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DVDEF

Monster's Ball

Critique
Synopsis/présentation
Accusé par la communauté afro-américaine de négliger l'embauche des artisans de couleur sur les plateaux de productions d'importances, le milieu hollywoodien s'est toujours défendu de pratiquer toute discrimination en prétendant engager ses techniciens selon leurs compétences. La communauté noire soutenait son accusation en soulignant le fait qu'un infime pourcentage d'artisans oeuvrant dans le cinéma américain à l'heure actuelle était de couleur, mais que paradoxalement le nombre d'étudiants de race noire diplômés en cinématographie ne cesse de croître à chaque années aux États-Unis. On reproche par le fait même à l'industrie hollywoodienne de préférer engager des techniciens étrangers renommés plutôt que de piger dans son propre bassin de plus en plus grandissant de travailleurs. Difficile à dire si cette polémique est réellement fondée, mais force est d'admettre que les données actuelles, bien qu'imprécises, parlent d'elles mêmes. D'ailleurs, sans vouloir diminuer le travail d'aucun comédien qu'est-ce sinon un réel malaise qui a poussé Hollywood à consacrer le plus d'artisans noirs possible lors de le dernière remise des Oscars ? En effet, pour la première fois depuis les débuts de la cérémonie il y a 75 ans des personnalités afro-américaines étaient déclarées vainqueurs dans deux des plus importantes catégories, à savoir meilleur acteur et meilleure actrice. Qui plus est, un Oscar honorifique (pleinement mérité) était décerné à Sidney Poitier soulignant l'ensemble de sa carrière ! Cette consécration prit donc des allures d'acte politique et social, ce qui a eu l'effet pervers de faire douter plusieurs cinéphiles de la justification d'attribuer des prix d'interprétation à Denzel Washington et Halle Berry. S'il est vrai que la performance de Washington était caricaturale et grossière à comparé du jeu complexe de Russell Crowe dans Beautiful Mind, il serait par contre réducteur et malveillant de dénigrer la performance d' Halle Berry dans Monster's Ball, où elle démontre une talent et une intensité qu'on ne lui aurait jamais cru possible dans le passé.
Monster's Ball, c'est l'histoire de deux être déchu, diamétralement opposés, mais qui trouveront réconfort chacun dans les bras de l'autre. Lui est un gardien de prison raciste et méprisant affecté à l'exécution des condamnés à mort. Elle est une mère monoparentale alcoolique dont le marie vient tout juste d'être, ironie du sort, exécuté sur la chaise électrique par Hank lui-même. Tout deux affectés par des événements tragiques, ils seront forcés de ré-évaluer leurs échelle de valeur, voir même le dessein de leur propre existence. Leur rencontre fortuite, suivi de leur relation amoureuse improbable, leur servira de rédemption et de catharsis.
Si la performance de Halle Berry dans le rôle de la veuve alcoolique représente l'un des points forts de ce film, il en va certainement de même pour la performance toute aussi fulgurante de Billy Bob Thornton. En fait, le film repose énormément sur la chimie qui unit les deux personnages, et force est d'admettre que les deux comédiens rendent cette relation criante de vérité. Particulièrement, leur première relation sexuelle, filmée crûment et avec une belle retenue par le réalisateur Marc Forster, est un morceau d'une étonnante intensité dramatique qui chavire. Tout au long du film en fait, le réalisateur filme ses personnages en toute simplicité, sans complaisance, leur laissant toute la latitude nécessaire pour véhiculer leurs émotions de la façon la plus simple qui soit. Forster ne fait usage d'aucun artifice qui viendrait alourdir le contenu de son film, et préfère s'attarder à la performance subtile et intelligente des acteurs. L'histoire des deux êtres qui se retrouvent et se complètent dans l'adversité est bien connue et à déjà été traitée des dizaines de fois par le passé, mais le film de Forster le fait avec une intensité qui frappe droit au cœur.
S'il est une seule chose à reprocher au film, il s'agit certainement du fait qu'il y a peut-être une surenchère d'événements dans la première moitié du récit; comme si les scénaristes auraient trop voulu souligner la détresse des personnages. Il suffit parfois de peu de chose pour évoquer la détresse humaine, un peu plus de retenu aurait été de mise. Nnéanmoins Monster's Ball réussis à émouvoir et donne à réfléchir, chose plutôt rare à Hollywood par les temps qui cours...



Image
Monster's Ball est présenté en format original de 2.35:1 et ce d'après un transfert anamorphosé.
Dans l'ensemble, ce transfert offre une qualité d'image tout a fait satisfaisante. L'image est nette et précise, sans constitué pour autant une référence. Les détails sont rendus avec finesse et minutie, seuls quelques textures en arrière-plan sont bloqués par un léger manque de piqué. Les couleurs ont une apparence naturelle, pleinement saturées et justes. La colorimétrie est constante et sans débordement. Les teintes de peau bénéficient également d'un excellent rendu et ont une apparence naturelle. Brillance et contrastes nous sont tout deux apparus justement balancés, sans fluctuation. Les parties sombres affichent des dégradés ne bloquant que très rarement. Quant aux noirs, ils sont d'une pureté et d'une profondeur quasi-impeccable. Les traces de fourmillement sont infimes. Ce transfert ne souffre d'aucun défaut de compression apparent, et la sur-définition des contours est ici réduite au minimum.
Il n'y a pas de différence entre le transfert de LionsGate et celui de Christal Films, tout deux proviennent de la même source numérique.



