Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Resident Evil (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Pourquoi diable les studios hollywoodiens s'obstinent-ils à faire l'adaptation au grand écran de jeux vidéos ? Jusqu'ici, la recette s'est non seulement avéré tout juste rentable, mais les films qui ont résultés de telles adaptations sont tous plus mauvais les uns que les autres. Y a-t-il réellement un cinéphile qui garde un bon souvenir de Super Mario Bros. ? Ou encore de Street Fighter ? Et de Double Dragon ? Mieux encore, Mortal Kombat et sa suite ? Aucun de ces films na brisé de record au guichet, pourtant les studios n'apprennent pas la leçon et continuent de produire de tels adaptations. Il apparaît évident, à la vue des quelques films mentionnés ci-haut, que le 7e art et les jeux vidéos sont deux entités bien distinctes et indépendantes qu'il est impossible de conjuguer. C'est pourtant simple, le monde du jeu vidéo ne se prête pas à une transposition cinématographique. Et vive versa, puisque les adaptations en jeux vidéos de films à succès se sont rarement avérées très réussies...
S'il était un titre de jeux vidéo qui nous laissait espérer un bien meilleur sort au cinéma, il s'agit certainement de Resident Evil. Dès la parution du premier jeu de la série en 1996 sur Playstation, il paraissait évident aux amateurs de jeux vidéos que ce titre était destiné à adaptation cinématographique dans un future rapproché. Le scénario était riche et complexe, les décors étaient plein d'atmosphère et lugubres à souhait, les personnages étaient pourvus de personnalités relativement bien développés, et l'action était au rendez-vous. Toutes ces caractéristiques qui firent de Resident Evil un jeu si effrayant mais surtout si divertissant laissaient présager un film d'horreur tout aussi stimulant et horrifiant. Dans nos rêves à tout le moins… Car tout ce qu'a réussi à en faire le réalisateur et scénariste Paul W.S. Anderson (Mortal Kombat, Event Horizon) est un film d'action un peu banal, bourré de clichés et même de plagiat, et qui ne respecte qu'à moitié l'univers des jeux vidéo.
L'action du premier jeu Resident Evil prenait place dans un immense manoir, exempt de toute présence humaine, mais peuplé de monstres sanguinaires. L'ambiance y était sombre, sinistre et glauque. Le silence régnait et la musique était minimaliste. Paul W.S. Anderson a préféré situer son action dans un laboratoire moderne, et l'ambiance froide et subtile a été remplacée par une surenchère d'effets tapageurs et agressant. Fini les corridors sombres d'où l'apparition prompte d'un seul mort vivant était suffisante pour nous flanquer la frousse. Anderson nous bombarde d'un nombre éxagéré de zombis, qui à leur tour se font bombarder par un commando équipé d'un arsenal dévastateur et… bruyant ! La subtile musique a quant à elle fait place à une trame-sonore tonitruante composée par nul autre que Marilyn Manson. Ainsi donc, le réalisateur a pratiquement évacué tous les éléments de suspense et d'horreur pour ne garder que les éléments d'action et le "gore".
Le film n'en est pas complètement raté pour autant. Visiblement, Anderson connaît l'univers des jeux de la série puisque les références y sont nombreuses. Que ce soit certains des décors, le nom inscrit sur le wagon du train de service, les plantes vertes discrètement dissimulées en arrière-plan, ou encore le bruit de pas des chiens, plusieurs éléments sont directement tirés des jeux vidéo. Voilà au moins quelques éléments qui devraient ravir les amateurs du jeu. De plus, bien qu'il soit d'une crédibilité parfois douteuse, le scénario respecte assez bien l'intrigue développée dans les jeux vidéos, à savoir les magouilles douteuses de la compagnie pharmaceutique Umbrella. Qui plus est, Anderson manifeste un sens visuel assez spectaculaire. Dommage seulement qu'il s'adonne autant à une campagne de plagiat quasi-révoltante. La scène du laser qui coupe les soldats en petits morceaux, tout droit tirée du film Cube, est particulièrement agaçante. Et passons sous silence ces nombreuses scènes tirées deThe Matrix, qui n'ont tout simplement pas leur place dans ce film. Enfin, Paul Anderson s'était apparemment fixé comme objectif d'en mettre plein la vue aux spectateurs, un objectif qu'il a cherché à atteindre non pas sans risquer de décevoir les fans de la première heure du jeu vidéo.


Image
Le film nous est présenté au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert anamorphique et numérique. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce transfert rend pleinement justice au travail du directeur photo. Évidemment, l'interpositif utilisé pour ce transfert est de qualité optimale et n'est entaché par aucune anomalie quelle qu'elle soit. Il y a bel et bien présence de grain, mais il s'agit là d'un effet de style recherché. La définition est excellente et laisse pleinement voir les détails et les textures. La netteté est parfaite, il n'y a aucun manque de piqué à déplorer. En tout temps, le rendu des couleurs est impeccable, malgré le fait que celles-ci soit hautement stylisées. La colorimétrie alterne régulièrement entre des teintes riches et éclatées à des teintes sobres et presque dé-saturées. La brillance et les contrastes sont tout deux constants et adéquatement ajustés. Les parties sombres, qui marquent la majorité du film, sont généralement bien dégradés, rares sont les plans qui bloquent. Quant aux noirs, ils sont toujours pures et profonds, pratiquement exempt de tout fourmillement.
Autre point positif de ce transfert, la sur-définition des contours à été réduite au minimum. De plus, il n'y a aucun défaut de compression à déplorer.


