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DVDEF

Memento

Critique
Synopsis/présentation
Sorti de nulle part au printemps de l'année 2001, Memento prit tout le monde par surprise en ne faisant ni plus ni moins que remettre en question toutes les conventions associées au film noir. Mais encore, le scénariste et réalisateur Chritopher Nolan, un jeune novice, à poussé l'audace jusqu'à redéfinir notre conception de la linéarité d'une intrigue en racontant son histoire à rebours, soit de la fin jusqu'au début. À première vue, on serait en droit de s'attendre à un de ces exercices de styles moderne, vide et gratuit, mais en regardant Memento attentivement, on ne peut que concéder à l'auteur la pertinence et l'ingéniosité narrative de son œuvre, d'ors et déjà qualifiée de film culte.
Leonard Shelby (formidable Guy Pearce) est un homme obsédé. Sa femme ayant été assassinée sous ses yeux, ce dernier ne vit désormais plus que pour retrouver et éliminer le meurtrier. Cependant, son enquête s'avère extrêmement compliquée du fait que, après avoir subi un violent choc à la tête le soir du drame, il souffre d'une forme rare (mais possible) d'amnésie qui fait en sorte que sa mémoire à court terme s'efface complètement au bout de quelques minutes. Les seuls souvenirs qu'il lui reste sont ceux " enregistrés " avant la nuit fatidique. De manière à éviter de perdre le fil de son enquête, Leonard prends des photos des gens et des lieux qu'ils croisent, puis les annotes d'informations brèves mais précises. Les indices vitaux, il se les fait tatouer sur le corps afin de ne jamais en perdre leur trace et peut-être ainsi, trouver le meurtrier de son épouse…
Par un montage qui raconte le film à reculons, c'est donc avec cet affrontement ultime entre Leonard et le meurtrier que le film débute. L'identité du meurtrier est déjà connue, par contre on ignore toujours la suite des événements qui ont menés notre héros à cette exécution sommaire. L'intérêt du film réside donc dans ce mystère, habilement monté, qui nous dévoile au compte goûte les événements antérieurs de l'intrigue. Par ce montage inventif, le réalisateur/scénariste nous propose de nous identifier complètement au héros amnésique puisque, comme ce-dernier, nous ne sommes jamais au courant des événements ceux auxquels nous assistons. L'exercice nous tient donc en haleine du début à la fin alors que la véritable prémisse de l'intrigue, celle qui nous est présentée à la toute fin, agit pourtant comme un climax percutant malgré qu'il s'agisse du début de l'histoire. Confus ? C'est normal. En fait, un des grands plaisir de Memento provient justement du fait que plusieurs écoutes sont nécessaires pour bien comprendre toutes les subtilités du scénario. Qui plus est, le film explore une thématique absolument fascinante en traitant la mémoire comme d'une capacité intellectuelle volatile et… malléable ! Cette thématique se révèle particulièrement troublante alors qu'elle caractérise toute l'ampleur du véritable malheur entourant la vie du héros. On dit du " temps " qu'il arrive à guérir toutes les blessures. Serait-ce donc dire que les blessures de notre héros seront toujours vives ? Comme il le dit lui-même en parlant de sa défunte épouse : j'ai oublié de t'oublier…
Note : Deux versions du film sont disponibles sur le marché. L'édition ici-critiquée est distribuée par Columbia/Tristar et est destinée au marché américain, tandis que Alliance assure la distribution du produit sur le marché canadien. Bien que les deux versions présente un transfert presque similaire, la version américaine ne contient aucune bande-son française, contrairement à la version canadienne. D'autres différences sont aussi à remarquer quant aux suppléments offerts sur chacune de ces éditions.



Image
Memento nous est ici présenté dans son format original (2.35:1) et ce d'après un transfert anamorphique de très bonne qualité. L'image garde une apparence généralement nette et bien détaillée du début à la fin, quelques plans à peine affichent un léger manque de piqué. Les couleurs nous ont parus justes et correctement saturées, on ne dénote aucune dominante ni aucun débordement. À l'instar des couleurs, les teintes de peau conservent une apparence naturelle du début à la fin. Étrangement, on dénote une très légère fluctuation dans la brillance à quelques reprises, quoiqu'il est impossible de savoir si ce défaut provient du transfert lui-même ou encore de la photographie du film. Les noirs sont purs et profonds, on remarque un très légèr fourmillement à peine visible dans quelques plans en noirs et blancs. Les parties sombres sont quant à elles dégradées avec une belle finesse. L'interpositif utilisé pour ce transfert est pratiquement exempt de tout parasite ou anomalie que ce soit, un nombre très limité d'égratignures et points blancs sont visibles à quelques reprises. Seule une certaine sur-définition des contours, visible à quelques reprises, vient entacher la qualité générale de ce transfert autrement fort satisfaisant.