Son
L'édition américaine du film, distribuée par LionsGate, n'inclu que deux bandes-son anglaises, l'une mixée en Dolby Digital 5.1 et l'autre en Dolby Surround 2.0. L'édition mise en marché par Christal Films offre en plus un doublage français Dolby Digital 5.1 (la bande-son anglaise Dolby 2.0 Surround a également été supprimé).
Le mixage Dolby Digital 5.1 en est un qui brille par sa subtilité. Les éléments sonores ont été intégrés en fonction des besoins du film, c'est à dire que les éléments spectaculaires ont été laissés de côté pour laisser toute la place à l'ambiance qui caractérise le film. Mentionnons d'amblée un son souple et fort bien détaillée. Le champ sonore se déploi en grande partie des enceintes avant, l'image stéréophonique est articulée. La trame-sonore, minimaliste, est toute en délicatesse, jamais trop appuyé mais d'une bonne fidélité. Les canaux d'ambiophonies sont employés sporadiquement, seulement lorsque nécessaire. Les dialogues, qui constituent l'élément clé de ce mixage, sont toujours naturels et parfaitement intelligibles. Les basses ainsi que le canal .1 (LFE) sont fort bien dosée, pontuant adéquatement les moments forts du film.
Le doublage français (Dolby Digital 5.1) de l'édition Christal Films a sensiblement les mêmes caractérisitiques que le mixage original anglais mis a part quelques sons d'ambiance parfois moins présent. À noter que des sous-titres anglais et espagnols sont aussi offerts.



Suppléments/menus
Avant de s'attarder en détail sur le contenu des suppléments, il serait important de glisser un mot sur la jaquette qui fait mention de deux suppléments absent de cette édition. Tout d'abord, on mentionne la présence de scènes filmées en coulisse (une heure). Ceci n'est pas tout a fait juste, les deux seuls segments vidéo offerts ne totalisent que de 12 minutes. Deuxièmement, on fait mention d'un documentaire intitulé IFC's Anatomy Of A Scene, visiblement celui est disparu dans les limbes...
Notons que tant pour l'édition américaine que celle de Christal Films le contenu des suppléments est identique.
Mais n'ayez crainte, cette édition offre néanmoins quelques suppléments dignes d'intérêt, à commencer par une très bonne piste de commentaires audio animée par le réalisateur Marc Forster et le directeur de la photographie Roberto Schaefer. Le contenu de cette piste est technique. Les deux hommes abordent dans un ton franc et direct tout l'aspect visuel du film, sans jamais se perdre en anecdotes inutiles. Très intéressant. Mais ce n'est pas tout, une deuxième piste de commentaires audio est également incluse. Cette dernière est à nouveau animée par le réalisateur, mais cette fois il est accompagné des acteurs Billy Bob Thornton et Halle Berry. Moins intéressante et moins bien rythmé que la précédente piste, celle-ci devient à tout le moins distrayante une fois que les trois animateurs commencent à se sentir à l'aise, c'est à dire plusieurs minutes après le début de l'enregistrement. À lui seul, l'humour pince-sans-rire de Thornton vaut le détour.
Vous retrouverez ensuite un court segment de quatre minutes regroupant quelques scènes filmées en coulisse. Ce montage ne nous apprend strictement rien sur la production du film et ne fait que nous montrer Billy Bob Thornton faire le cabotin entre deux prises… Amusant, mais un peu inutile. Autrement plus enrichissant est le deuxième segment, celui-là d'une durée de huit minutes et intitulé Scoring the Film. Comme son titre l'indique, ce segment s'attarde de façon concise au processus de composition de la trame-sonore du film. Le segment propose des entrevues avec le réalisateur et les deux compositeurs dans lesquelles ils expliquent leurs vues et méthodes de travail.
Il y a finalement une série de 7 scènes inédites, dont l'intérêt varie de moyen à nul. Ces scènes n'apportent strictement rien au montage final, et le seul intérêt de quelques unes de ces scènes est de voir Billy Bob Thornton improviser pendant quelques minutes. Distrayant, sans plus.
Il est à noter que des sous-titres anglais et espagnols sont disponibles pour ces scènes coupées et les deux segments vidéo.





Conclusion
La consécration de Halle Berry au titre de meilleure actrice pour son rôle dans Monster's Ball représente certainement le plus dont le film avait besoin pour atteindre une plus grande visibilité. Mais il serait dommage de ne s'intéresser au film que pour cette raison, car Monster's Ball a bien d'autres qualités. Voilà une édition DVD techniquement solide qui devrait plaire. Et les suppléments n'ont beau pas offrir ce que la pochette promettait, ils sont suffisamment nombreux et intéressant pour maintenir l'intérêt.


Qualité vidéo:
3,9/5

Qualité audio:
4,1/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,6/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2002-06-20

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Monster's Ball

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
112 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Christal Films

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-18 (double face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
2 pistes de commentaires audio, documentaire, scènes filmées en coulisse, scènes inédites et bande-annonce.

Date de parution:
2002-06-11

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