Son
Cette édition offre deux mixages Dolby Digital 5.1, soit un en anglais et l'autre en français. À l'instar du transfert vidéo, ces deux mixages sont d'une qualité tout à fait étonnante. Mais attention, il ne s'agit pas d'un mixage où règne la subtilité ! Les mixeurs ont au contraire misé sur un maximum d'effets tapageurs et agressifs pour procurer une expérience des plus étourdissante ! Le dynamisme est absolument percutant tandis que la spatialité est étonnamment ample et enveloppante. L'intégration des éléments sonores, grâce à une séparation des canaux fluide et subtile, est tout à fait impeccable. La trame-sonore est fidèlement mixé avec beaucoup d'énergie et d'agressivité, sans pour autant qu'elle ne devienne trop envahissante. Les dialogues sont toujours nets et parfaitement intelligibles. Les canaux d'ambiophonies sont judicieusement employé pour créer l'atmosphère (avec l'aide d'effets sonores ambiants ou encore avec une musique subtile), mais surtout pour nous en mettre plein les oreilles lors des scènes d'action. Nous sommes alors bombardé d'effets tapageurs localisés et bien définis ainsi que de transitions de canaux étourdissantes et très efficaces. Les basses sont profondes et bien intégrés tout au long du film. Le canal .1 (LFE) roule à plein régime du début à la fin, y allant de basses profondes souvent en deçà des 25Hz.
Des sous-titres anglais et français sont également offerts avec cette édition.


Suppléments/menus
Les stratégies actuelles de mise en marché chez Columbia/Tristar ont tout pour déstabiliser le consommateur. En effet, ce studio ne se contente plus de distribuer une seule et unique version d'un même film, il préfère au contraire saturer les consommateurs de plusieurs éditions différentes. Généralement, une édition que l'on pourrait qualifier de simple (où il n'y a généralement que le film, avec plus ou moins un ou deux suppléments mineurs) est distribuer quelques mois après la sortie en salles du film. Puis, quelques mois plus tard, une ré-édition plus complète (avec plus de suppléments) nous est offerte. Cette stratégie n'a rien d'illégal ou de malhonnête, surtout que la Columbia/Tristar s'assure toujours de prévenir les consommateurs qu'une deuxième version fera son apparition quelques mois après la première. Ainsi, les plus patients n'auront qu'à attendre l'édition de leur choix. Cependant, pour Resident Evil, la situation est plus confuse. Cette fois, ce n'est pas tant une édition simple que le studio met en marché, mais bien une édition qualifiée de spéciale comportant un lot assez intéressant de suppléments. Pourtant, une autre édition, encore plus riche en supplément, a déjà été annoncée… Que voilà une preuve que la mention "édition spéciale" est de plus en plus utilisée à tort et à travers et qu'elle ne garantie nullement la durabilité ou la rentabilité d'une parution.
Quoi qu'il en soit, cette édition plus ou moins spéciale renferme un lot fort convenable de suppléments. Vous retrouverez tout d'abord une piste de commentaires audio animée par le réalisateur Paul W.S. Anderson, le producteur Jeremy Bolt ainsi que les actrices Milla Jovovich et Michelle Rodriguez. Si la piste peut être amusante ou distrayante au cours des premières minutes grâce à la jovialité qui unie les animateurs, elle en devient rapidement lassante et ce, pour la même raison. À force de dire des sottises et de parler d'un peu n'importe quoi, les animateurs faillissent au mandat. Le réalisateur tente bien à quelques reprises de discuter du tournage et des techniques utilisées pour réaliser certaines scènes, mais à chaque fois Milla Jovovich lui coupe la parole pour parler de ses seins ou de ses jambes...
Il y a ensuite une série de cinq court documentaires traitant de divers aspects de la production du film. Le plus intéressant et le plus complet est celui intitulé The Making of Resident Evil (29 min.). S'il débute tel un documentaire promotionnel plutôt banal dans lequel les intervenants se contentent de résumer l'intrigue du film, le contenu devient beaucoup plus intéressant passé les dix premières minutes. On y aborde diverses techniques de tournage, on explique les maquillages, on présente les effets spéciaux, etc. Fort intéressant, mais hélas un peu court. Aussi captivant; un court documentaire (10 minutes) entièrement dédié à la composition de la trame-sonore. Vous y verrez des entrevues avec le réalisateur et les compositeurs, Marco Beltrami et nul autre que Marilyn Manson ! Les deux compositeurs expliquent leur façon de travailler et comment chacun d'entre eux a abordé ce travail d'équipe pour le moins inusité. Intéressant !
Suivent ensuite trois petits segments de quelques minutes beaucoup moins approfondi mais néanmoins divertissant ayant comme sujet respectif les costumes, les décors, et les maquillages. Pour conclure, vous retrouverez le vidéoclip de la chanson My Plague, interprétée par Slipknot, ainsi quelques bandes-annonces et des notes de production.




Conclusion
Bien que Resident Evil risque de laisser plusieurs amateurs du jeu vidéo sur leur faim, il s'agit néanmoins de l'une des adaptations de jeu vidéo la plus réussie à ce jour. Cette édition DVD en est une de très belle facture, tant les transferts audio que vidéo sont pratiquement de qualité irréprochable. En attendant d'avoir une édition où les suppléments sont encore plus nombreux et étoffés, cette édition spéciale devrait combler les attentes des consommateurs impatients qui ne désirent pas attendre jusqu'à la sortie de l'édition définitive.



Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2002-07-24

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Resident Evil

Année de sortie:
2002

Pays:

Genre:

Durée:
101 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Columbia Tristar

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaires, vidéoclip et bandes-annonces.

Date de parution:
2002-07-30

Si vous avez aimé...