Son
Seule deux bandes-son anglaises sont offertes sur cette édition (Dolby digital 5.1 / 2.0 Surround). Par contre, l'édition canadienne offerte par Alliance offre quant à elle une bande-son française Dolby Digital 5.1 en plus des deux bandes-son anglaises pré-mentionnées. Il est à noter que les mixages offerts sur ces deux éditions sont similaires.
Ces bandes-son offrent un mixage subtil et de qualité, entièrement au service du long métrage. Lorsque les scènes du film l'exigent, la bande-son offre un dynamisme vigoureux et une spatialité ample et bien définie, tandis que d'autres séquences, plus intimistes ou mystérieuses, nous offrent un environnement sonore et un dynamisme beaucoup plus restreint et modeste. Dans un cas comme dans l'autre, le mixage appui à merveille l'ambiance qui est censée se dégager du récit. Du début à la fin, la trame-sonore est fort bien intégrée, subtile et envoûtante. Les dialogues, qui émanent principalement du canal central, sont toujours nets et intelligibles. Les basses ainsi que les fréquences d'extrêmes graves n'ont qu'une présence très modeste, seules quelques scènes mouvementés proposent des basses un tant soit peu plus mordantes.
Cette édition offre également des sous-titres en langue anglaise et espagnole, tandis que l'édition canadienne offre des sous-titres anglais et français.



Suppléments/menus
Sans faire office d'édition spéciale, cette édition de Memento distribuée par Columbia/Tristar offre néanmoins quelques suppléments forts intéressants. Tout d'abord, vous retrouverez une entrevue réalisée par le Independant Film Chanel avec le réalisateur et scénariste Christopher Nolan dont la durée frôle les 24 minutes. De caractère intimiste et résolument minimaliste, cette entrevue met clairement l'accent sur l'invitée et sur ses l'information qu'il a à transmettre en évitant toute complaisance. Les informations dévoilées sont intéressantes et généralement bien articulées. À défaut d'avoir une piste de commentaires audio à se mettre sous la dent, cette interview nous permet d'obtenir de façon abrégée les propos et commentaires de l'auteur sur son œuvre.
Un autre supplément fort intéressant est une courte nouvelle littéraire (une cinquantaine de courtes pages équivalent à douze pages normales) intitulée Memento Mori. Cette courte histoire, écrite par le frère du scénariste et réalisateur, Jonathan Nolan, est en réalité à l'origine même du scénario du film. En effet, Christopher Nolan s'est librement inspiré de cette nouvelle pour scénariser son film (Jonathan Nolan est d'ailleurs crédité au générique du film…). Vraiment intéressante et fort bien écrite, cette nouvelle traite évidemment du même sujet, mais sous un angle différent. À lire absolument.
Vous retrouverez ensuite une étrange galerie de photographies s'attardant aux nombreux tatouages présents sur le corps du héros. L'écran y est séparée en deux parties, l'une montrant le schéma original des tatouages, et l'autre montrant une photographie du produit fini. L'idée est intéressante, mais le résultat est si mal présenté que votre intérêt risque de s'évanouir rapidement…
Le site internet original du film, appelé OTNEMEM, est aussi offert pour une rare fois sur DVD-Vidéo et non pas sur DVD-ROM. Ce site, de fort belle facture, a également été conçu par Jonathan Nolan, auteur de Memento Mori. Ce site à la particularité de ne présenter aucune information concrète concernant le film ou sa production. Le contenu s'attarde plutôt à l'univers du long métrage, à ses personnages et à ses événements. Sous forme d'un article de journal, il nous est possible de cliquer sur certains mots clés, nous révélant ainsi un complément d'information vraiment intéressant qui n'était aucunement abordé dans le film.
Pour compléter, vous retrouverez finalement quelques bandes-annonces ainsi que des courtes biographies, disponibles pour le réalisateur et les principaux comédiens.
À noter que l'édition canadienne de Memento, distribuée par Alliance, n'offre aucun de ces suppléments, pas même la bande-annonce originale. Comme seul supplément, cette édition nous propose l'option de regarder le film en ordre chronologique. Cependant, une clarification s'impose. Plutôt que d'offrir un montage complet du film dans cet ordre chronologique, le DVD nous propose plutôt un menu replaçant dans l'ordre tous les chapitres du film. Ce qui veut donc dire que vous devrez écouter chaque chapitre un par un, et non pas dans un montage continu. Pour écouter le film dans sa totalité, vous devrez donc appuyer 45 fois sur votre télécommande… D'un autre côté, un tel supplément est-il justifié ? Le réalisateur Christopher Nolan a lui-même interdit qu'un tel montage fasse son apparition sur l'édition américaine du film. Pourquoi donc Alliance se sont-ils permis de faire fi de cette interdiction ? Après tout, le film tient toute sa force et son originalité dans son montage exceptionnel présenté à rebours. Un tel remontage constitue donc un travestissement de l'œuvre originale, une aberration qui élimine tout l'aspect astucieux et insolite de l'œuvre. Néanmoins, curiosité oblige, l'écoute de cette présentation chronologique peut s'avérer un exercice fascinant…




Conclusion
Ne serait-ce que pour le film lui-même, l'une ou l'autre des versions américaine et canadienne mérite amplement le coup d'œil. Qui plus est, la qualité de l'image et des bandes-son sont de fort bonne qualité sur chacune des deux versions. Malheureusement, seule la version américaine présente des suppléments d'intérêts, parmi lesquels on ne peut déplorer que l'absence d'une piste de commentaires audio. L'édition canadienne se contente de nous offrir le film dans un montage chronologique. Pour le consommateur désireux de posséder tous les suppléments possibles, deux achats s'impose donc. À quand, une édition définitive qui rassemblerait tout le contenu de ces deux éditions ?


Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
3,7/5

Suppléments:
2,8/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,6/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2001-09-14

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Memento

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
113 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Columbia Tristar

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Entrevue avec le réalisateur, nouvelle littéraire "Memento Mori", bandes-annonces, galerie de tatouages, site internet original.

Date de parution:
2001-09-04

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