers de la surdéfinition et des fourmillements qui se fondent malgré tout aisément dans l'ensemble.

Une image regardable malgré que la MGM n'ait pas jugé bon d'appliquer à l'image le même travail de restauration que celui effectué sur le son.


Son
Les bandes-son sont disponibles en Anglais (DD 5.1 surround), Anglais (DD 1.0 mono) et Espagnol (DD 1.0 mono).

Le remixage effectuée s'entend à travers une dynamique fort correcte et une présence accrue par rapport à la bande-son en mono. Si la spatialité n'est pas vraiment le point fort de cet enregistrement, la musique en ressort tout de même grande gagnante. Les enceintes arrières sont muettes sauf pour quelques effets ponctuels et certains passages musicaux. Les basses fréquences sont assez décevantes car on s'attendait à mieux après un remixage.

Les deux bandes-sonores mono s'avèrent plutôt fades en comparaison, ce qui nous amène à douter de l'intérêt d'une deuxième piste anglaise en mono sur de telles œuvres. Néanmoins celle-ci a le mérite d'être celle d'origine.

Des sous-titres sont disponibles en Anglais, Français, Espagnol et Portugais.


Suppléments/menus
Cette partie du DVD est bien fournie et de bonne qualité (si l'on fait fit de la série télévisé). Le documentaire intitulé Psychedelic Cinema (19'42 mins) est mené par Val Guest (réalisateur anglais : Quatermass and the Pit, 1955). Nous l'écoutons avec grand plaisir revenir sur ses souvenirs et nous raconter des anecdotes croustillantes. Le recul pris depuis l'époque du tournage lui permet d'être honnête et de raconter aussi bien les bons que les mauvais côtés de ce genre de grosses productions internationales.

L'épisode d'une série télévisée américaine (de 1954) est d'un intérêt très limité, en plus d'une qualité technique déplorable. La présence de l'immense Peter Lorre (acteur allemand inoubliable dans M, le Maudit de Fritz Lang, 1931) et un scénario proche du livre de Ian Flemming permettant de mesurer à quels points les scénaristes de Casino Royale ont distordu l'intrigue, sont les seuls intérêts de cette section.

La bande annonce est de bonne qualité et qui plus est totalement dans l'esprit du film. A noter que les menus de cette édition sont magnifiques et tout à fait dans la lignée psychédélique de l'époque, parfaitement accompagnés par la très 60's musique de Burt Bacharach.



Conclusion
Une édition DVD un peu limite techniquement (image) mais dont la qualité de l'œuvre et de certains suppléments parviennt à la remonter jusqu'à une recommandation. Un film hilarant et délirant qui garantira un bon moment pour tous les spectateurs.


Qualité vidéo:
2,5/5

Qualité audio:
2,5/5

Suppléments:
3,8/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,6/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2002-11-01

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Casino Royal

Année de sortie:
1967

Pays:

Genre:

Durée:
137 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby mono
Espagnole Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Portugais
Espagnol

Suppéments:
un making of nommé :'Psychedelic Cinema', Bande Annonce et un adaptation télévisée de Casino Royale

Date de parution:
2002-10-15

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